II. Mission du chrétien relativement à son prochain
SAINT ÉVARISTE, Pape et Martyr
27 octobre.
Saint Évariste, Grec de naissance et originaire de la Judée, vint au monde, vers l'an 60 de Notre-Seigneur, avec de belles dispositions pour la vertu et
pour les sciences. Son père le fit élever dans la religion juive, à laquelle il était fort attaché. Comme le jeune Evariste avait beaucoup de talents il lui fit donner une instruction brillante en le confiant à d'habiles maîtres. On ignore quand et oti il eut le bonheur de se convertir à la foi de Jésus-Christ. On sait seulement que ce jeune homme dont les mœurs étaient très pures, quitta sa patrie pour se rendre à Rome, et qu'il était du clergé de cette Église, mère et maîtresse de toutes les autres. Evariste, n'étant encore que simple prêtre, était animé d'un zèle extraordinaire ; il allumait la ferveur et la dévotion dans tous les cœurs par ses instructions, par sa charité et ses exemples. L'estiipe et la vénération qu'on avait pour lui étaient si grandes et si universelles que le saint pape Anaclet, ayant reçu la couronne du martyre, il fut élu d'une voix unanime sur le trône de saint Pierre. Le nouveau pape mit tous ses soins à pourvoir à tous les besoins de l'Église dans un temps où elle était persécutée de toute part par les païens, et déchirée cruellement par les hérétiques. Il veilla si bien sur le champ du Seigneur que l'ennemi ne put jamais y semer l'ivraie. Les fidèles de Rome se conservèrent toujours dans la pureté de la foi, et quoique de nombreux hérésiarques fussent venus dans cette capitale du monde catholique pour la pervertir, le zèle, les instructions, la sollicitude pastorale du saint Pape furent de si efficaces préservatifs, que le poison ne put jamais gagner ni le cœur ni l'esprit d'un seul fidèle.
Cette sollicitude pastorale du saint pontife' ne se borna pas à préserver les fidèles de l'erreur, elle
s'appliqua encore à perfectionner la discipline ecclésiastique par les plus sages règlements, qui devaient être si utiles à toute l'Église. Il fut le premier qui divisa Rome en paroisses, assignant un cardinal-prêtre à chacune. Le saint Pape ordonna encore que, lorsque l'évêque prêcherait, il serait accompagné de sept diacres pour honorer davantage la parole divine ; il ordonna aussi que, conformément à la tradition apostolique, les mariages se célébreraient en public, et que les époux recevraient la bénédiction du prêtre. Enfin il défendit aux évêques de quitter leur Église pour en prendre une autre.
Ce fut sous le pontificat de saint Evariste qu'arriva la persécution de l'empereur Trajan, regardée comme la troisième dans l'histoire de l'Église. Ce vertueux pontife fut l'une de ses premières victimes. Donnant jusqu'à la fm l'exemple aux fidèles dont il était le pasteur et le père, il confessa glorieusement sa foi en présence de ses bourreaux, et mourut pour Jésus- Christ, l'an 112. Son corps fut enterré au Vatican, près du tombeau de saint Pierre.
Réflexions pratiques.
Le^ Apôtres et leurs disciples, en méditant assidûment les vérités célestes, concevaient un tel dégoût pour les biens créés, qu'ils étaient véritablement citoyens du Ciel; c'est là qu'ils rapportaient toutes leurs pensées et toutes leurs affections. Si la plupart des chrétiens sont aujourd'hui si terrestres, s'ils perdent si facilement l'éternité de vue, c'est qu'ils ne sont pas animés du même esprit que les premiers fidèles ; c'est qu'ils sont enfants de ce
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monde, esclaves de ses vanités et de leurs passions. Ne sommes-nous pas de ce nombre? Examinonsnous sérieusement sous le regard de Dieu... Réformons nos mœurs, et pénétrons-nous bien de l'esprit de Jésus-Christ, ou n'espérons pas avoir part à ses promesses.
Plan de méditation.
I. Zèle de saint Evariste pour conserver la pureté de la foi.