III
avec lui, faisant espérer que lui et sa famille recevraient le baptême. Honnête Tassura qu'il le ferait venir, et, de fait, sept jours après, saint Saturnin arriva à Pampelune. Le vertueux prélat n'eut pas plus tôt prêché publiquement Jésus-Christ que quarante mille personnes se convertirent à la foi : entre autres Firme, Faust et Fortunat, tous trois sénateurs.
On bâtit à Pampelune une église qu'il fallut bientôt agrandir et peu de temps après la cité tout entière fut chrétienne. Saint Saturnin, retournant à Toulouse, laissa saint Honnête, son disciple, pour avoir soin du nouveau troupeau dont Firme et sa famille étaient l'ornement par leur piété et leur zèle.
Dieu voulant récompenser la fidélité de Firme, lui donna un fils qui reçut le nom de Firmin. Cet enfant, rempli de toutes les grâces du Ciel, faisait la joie et le bonheur de ses parents. Il grandissait sous leurs yeux à Tabri des influences pernicieuses du monde, car son père et sa mère veillaient sur lui avec la plus grande sollicitude, et gravaient profondément dans son cœur, par les paroles et les exemples, les principes du Christianisme. Parvenu à l'âge de dix ans, il fut confié au prêtre Honnête, celui qui avait converti ses parents et qui lui avait conféré le saint baptême. Firmin avait beaucoup d'esprit et un naturel très heureux; il fit sous un tel maître de merveilleux progrès dans la science et dans la vertu. Aussi ses parents conçurent les plus grandes espérances pour leur fils ; ils rêvaient une des premières places dans la magistrature, et songeaient déjà à le lancer dans la haute société, pour le mettre en rapport avec les hommes éminents de la ville.
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Mais Dieu avait des vues bien différentes. 11 le destinait à devenir un apôtre zélé pour porter dans son pays et au loin, dans les Gaules, le flambeau de la foi. C'est pourquoi il parla intérieurement au cœur du jeune Firmin. Il lui montra le néant des choses du monde, la vanité des honneurs et l'amertume des plaisirs terrestres. Il lui inspira un grand désir du Ciel, une soif ardente pour la conversion des pécheurs et le dessein de travailler à la conquête des âmes. Saint Firmin avait dix-huit ans quand il reçut cette mission du Ciel. Il annonça avec fermeté et en même temps avec respect sa résolution à ses parents; il s'arracha aux larmes de sa mère et à l'affection de son père et partit pour Toulouse, afin de s'initier, sous la conduite de l'évêque de cette ville, au ministère de la prédication et préluder aux combats qu'il aurait un jour à soutenir. Le pontife de Toulouse fut si édifié de la vertu et du mérite extraordinaires de l'élève de saint Honnête, qu'il résolut de l'élever aux ordres sacrés, puis à la prêtrise et peu après à l'évêché de Pampelune.
Il serait difficile d'exprimer le bon accueil que lui fit le peuple à son arrivée dans sa ville épiscopale. Il se mit à prêcher l'Évangile avec toute l'autorité que lui donnait son caractère; il parcourut toutes les villes de la Navarre, ensevelies dans les ténèbres de l'idolâtrie. Grands et petits accouraient pour l'écouter et se retiraient frappés de ce qu'ils avaient vu et entendu. Après y avoir implanté la religion chrétienne, se souvenant de ces paroles de Notre- Seigneur : « Allez, instruisez toutes les nations, )) il entreprit d'aller porter les lumières de la foi dans les
Gaules et de convertir la nation franque au christianisme. De grandes dil'licultés s'opposaient à son entreprise ; il fallait plier sous le joug de l'obéissance, aux lois de Jésus-Christ, ce peuple qui avait occupé toutes les forces de Rome et tenu en suspens les armées de César. Il n'hésita pas un instant. Il s'élança à travers les Gaules. Partout les peuples se convertissaient, les prêtres des idoles étaient confondus, les temples de faux dieux étaient renversés, et sur leurs ruines s'élevaient d'autres temples au vrai Dieu. Il arriva enfin à Amiens. A peine se fut-il montré aux portes de la ville qu'il fut accueilli avec enthousiasme par le président Faustinus. Sur ce nouveau théâtre, saint Firmin opéra des prodiges en tout genre. En peu de temps il baptisa plus de trois mille personnes. Tant de conversions jetèrent l'épouvante chez les païens et causèrent un triste réveil de la persécution. Les prêtres des idoles, les ministres des faux dieux, les magistrats, les savants et les riches sont tous animés de la même haine contre les chrétiens. De tous côtés des trahisons, des dénonciations contre les fidèles, et en peu de jours les prisons regorgent de victimes. Saint Firmin est arrêté et conduit devant le tribunal des gouverneurs Sébastien et Longin. Le saint prélat répond avec une hardiesse et un courage qui les jettent dans la stupéfaction. Pour l'intimider ils étalent à ses yeux les instruments de suppUce : les chevalets, les ongles de fer, les grils ardents, les chaudières d'huile bouillante. S'il ne renonce à ses folies il périra dans les tourments. « Sachez bien, répond le héros de la foi, que tous vos supplices ne m'épouvantent pas; plus
ils sont grands et plus aussi ma couronne sera glorieuse. » Les gouverneurs lui avaient tout d'abord donné la liberté, mais comme il continuait de prêcher et de convertir, plusieurs seigneurs païens sollicitèrent sa mort, il fut donc remis en prison et décapité.
C'était pendant la nuit ; un silence lugubre planait sur la ville. Le Saint reposait dans sa prison. Tout à coup la porte s'ouvre, l'heure suprême du sacrifice a sonné! L'exécuteur se présente. A cette vue notre Apôtre sent un rayon de joie et de bonheur inonder son âme. Il s'écrie, dans les transports de son amour : « 0 mon Dieu ! je vous rends grâces de ce que vous voulez bien m'associer au sort de vos fidèles serviteurs. Daignez, Seigneur, Dieu de clémence, conserver ceux que vous avez convertis par mon ministère. »... Il parlait encore quand soudain la hache du bourreau fait rouler sur le sol sa tête ensanglantée, et son âme, dégagée des liens de son corps, s'envole dans le sein de Dieu pour recevoir la couronne du martyre. C'était le 25 septembre 287.
Réflexions pratiques.
W Nous avons admiré le détachement de saint Firmin pour les biens de ce monde. Nous avons vu son ardeur et son zèle pour la propagation de l'Évangile et la conversion des idolâtres. Nous avons enfin été témoins de son martyre. C'est à nous maintenant de marcher sur ses traces. Comme lui, soyons des apôtres zélés pour la gloire de Dieu, soyons des défenseurs de la religion. Ne nous laissons point vaincre en générosité par les ennemis de Dieu et de l'Église.
Ils ont aussi leurs apôtres. Ceux-ci mettent au jour les productions les plus infâmes, les doctrines les plus perverses, les romans les plus impies. Sachons les combattre. Faisons briller au grand jour notre foi dans nos discours et nos actions. Travaillons à rendre à l'Église sa première splendeur. Nous aurons les mérites qui firent les saints et les martyrs.
Plan de méditation.
La vie de saint Firmin résume les caractères de l'apostolat :
L Le renoncement à tout. IL La prédication de l'Évangile.
III, Le martyre.
SAINT CYPRIEN ET SAINTE JUSTINE, Martyrs
26 septembre.
Saint Cyprien, surnommé le Magicien, était d'Antioche de Phénicie, d'une famille distinguée par sa noblesse, par sa fortune, mais surtout par son attachement aux superstitions païennes. Ses parents le consacrèrent, dès l'âge de sept ans, aux dieux du paganisme et rélevèrent dans Tastrologie et la magie. Comme il avait un esprit supérieur et un ardent désir de ne rien ignorer de ce que l'on apprenait dans l'école des astrologues et des devins, il parcourut un grand nombre de villes et fit tant de progrès, qu'il passa bientôt pour le plus habile magicien de son temps. On a horreur de lire seulement les crimes
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affreux où cet art le précipita. Il n'est point d'infamies, point d'abominations, oîi il ne se plongeât, et, dont il ne se fit honneur. Plusieurs fois il égorgea des hommes, des femmes et surtout des enfants pour offrir leur sang au démon, et surprendre, dans leurs entrailles palpitantes, les secrets de l'avenir. Il employait la science funeste qu'il avait acquise à séduire les vierges ; mais il ne put venir à bout de ravir l'honneur des femmes chrétiennes. Cette merveille le mit de mauvaise humeur contre elles, aussi mit-il tout en œuvre pour les décrier, pour les persécuter. Tel fut Cyprien jusqu'à l'âge de trente ans, lorsqu'il plut au Père des miséricordes de faire de ce vase d'ignominie, un vase d'honneur, en faisant éclater sur lui la force de sa grâcje, et la grandeur de sa bonté.
Il y avait alors à Antioche une jeune vierge nommée Justine, distinguée par sa naissance et par une rare beauté, qui attirait tous les yeux sur elle. Ses parents l'avaient élevée dans l'idolâtrie, mais ayant entendu souvent, des fenêtres de la maison paternelle, retentir dans l'église voisine les chants religieux des chrétiens et la prédication des vérités évangéliques, elle finit par connaître la doctrine des chrétiens et par s'y attacher. « Écoutez-moi, dit-elle un jour à sa mère; ce que nous adorons n'est rien que marbre, or ou argent, vaines idoles qu'un Galiléen renverserait d*un souffle, sans même avoir besoin de les toucher du doigt. — Tais-toi, répondit sa mère; car si ton père t'entendait... — Eh bien! je vous le dis, ainsi qu'à lui, je veux adorer Jésus-Christ, dont j'ai plus d'une fois ouï vanter les merveilles. » Et elle se
rendit à Téglise. Le père fut instruit par son épouse. La nuit suivante, il crut voir en songe Jésus-Christ escorté par une troupe d'anges et lui disant : « Viens à moi et je te donnerai le royaume du Ciel. » Cette vision le frappa vivement; il se fit conduire à un diacre et demanda d'être présenté à l'évêque pour recevoir le sacrement de baptême. L'évêque se fit rendre compte de tout ce qui s'était passé. Quelque temps après, Justine et ses parents professaient publiquement la foi de Jésus-Christ.
Justine était sincèrement attachée à Dieu, et toute sa conduite annonçait une grande vertu. Malgré les soins qu'elle prenait à se dérober à l'attention des hommes, elle fut remarquée, à cause de son extraordinaire beauté, par un jeune avocat nommé Aglaïde, grand adorateur des idoles. Il la fit demander en mariage par diverses personnes, sans pouvoir y réussir. Il eut recours à Cyprien, le pria de faire usage, pour lui, de tous les secrets de son art. Cyprien voyant la jeune chrétienne fut lui-même épris de sa beauté et mit en œuvre toute la science de la magie et la force des enchantements dans le dessein de réussir. Mais Justine, s'armant du signe de la croix et invoquant avec confiance le nom de Marie, déjoua toutes les manœuvres de l'enfer. Cyprien demanda la cause de son impuissance au démon. Celui-ci lui avoua qu'il n'avait point de pouvoir sur les chrétiens. Le magicien, vivement impressionné par cet oracle, commença à rentrer en luimême : (( Pourquoi servirai-je encore ces dieux impuissants ? A quoi m'ont servi jusqu'à présent tous les sortilèges et tous les charmes ? A quoi me servi-
ront-ils dans la suite ? Quoi ! une jeune fille armée du seul signe de la croix met en fuite les démons ! Que ne peut donc pas le Dieu des chrétiens luimême? Ah ! désormais le Dieu de Justine sera mon Dieu. )) Le démon, furieux de la perte d'un auxiliaire si zélé, n'oublia rien pour le détourner de son dessein. Cyprien résista courageusement. Mais la vue de ses crimes le jeta dans un état voisin du désespoir. Alors Dieu lui inspira de s'adresser à un saint prêtre, nommé Eusèbe. «Ayez pitié de mon malheur, lui disait-il. Puis-je apaiser le Christ ? Accueillerat-il mon repentir, et serai-je délivré du poids de mes crimes? — Prends confiance, reprit Eusèbe, le Christ qui est mort pour les pécheurs ne te repoussera point. Tu as péché par ignorance. » Le pénitent se sentit consolé et ranimé par ces douces paroles. Mais comme il avait trompé et perverti un grand nombre de personnes par ses prestiges et ses maléfices, il fit une confession publique de toutes ses fautes en présence de toute la ville. Le dimanche suivant on le conduisit à l'église au grand étonnement de tous les chrétiens et en particulier del'évêque qui ne pouvait croire à la sincérité de sa conversion. Mais dès le lendemain Cyprien donna des marques non équivoques de son repentir, en livrant publiquement aux flammes tous les livres qu'il avait sur la magie, en distribuant ses biens aux pauvres et à l'Église et en se mettant au nombre des catéchumènes. Lorsqu'il eut été instruit et suffisamment disposé, l'évêque lui-même le baptisa. Aglaïde qui voulait épouser Justine, vivement touché de la conversion de Cyprien, embrassa la foi chrétienne, et
reçut aussi le baptême. Quant à Justine, elle fut si touchée de ces deux exemples de la miséricorde divine qu'elle se coupa les cheveux en signe du sacrifice qu'elle faisait à Dieu de sa position et distribua aux pauvres tout ce qu'elle possédait.
Cyprien régénéré par les eaux du baptême fit de grands progrès dans la vertu et devint un chrétien humble, modeste, grave, désintéressé et très fervent; quelque temps après il fut ordonné prêtre, et Tévêque d'Antioche, Anthime, étant mort, il fut choisi pour lui succéder. Comme il était naturellement éloquent et persuasif, il employa son talent à convertir les idolâtres. Il eut beaucoup de succès et augmenta considérablement le troupeau de Jésus-Christ.
Cependant la conversion étonnante de Cyprien, et la haute sainteté de Justine, faisaient trop de bruit pour qu'on les laissât longtemps en repos. Ils furent dénoncés durant la persécution de Dioclétien et comparurent devant le gouverneur de Phénicie. Cyprien fut suspendu au chevalet et déchiré avec des crochets et des ongles de fer; deux bourreaux, armés de nerfs de bœuf, frappèrent violemment Justine. Les martyrs jetés ensuite en prison en furent tirés pour être plongés dans une cuve d'airain où bouillaient sous une flamme ardente de la poix, de la graisse et de la cire. Après ces rudes épreuves, on les conduisit l'un et l'autre, chargés de chaînes^ à Nicomédie oh. était Dioclétien ; celui-ci les condamna à être décapités. La sentence fut exécutée sur les bords du fleuve Gallus, qui passe auprès de Nicomédie, vers l'an 304.
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Réflexions pratiques.
La vie de saint Cyprîen et de sainte Justine est un exemple bien frappant de la puissance de la grâce et de la miséricorde divine. Cyprien adonné à la magie dès Tenfance avait été voué au démon par ses parents idolâtres. Entièrement soumis à la puissance de Satan, cet infortuné jeune homme n'est pour ainsi dire plus maître de lui-même, il n'agit que par inspiration du démon et pour lui. Qui pourrait nombrer les victimes qu'il a entraînées dans l'abîme ! Sainte Justine, pour avoir rompu avec Lucifer afm de suivre Jésus-Christ, voit se dresser contre elle toutes les batteries de Tenfer et des légions d'esprits impurs qui lui font subir les épreuves les plus terribles. Cependant elle triomphe de toutes leurs attaques, et Cyprien lui-même, qui avait voulu la séduire, devient un chrétien, un apôtre, un saint, un martyr. Qui donc a communiqué à cette jeune fille cette force surhumaine? Qui a ouvert les yeux de Cyprien et arraché de la bouche de ce célèbre magicien cet aveu : « Le Dieu de Justine sera le mien » ? Qui a donné à ces deux martyrs le courage de vaincre la fureur des tyrans et de braver les horreurs de la mort la plus cruelle ? La puissance de la grâce. Si nous-mêmes nous sommes faibles et si nous devenons bien souvent les jouets du démon, du monde et des passions, n'est-ce pas, parce que nous n'avons pas fait usage des dons célestes que Dieu avait mis à notre disposition?
0 grâce de mon Dieu ! que vous êtes forte et merveilleuse. Si vous régnez toujours en nous, par vous
et avec vous, nous triompherons à jamais des ennemis de notre salut.
Plan de méditation.
Des démons : I. Leur puissance, leur malice, leurs
ruses.
IL Moyens qu'ils emploient pour nous séduire. IIL Avec quelle facilité nous pouvons les vaincre.
SAINT COSME ET SAINT DAMIEN, Martyrs
Saint Cosme et saint Damien étaient frères jumeaux. Us naquirent vers la fin du troisième siècle, dans l'Arabie, d'un père que l'histoire ne nomme point, et d'une mère fort vertueuse, dont ils suivirent les pieux exemples et les bonnes instructions. Cette femme admirable, devenue veuve, voyant le naturel heureux, l'esprit vif et brillant de Cosme et de Damien , n'épargna rien pour cultiver ces jeunes âmes et les former à la science et à la vertu. Elle les envoya en Syrie pour y faire leur cours d'études. Là ils brillèrent par le talent et la piété. Tous ceux qui les voyaient de près admiraient et aimaient leur probité, leur désintéressement et leur innocence. Le zèle pour la foi, toujours ingénieux, leur inspira le dessein d'étudier la médecine. Comme ils vivaient dans un pays où cette science était fort négligée, ils crurent qu'en se rendant habiles dans cet art, ils auraient le moyen de s'insinuer dans l'esprit des païens, de les
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instruire insensiblement des avantages de notre religion, de détruire leurs faux préjugés. Ils espéraient en guérissant le corps, travailler encore plus à guérir les maladies de Tâme.
Dieu bénit leur dessein; Cosme et Damien se rendirent si habiles dans la connaissance de la médecine que leur réputation les rendit célèbres dans tout le pays. Nul malade qui n'eût recours à eux et qui ne fût guéri. Au moyen d'une courte et fervente prière et du signe de^la croix les douleurs cessaient, les fièvres disparaissaient, les malades recouvraient subitement la santé, les possédés étaient délivrés et les paralytiques guéris. Les cures admirables qu'ils faisaient les attiraient auprès de tous les malades, même parmi les païens. Nos Saints, sachant habilement se servir de la confiance que leur témoignaient les infidèles, en profitèrent pour les retirer de l'erreur, et faire chaque jour de nombreux prosélytes à la religion. Mais la haute réputation qu'ils acquirent dans le pays fut la cause de leur martyre. Les empereurs, Dioclétien et Maximien, ayant résolu d'exterminer les chrétiens, avaient envoyé le préfet Lysias à Egée pour contraindre les chrétiens à sacrifier aux dieux de l'Empire, ou les faire périr dans les tourments en cas de refus. Lysias étant assis sur son tribunal, quelques païens lui dirent : « Il y a ici deux chrétiens fort habiles dans Tart médical. Ils font des cures étonnantes par leurs sortilèges. Ce sont les plus mortels ennemis de nos dieux. S'ils continuent, nos temples seront vides et tout le pays se fera chrétien. » Le préfet, à cette nouvelle, les fait arrêter et saisir. « Vous êtes donc ces
séducteurs qui parcourez les villes et les bourgs pour persuader aux habitants de ne point sacrifier aux dieux, leur dit-il? De quel pays êtes-vous? Quelle est votre profession et quelle est votre famille? — Seigneur, répondirent les deux saints, d'un ton ferme et respectueux, nous sommes frères, natifs d'Arabie, et nous avons le bonheur d'être chrétiens. Nous sommes gentilshommes et médecins de profession. Jamais nous n'avons séduit personne. Nous n'allons dans aucune ville sans y être appelés ; ce n'est point par intérêt que nous exerçons Fart de la médecine dont nous faisons profession; nous ne recevons rien de personne, mais en donnant des soins aux corps des malades nous tâchons en même temps de guérir l'aveuglement et les maladies de leurs âmes, en leur faisant connaître qu'il n'y a qu'un seul Dieu, celui que nous adorons, et que les dieux de l'Empire ne sont que d'infâmes démons qui séduisent les peuples. — Il faut, reprit le préfet étonné d'une si sage réponse, il faut sacrifier aux dieux et renoncer aux incompréhensibles chimères de votre religion, sinon vous mourrez dans les plus grands tourments. — Vos supplices ne nous effrayent point, nous sommes prêts à mourir pour notre religion, n'attendez pas de nous une autre réponse. » Lysias, aussitôt, les fit mettre tous deux à la torture. Ce cruel supplice ne les effraya point. — a Si vous avez d'autres tourments à nous faire souffrir, nous sommes prêts à les endurer. La grâce de Jésus-Christ nous les fera supporter non seulement avec patience, mais même avec joie. » A l'instant même les soldats les enchaînèrent et les précipitèrent mains et poings liés dans
la mer. Mais l'ange du Seigneur, s'approchant d'eux, rompit leurs liens et les tira des ondes sains et saufs. Le juge, frappé d'une nouvelle si surprenante, sembla se radoucir, et leur dit, d'un ton amical : « Vos maléfices surpassent tous ceux des magiciens : enseignez-moi donc aussi cet art. » Le Bienheureux Cosme lui répondit : « Nous ne sommes point magiciens, mais chrétiens ; c'est au nom de notre Dieu que nous détruisons la puissance de vos divinités. » Le préfet les trouvant inflexibles les envoya en prison. Le lendemain il les tira de leur cachot et les fit de nouveau comparaître à son tribunal. Lorsqu'ils furent en sa présence, il leur dit : « Êtes-vous décidés à sacrifier ou persistez-vous dans votre folie? — Nous sommes chrétiens, et nous ne renions point notre Dieu. » Le préfet irrité de leur constance fit préparer un bûcher ardent et les y précipita. Comme les flammes les épargnaient, Lysias, après divers actes de cruauté, ordonna qu'ils fussent décapités à coups de hache. Saint Cosme et saint Damien, s'étant mis en prières, supplièrent le Seigneur de vouloir bien agréer leur sacrifice et de ne plus empêcher, par un nouveau miracle, l'exécution de l'arrêt. Ils furent exaucés ; car, dès le premier coup, ils eurent la tête tranchée. Ce fut le 27 septembre de l'an 285 qu'ils obtinrent la couronne du martyre.
Réflexions pratiques.
Saint Cosme et saint Damien s'estimaient heureux de trouver, dans leur profession, la facilité de procurer à leurs frères souffrants des consolations et des secours; et surtout de pouvoir, en s'occupant
à guérir les maladies du corps, travailler encore plus utilement à guérir les maladies de l'âme. Le mobile de leurs œuvres de bienfaisance n'était point Tespoir d'obtenir des honneurs ou des richesses en échange, mais la seule pensée de faire du bien et de conduire des âmes au Ciel. Soyons, comme ces généreux martyrs, charitables et bienfaisants, même à Tégard de nos ennemis et de nos persécuteurs ; prions pour eux. Nous pourrons alors nous regarder comme de véritables disciples de Jésus-Christ. Par là nous aurons quelques traits de ressemblance avec les saints ; nous serons les dignes enfants du Père céleste qui aime à répandre ses bienfaits sur les justes et sur les pécheurs. Et la gloire du Ciel sera la rémunération de notre charité comme elle a été celle des bienheureux.
Plan de méditation.
Saint Cosme et saint Damien ont eu quatre traits de ressemblance avec Jésus-Christ : 1° ils guérissaient les malades d'un seul mot ; 2° ils guérissaient Tâme et le corps tout ensemble ; 3" ils guérissaient sans intérêt; 4'' ils guérissaient jusque dans la mort en priant pour leurs bourreaux.
SAINT VINCESLAS, Duc et Martyr 28 septembre.
Saint Vinceslas, duc de Bohême, eut pour père Vratislas, prince sage, vaillant, plein de probité, et
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fort chrétien ; et pour mère Drahomire qui se donnait pour païenne, et qui à un orgueil insupportable joignait un grand fonds de cruauté et de perfidie. Elle eut, outre Vinceslas, un autre fils nommé Boleslas, Ludmille, grand'mère des deux enfants, voyant le danger qu'il y avait de laisser l'éducation des jeunes princes à une mère païenne et dépravée, demanda instamment d'en élever un des deux dans les pratiques des vertus chrétiennes. Elle nomma Vinceslas héritier présomptif delà couronne, qui lui fut envoyé à Prague. Ce jeune prince doué d'excellentes qualités répondit parfaitement aux soins de son aïeule, et montra, dès son enfance,, un amour extraordinaire pour la vertu. Confié à la sollicitude de maîtres, aussi, savants que pieux, il se rendit habile dans toutes les sciences et dans tous les exercices qui convenaient à son illustre naissance ; mais il se perfectionna surtout dans les connaissances qui font le véritable chrétien. Il était doux, mortifié, attentif à veiller sur lui-même, aussi gardat-il, durant toute sa vie, une virginité parfaite. Cependant son père mourut, le laissant encore fort jeune avecBoleslas, son cadet, qui était toujours demeuré auprès de Drahomire. Cette femme se fit déclarer régente, et s'empara du gouvernement sous ce titre. Ne voyant plus rien qui mît obstacle à sa fureur, elle la fit éclater contre les chrétiens. Elle ordonna d'abattre toutes les églises, et défendit l'exercice public d'une religion dont elle avait juré la perte^ Elle défendit aussi de l'enseigner aux enfants. Les magistrats qui professaient le christianisme furent disgraciés, et l'on donna leurs places aux païens.
Enfin la régente ne choisit pour les différents emplois, que des hommes qui lui étaient dévoués. Un grand nombre de fidèles furent massacrés en haine de leur religion.
Ludmille, pénétrée d'une vive douleur à la vue de tant de maux, presse vivement Vinceslas de prendre en main les rênes du gouvernement, avec promesse de l'assister de ses conseils : le jeune prince obéit. Tous les États le proclamèrent duc à la grande satisfaction de la Bohême. Toutefois, pour prévenir tout sujet de division entre lui et son frère, on partagea le pays. Boleslas eut un territoire considérable, qui a été appelé Boleslavie de son nom, et qui est un des principaux cercles de la Bohême.
Profondément irrité de cet arrangement, Drahomire prit le parti de son fils Boleslas qu'elle avait élevé dans l'idolâtrie, et auquel elle avait inspiré sa haine pour le christianisme, avec son ambition et sa cruauté. Quant à Vinceslas il n'avait qu'un seul désir, celui de rendre ses sujets heureux. Il s'appliqua aies gouverner plutôt par la bonté que par la force, secourant les orphelins, les veuves, les indigents, avec une charité admirable. Ainsi quelquefois, la nuit, il portait sur ses propres épaules du bois aux malheureux ; souvent il assistait à Tenterrement des pauvres ; il délivrait les captifs, et prenait sur son sommeil le temps pour visiter les prisonniers qu'il consolait de ses aumônes et de ses conseils. Souverain débonnaire il gémissait amèrement lorsqu'un malheureux, quelle que fût sa faute, était condamné à mort. Plein d'un religieux respect pour les prêtres, il semait de ses mains le froment et faisait lui-même
POUR CHAQUE JOUR DE l' ANNÉE 487
le vin dont ils devaient se servir pour le sacrifice de la messe. La nuit, il allait nu-pieds, à travers la glace et la neige, visiter les églises de sa capitale. Il n'était accompagné, dans ses pieuses excursions, que d'un officier de confiance, dont la discrétion lui était connue et qui avait lui-même beaucoup de vertu. Dans un de ces pèlerinages nocturnes, le temps étant extrêmement rude et la terre couverte de neige glacée, cet officier, quoique bien chaussé, se sentit les pieds tellement engourdis par le froid, qu'il ne pouvait plus avancer. Il en avertit le saint roi, et lui représenta humblement l'impuissance oîi il se trouvait de l'accompagner plus loin. Le prince, que sa ferveur rendait insensible à la rigueur de la saison, lui dit : « Suivez-moi pas à pas, et mettez les pieds dans les traces que je laisse sur la neige. )> L'officier obéit et, chose admirable, aussitôt une douce chaleur se répandit dans ses pieds et dans tout son corps, en sorte qu'il continua, sans peine, d'accompagner son maître partout où sa dévo^ tion le conduisit.
Drahomire, furieuse de voir toute la Bohême chrétienne, résolut d'abord d'ôter la vie à Ludmillej, par les conseils de laquelle Vinceslas se conduisait. Elle posta deux asssasins qui regorgèrent au pied même des autels. Puis elle souleva contre le duc une faction puissante. Elle avait déterminé Radislas, roi de Guirime, contrée voisine de la Bohême, à se mettre à la tête des rebelles. Celui-ci vint fondre avec une armée puissante sur les États du Saint, Quand les deux armées furent en présence, Vinceslas proposa au prince de Guirime, pour empêcher l'effu-
sion du sang d'une multitude d'innocents, de décider l'affaire par un combat singulier. Radislas accepta le défi, dans la persuasion d'une facile victoire : (( Allez prendre vos armes, lui dit-il, d'un ton méprisant, l'affaire sera bientôt terminée. » Ils parurent tous deux sur le champ de bataille à l'heure marquée, Radislas était armé de toutes pièces , comme un autre Goliath, portant une cuirasse et une forte longue épée. Vinceslas, au contraire, n'avait qu'une cuirasse fort légère, et une épée fort courte, parce que toute sa confiance était en la toute-puissance de Dieu. Dès que le signal du combat fut donné, notre Saint se munit du signe de la croix, et s'avança courageusement pour se mesurer avec son ennemi. Au moment oti Radislas allait le percer de son dard, il aperçut deux anges qui le défendaient, et entendit une voix qui lui dit : « Ne le ^frappe pas. » L'ennemi épouvanté tomba aux pieds de Vinceslas, et implora son pardon.
Étant obligé de se trouver à la Diète que l'empereur Othon P"* avait convoquée à Worms, Vinceslas arriva tard à l'assemblée, parce qu'il avait voulu entendre deux messes. On assure que l'empereur et tous les princes de la Diète, choqués de son retard, résolurent de le lui faire sentir, en ne se levant pas quand il entrerait dans la salle. Mais quand il parut, Othon changea bien vite de sentiment; car l'ayant aperçu au milieu de deux anges qui l'escortaient et le couvraient d'une croix d'or, il se leva de son trône impérial, alla au-devant de lui pour le recevoir et le fit même asseoir à ses côtés. Cette faveur du Ciel lui concilia tellement les bonnes grâces de
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ce prince, qu'en sa considération, il érigea le duché de Bohême en royaume, Texempta de tous les subsides qu'il était obligé de payer à l'empire, puis, lui fit don d'une riche relique de saint Vit. L'impie Boleslas, à la persuasion de sa mère, trama la mort du serviteur de Dieu. Il couvrit du masque de l'amitié le noir projet qu'il avait conçu contre lui. Invité par son frère à venir prendre part aux réjouissances qui allaient avoir lieu à l'occasion du fils de Boleslas, Vinceslas s'y rendit sans la moindre défiance, et fut accueilli avec de grandes démonstrations extérieures d'affection. La fête fut magnifique. La nuit suivante, Vinceslas se rendit à l'église pour prier selon sa coutume. Boleslas l'y suivi à l'instigation de sa mère, et le tua de sa main, le 27 septembre 938. Le sang rejaillit sur les murailles, oîi l'on en voit encore les traces aujourd'hui. La vengeance de Dieu éclata sur cette mère inhumaine, qui fut engloutie dans le sein de la terre, et sur les meurtriers qui périrent tous misérablement.
Réflexions pratiques.
On voit, dans la conduite de saint Vinceslas et de son indigne frère, les conséquences d'une bonne ou d'une mauvaise éducation. Le premier, élevé dans la foi et dans la crainte de Dieu, a rendu son peuple prospère et florissant. Le second, élevé par une mère païenne, aussi corrompue que cruelle, s'est servi de son autorité pour déclarer aux chrétiens une guerre sanglante et précipiter ses sujets dans l'abîme de l'idolâtrie.
Quelle différence dans la vie de ces deux princes!
Boleslas se livre à tous les crimes. Saint Vinceslas se distingue par toutes les vertus. Marchons sur les traces de ce dernier. Quel prince admirable, par sa foi et son respect pour l'adorable sacrement de l'Eucharistie ! Il fait de fréquentes visites à l'église; il veut préparer de ses mains le pain et le vin qui doivent servir au saint sacrifice et se fait un honneur de servir la sainte Messe.
Avons-nous autant de foi que saint Vinceslas? Peut-on remarquer en nous les mêmes empressements à faire la cour à Jésus-Christ dans le sacrement de son amour ? Ne dirait-on pas que notre foi, à cet égard, est aussi languissante que la sienne était vive.
0 illustre monarque, glorieux martyr, obteneznous un peu de votre foi.
Plan de méditation.
I. Saint Vinceslas a été admirable pendant sa vie : 1^ par sa foi ; 2^ par sa pureté ; 3^ par son zèle ; 4° par sa justice ; 5° par sa charité.
II. Il s'est couvert de gloire : l°en se sacrifiant; 2° en nous obtenant des grâces et en opérant en notre faveur des miracles.
SAINT MICHEL, Archange 29 septembre.
L'Écriture sainte nous apprend que .Dieu a créé une multitude considérable d'anges, et qu'il se sert
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souvent d'eux pour faire connaître aux hommes ses volontés toujours justes et raisonnables. De là ces apparitions et ces visions d'esprits célestes dont furent favorisés Abraham, Jacob, Moïse et plusieurs autres personnages. Que de grâces obtenues par leur intermédiaire, soit à TÉglise en général, soit aux fidèles serviteurs de Dieu en particulier ! Que de fléaux n'ont-ils pas détournés ! Ce fut par le ministère des anges que Dieu consola Agar dans son désespoir, donna sa loi aux Israélites, arracha Loth à l'embrasement de Sodome et les trois enfants aux flammes de la fournaise, sauva Daniel dans la fosse aux lions, brisa les chaînes de saint Pierre, délivra les apôtres de la prison, révéla à saint Jean l'état futur de l'Église, et'donna aux prophètes la plupart de leursvisionsmysterieuses.il s'en servit pour l'exécution des principaux mystères relatifs à l'Incarnation, comme la naissance, la fuite, la passion et l'agonie de Jésus-Christ. Un ange conduisit les Israélites dans la terre promise.
Les anges sont envoyés de Dieu pour exécuter les choses ordinaires et les Archanges, qui sont d'un rang supérieur aux anges^, ne sont envoyés que pour accomplir les choses extraordinaires et très importantes.
L'Église, qui a établi une fête particulière en l'honneur des anges gardiens, a dû en établir une aussi en l'honneur de saint Michel, le prince de la milice céleste, et le protecteur de l'Église universelle. Celte fête se célèbre le 29 du mois de septembre.
Le nom de Michel veut dive : Qui est semblable
à Dieu. C'est par cette parole, devenue son nom, qu'il proclame la grandeur de Dieu et lui témoigne sa fidélité. Écoutons ce que nous dit à ce sujet saint Jean dans son Apocalypse. «Il se donna une grande bataille dans le ciel, dit-il, Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, c'est-à-dire Lucifer ; et le Dragon avec ses anges combattaient contre lui. Mais ceux-ci plus faibles furent à tout jamais chassés du ciel et précipités dans l'enfer. Et l'Archange en combattant contre les ennemis du Tout-Puissant disait : Quis ut Deus? Y a-t-il quelqu'un qui puisse être comparé à Dieu ? »
Saint Michel a été fait, non seulement le prince des anges, mais aussi le prince des âmes qui doivent remplir les places demeurées vides par la chute des démons. Saint Michel est apparu plusieurs fois, depuis rétablissement de l'Église, et l'assistance sensible qu'en a reçue la France, l'a fait regarder comme le protecteur spécial de ce royaume.
Réflexions pratiques.
A roccasion|de la fête de saint Michel Archange, considérons : i° la témérité de Lucifer, son orgueil insupportable, sa désobéissance, sa punition, son supplice, et détestons de tout notre cœur l'orgueil et la désobéissance. Dieu les pardonnerait-il dans l'homme si misérable, après les avoir punis si sévèrement dans un ange du Ciel ?
2^ Considérons la fidélité et la soumission de saint Michel, son zèle à soutenir les intérêts de Dieu, le bonheur qui a suivi sa victoire. Imitons sa soumis-*
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sion à Dieu, combattons pour sa gloire, nous aurons part au bonheur du puissant Archange.
Qui est semblable à Dieu, disait saint Michel : Y at-il quelqu'un qui puisse lui être comparé ? Disons deimême pour vaincre le respect humain: Y a-t-il quelqu'un dont les récompenses soient plus à désirer, ouïes menaces soient plus à craindre? Attachons-nous uniquement à Dieu et le Ciel sera notre récompense.
Plan de méditation.
Les deux principales vertus de saint Michel sont : 1^ une grande promptitude à exécuter les ordres de Dieu; 2^ un grand zèle pour le salut des hommes.
SAINT JÉRÔME, Docteur de l'Église
Vers Tan 331, à Stridon, ville située sur les confins de la Dalmatie et de la Pannonie, naquit d'une famille illustre, l'un des plus grands docteurs de l'Église, saint Jérôme. Ses parents l'envoyèrent de bonne heure à Rome pour étudier les belles-lettres sous la direction de deux maîtres célèbres. Dans ces deux écoles, il se fit bientôt remarquer par la profondeur de son jugement, la vigueur de son intelligence et l'éclat de son imagination. Ces brillantes qualités n'étaient que l'indice du puissant génie qui devait un jour étonner le monde.