‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 52 sur 67 · SAINT JANVIEII ET SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

SAINT JANVIEII ET SES COMPAGNONS

19 septembre.

Saint Janvier naquit à Naples d'une famille noble et chrétienne, vers le milieu du troisième siècle. Dès son enfance il se fit remarquer par sa piété, par sa doctrine et surtout par un désir ardent d'être charitable et utile aux siens. Aussi voulut-il de très bonne heure se consacrer à Dieu. Sa piété et sa science brillèrent d'un tel éclat que le peuple de Bénévent le choisit pour évêque de cette ville. Il n'avait que vingtcinq ans. Sa charité envers les pauvres et les affligés le fit admirer des idolâtres mêmes, qui prenaient plaisir à converser avec lui et à lui découvrir leurs besoins. Son zèle sut si bien profiter de l'estime qu'ils avaient conçue de sa vertu et de la confiance que les païens avaient en lui, qu'il en convertit à la foi un grand nombre.

Janvier était depuis peu dans sa ville épiscopale, lorsqu'une nouvelle persécution éclata contre les chrétiens. Elle lui fournit l'occasion de signaler son courage, non seulement dans son diocèse, mais encore dans les villes voisines. 11 se multipliait pour assister, consoler, fortifier les fidèles, et leur offrir les secours de son ministère pastoral. Ayant appris que son ami Sosie, diacre de Misène, avait été emprisonné à Pouzzoles avec quatre autres chrétiens, le saint évêque vola vers ses amis pour les encourager dans la foi. Il n'arriva que pour partager leur sort. Timothée, gouverneur de la province, informé que Janvier était venu de Bénévent pour visiter les

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prisonniers chrétiens, fit arrêter le pieux évêque avec son diacre et son lecteur, et se les fit amènera Noie, lieu de sa résidence. A leur arrivée il les cita à son tribunal. Là, il pressa le saint évêque de cesser ses exhortations, défendues par les édits des empereurs, et lui commanda d'offrir de l'encens aux idoles, s'il voulait éviter les supplices. Janvier fut inébranlable dans sa foi. Ni les prières, ni les menaces ne purent le faire fléchir. Il fut condamné à être exposé aux bêtes de Famphithéâtre de Pouzzoles, et le lendemain la sentence fut exécutée. En ce moment, le généreux prélat s'adressant à ses compagnons : (c Courage, mes frères, leur dit-il, voici le jour de notre triomphe. Combattons hardiment pour la foi de Jésus-Christ, et donnons notre sang pour celui qui nous a donné la vie. » Le Saint n'avait pas cessé de parler qu'on lâcha les bêtes de l'amphithéâtre. Les lions, les tigres et les léopards qu'on avait laissés jeûner plusieurs jours s'élancent avec fureur sur les victimes. Mais arrivés près d'eux, ils perdent leur férocité et, doux comme des agneaux, ils se couchent à leurs pieds. Cette merveille frappe la multitude, qui était accourue au spectacle. Un bruit sourd se répand dans toute l'assemblée : « Le Dieu des chrétiens est le Dieu véritable ; un miracle si visible et si éclatant ne saurait être l'effet de la magie. Que les prêtres des idoles essayent donc d'en faire autant ! » Le gouverneur craignant l'effet de ce miracle sur le peuple fit sur-le-champ conduire les chrétiens sur la place publique pour qu'on leur tranchât la tête. Chemin faisant, Janvier pria Dieu d'ôter la vue au président, afin qu'il rentrât en lui-même et que les

lâches chrétiens qui, à la vue des tourments avaient renié leur foi fissent pénitence de leur infidélité. Le saint évêque n'avait pas achevé son oraison que Timothée devint aveugle. Ce châtiment le fît un peu rentrer en lui-même; il reconnut le pouvoir des serviteurs de Jésus-Christ. Il arrêta leur exécution et, s'étant fait amener le saint martyr, il lui dit : (( Janvier, qui adorez le Dieu tout-puissant, priez-le pour moi, et faites en sorte qu'il me rende la vue dont il m'a privé. » Saint Janvier le guérit et convertit cinq mille honimes par ce miracle. Le tyran, après avoir recouvré la vue, condamna son bienfaiteur et ses compagnons à être décapités, l'an 305. Saint Janvier est le patron de la ville de Naples, qui lui a été plusieurs fois redevable de son salut, surtout dans les éruptions du Vésuve.

Ce qui rend fort célèbre le culte de saint Janvier, est un miracle qui se renouvelle tous les ans. Voici de quelle manière ce prodige est raconté : Le 19 septembre on tire du trésor de la cathédrale de Naples la tête du saint martyr, et son sang renfermé dans deux fioles ; on place la tête sur l'autel, du côté de l'Évangile, et les fioles contenant le sang congelé et de couleur noirâtre, du côté de l'Épître. A cet instant, ou tout au plus après quelques minutes, le sang se liquéfie et entre en ébullition. Quand on a retiré le sang et qu'il n'est plus en présence delà tête, il redevient solide comme auparavant.

Réflexions pratiques.

Dieu voulant glorifier la haute piété, les grandes vertus et les prodiges de la carrière épiscopale de

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saint Janvier, l'a favorisé du don des miracles pendant sa vie et après sa mort. La lecture que nous venons de faire nous le prouve. Mais pourquoi tant de prodiges n'ont-ils pas ouvert les yeux au tyran qui en fut le témoin et qui en ressentit les heureux effets ? Ah ! c'est que les miracles qui sont de puissants moyens de conversion impressionnent, touchent, éclairent les personnes de bonne volonté, mais ils endurcissent et aveuglent les âmes corrompues et les esprits orgueilleux habitués à résister à la grâce. Et le nombre de ces esprits et de ces cœurs, il faut l'avouer, est toujours très considérable. De nos jours, les prodiges opérés par les saints et les merveilles qui ont illustré leur vie convertissent-ils de nombreux pécheurs? Quels effets produisent-ils sur nos cœurs? Heureuses les âmes qui en profitent! Malheur à celles qui en abusent !

Plan de méditation.

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