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II. Fermeté et constance de sa foi durant son martyre

SAL\T SIMON ET SAINT JUDE, Apôtres 28 octobre.

Saint Simon et saint Jude étaient frères de saint Jacques le Mineur et de Joseph. Us sont appelés frères du Seigneur, parce qu'ils étaient tous fils de Cléophas et de Marie, sœur de la Sainte Vierge.

Simon était surnommé Cananite. Quelques auteurs ont conclu de ce surnom qu'il était né à Cana; d'autres historiens ajoutent même qu'il était l'époux des noces oii Jésus-Christ fit son premier miracle en changeant Teau en vin. Quoi qu'il en soit, on ne peut douter qu'il ne fût Galiléen. Quand au surnom de Cananite, il signifie aussi zélé. On l'a ainsi appelé parce que, après sa conversion, il se montra très zélé pour la gloire de son divin Maître et manifesta une sainte indignation contre ceux qui déshonoraient

par leur conduite la foi qu'ils professaient. Il prêcha l'Évangile dans l'Orient où il termina ses jours par un cruel martyre. Selon quelques auteurs, il fut crucifié; d'après d'autres, il fut scié par le milieu du corps.

L'Apôtre saint Jude est distingué de Judas Iscariote par le surnom de Thadée qui signifie louange^ confession. On ignore comment il devint disciple du Sauveur, mais on sait qu'il fut toujours cher à son Maître, moins par les liens du sang que pour son mépris pour les choses de ce monde et par l'ardeur et la vivacité de sa foi. — Après l'Ascension et la descente du Saint-Esprit, saint Jude s'associa aux autres Apôtres pour aller annoncer partout la bonne nouvelle. Il prêcha dans la Mésopotamie et plus tard il se réunit à saint Simon dans la Perse où ils enfantèrent d'innombrables chrétiens à Jésus-Christ. Ils répandirent la connaissance de l'Évangile dans ces vastes régions, au milieu des peuples les plus barbares. Saint Jude, après la mort de saint Simon, retourna à Jérusalem, en 62, et assista à l'élection que l'on fît de son autre frère pour gouverner l'Église de cette ville. Nous avons de lui une épître adressée à foutes les Églises d'Orient, et spécialement aux Juifs convertis. Il y attaque les hérétiques de ces temps-là qui combattaient la nécessité des bonnes œuvres. On croit qu'il ne l'écrivit qu'après la ruine de Jérusalem, et il y recommande avec soin qu'on se souvienne de ce que les autres apôtres avaient écrit avant lui. 11 fut martyrisé en Perse.

On rapporte un grand nombre de miracles opérés par nos deux Apôtres. En voici un, entre autres : pen-

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dant qu'ils prêchaient à Babylone, une fille de bonne maison se laissa débaucher. Comme ses parents la pressaient de leur faire connaître son complice, cette malheureuse, pour se débarrasser de leurs importunités, accusa faussement un diacre qui fut aussitôt conduit devant le roi. Les Apôtres, connaissant son innocence, firent comparaître les parties avec l'enfant qui venait de naître. Aussitôt, s'adressant à l'enfant, ils lui commandèrent au nom de Jésus- Christ de dire si le diacre était son père. L'enfant déclara nettement qu'il ne l'était pas et fit l'éloge de sa vertu.

Réflexions pratiques.

L'amour est fort et généreux. Il donne un zèle extraordinaire à celui qui le possède. Que nïnspira-til pas à nos deux Apôtres ! Il leur fit tout entreprendre pour la gloire de Dieu et le salut de leurs frères. Tout embrasés d'amour pour leur divin Maître, ils volèrent, pour lui plaire, au-devant des tribulations et des souffrances. Ils lui offrirent les sacrifices les plus pénibles, sans éprouver ces tristes défaillances, ces honteuses faiblesses que l'on rencontre dans le monde, et ils couronnèrent leurs œuvres de charité par la mort la plus glorieuse, celle du martyre. Et nous, chrétiens pusillanimes, pourquoi sommes-nous si peu généreux dans le service du Seigneur? Pourquoi nous plaignons-nous lorsque la moindre épreuve vient nous visiter? Pourquoi sommes-nous accablés de tristesse lorsque les hommes, le travail, la maladie nous frappent! C'est parce que

la charité de Dieu, toujours plus forte que la mort, n'est pas en nous.

Nos saints Apôtres savent qu'on ne peut véritablement aimer le Seigneur si l'on n'aime en même temps ses frères, aussi ils ne négligent rien pour lui gagner de nombreuses âmes. Et nous, cœurs étroits et égoïstes, que faisons-nous pour l'âme de nos frères? Que souffrons-nous? Que sacrifions-nous pour leur faciliter le salut? Prières, larmes, aumônes, travail, qui êtes la divine monnaie qui les rachète, où êtes-vous?

Plan de méditation.

Saint Simon et saint Jude : 1° confondirent l'insolence des magiciens par leurs miracles ; 2*" adoucirent la colère des tyrans par leur prudence; 3° convainquirent les philosophes par leur doctrine.

SAINT ABERGIUS

29 octobre.

Saint Abercius était évêque de la ville d'Hiérapolis, autrefois capitale de la Petite Phrygie, dans l'Asie Mineure. Il gouvernait son Église avec beaucoup de zèle et de piété, lorsque Marc-Aurèle inaugura son règae par un édit, prescrivant à tous les sujets de Tempire d'offrir des sacrifices et des libations aux dieux. On se rendait en foule aux temples, et les prêtres païens faisaient grands festins avec les viandes et les libations offertes à cette occasion aux

idoles. A la vue de ces processions d'hommes et de femmes vêtus de blanc qui allaient rendre leurs hommages aux démons, Abercius, désolé, se retira dans un oratoire et consulta longtemps le Seigneur sur les moyens à prendre pour mettre un terme à ces ridicules superstitions. La nuit suivante, un jeune homme brillant de lumière lui apparut en songe, et lui présentant une verge, il lui dit : « Lèvetoi, Abercius, c'est l'heure ; va briser ces simulacres. » L'évêque se réveilla, il était trois heures du matin; sans délai, il court au parvis du temple devenu silencieux après les sacrifices, et avec son bâton il renverse Apollon, Hercule, Diane, Vénus et les met tous en pièces. Au fracas, les prêtres et les gardiens, alourdis par les viandes et les vins, se réveillent, accourent avec des torches et rencontrent Abercius. « Allez dire aux magistrats et au peuple d'Hiérapolis, leur dit l'évêque, que leurs dieux, repus de viandes, enivrés de vins, se sont rués les uns sur les autres et se sont taillés en pièces. » Et comme les prêtres étaient stupéfaits, il ajouta : u Ramassez tous ces débris, ils feront peut-être une chose passable; » et il se retira sans qu'on osât le toucher.

A peine le soleil levé, la foule accourt aux cris des prêtres, envahit le parvis et réclame vengeance : « Allons donner la mort à Abercius. w A l'aurore, le prélat, tranquillement assis au milieu de ses disciples, enseignait comme si rien ne s'était passé. On l'avertit que des furieux arrivaient pour le mettre à mort, et de toutes parts on lui dit : « Sauvez-vous. — Non, répondit-il. avec calme, il faut savoir mourir. — Mais il est écrit qu'on doit fuir la persécution. —

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