‹ Un modèle pour chaque jour de l'annéeChapitre 22 sur 68 · SAINT FLORENT · texte numérisé non relu

SAINT FLORENT

7 novembre.

Saint Florent, Irlandais d'origine, appartenait à une famille noble et très chrétienne. Désillusionné du monde, il renonça à ses richesses, à ses honneurs, à son pays et à sa famille pour trouver Dieu plus sûrement dans la solitude, et le posséder plus parfaitement. Il se retira dans la forêt de Hasel, près d'une rivière. Là, seul et affranchi des préoccupations terrestres, enfermé dans une modeste cellule, il s'adonna entièrement à la piété. Les instants qu'il ne consacrait pas à la prière et à la contemplation il les passait à cultiver une petite terre pour avoir de quoi subsister. Or, dit l'historien de sa vie, il y avait dans cette forêt une grande quantité de bêtes sauvages qui pendant la nuit se donnaient rendez-vous autour de sa petite retraite et lui gâtaient son travail. Il aurait bien voulu les en empêcher, mais comment y arriver, n'ayant rien pour les prendre, les épouvanter ou les chasser? A bout de ressources il constitua Dieu le gardien de sa propriété. Il commanda donc, au nom du Seigneur, à ces divers animaux de venir se réfugier autour de sa loge, mais de ne plus l'incommoder. Dès ce jour les bêtes de la forêt choi-

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sirent le lieu assigné pour en faire leur repaire ordinaire, mais ils cessèrent complètement de lui occasionner le moindre dégât.

Un jour, le roi Dagobert II était à son palais de Kircheiem, et il envoya un certain nombre de gens de sa suite chasser dans cette forêt qui était voisine. Ceux-ci, avec une grande meute de chiens, sillonnèrent la forêt dans tous les sens sans faire rencontre d'aucun gibier. Mais quel ne fut pas leur étonnement lorsque, abordant la cellule de Florent, ils la trouvèrent entourée de bêtes de toute espèce dont les unes paissaient, les autres étaient couchées, tandis que plusieurs se promenaient avec une telle privauté qu'elles ne s'émurent en aucune façon, encore qu'elles se vissent environnées d'hommes armés et de chiens qui aboyaient après elles. Les chasseurs, témoins de ce fait surprenant, firent éclater leur indignation contre le Saint qu'ils trouvèrent à son travail manuel au milieu de ces bêtes et lui prirent sa tunique dans sa cellule. Le Saint s'en étant aperçu courut après eux, non pas pour leur adresser des reproches et leur chercher querelle, mais pour leur offrir le seul objet qui lui restait : une hache.

Les visiteurs n'allèrent pas bien loin sans reconnaître leur faute, car étant arrivés près d'un marais qu'ils devaient traverser, leurs chevaux s'arrêtèrent tout court ; il leur fut impossible de les faire passer outre. Ils s'avisèrent alors que ce ne pouvait être qu'un châtiment de Dieu pour l'insulte faite à ce bon paysan qu'ils venaient de quitter. Ils retournèrent sur leurs pas et rencontrèrent Florent qui courait après eux. Les chasseurs lui ayant fait mille excuses IV. 10

lui rendirent sa tunique et depuis poursuivirent leur chemin sans aucun obstacle.

Cet épisode fut raconté au roi Dagobert II, quelques jours après. Celui-ci envoya un cheval au solitaire avec prière de venir le voir. Le Saint se rendant aux désirs du monarque se mit en route. Il n'eut pas plus tôt mis le pied sur le seuil du palais royal que la fille du roi, sourde et muette dès sa naissance, recouvra l'ouïe et la parole et appela Florent par son nom. A cette première merveille s'en adjoignit une seconde. Florent étant dans la chambre du roi ne sut où placer son manteau, il le jeta sur un rayon de soleil qui pénétrait par une vitre et par un miracle surprenant, le manteau se tint suspendu en l'air sur ce rayon, comme sur une perche, et il y demeura ainsi jusqu'à la fin de la conférence. Le prince, étonné de voir merveille sur merveille, donna au Saint une partie de la forêt pour y bâtir un monastère. Cette abbaye fut célèbre par la piété du maître et par l'obéissance des disciples.

Sur ces entrefaites l'évêque de Strasbourg étant décédé, saint Florent fut élu à ce siège, qu'il gouverna pendant douze ans avec autant de sagesse que de zèle.

Enfin chargé d'années et de mérites Dieu l'appela à lui le septième jour de novembre 675, pour couronner ses nombreuses vertus.

Réflexions pratiques.

Un homme patient, dit saint Jacques, est un homme parfait. Celui qui a cette vertu en partage possède presque toutes les autres, et parvient insen-

siblement à un haut degré de sainteté. La patience entretient l'union et la charité avec le prochain; elle procure la bonne intelligence et l'amitié parmi les hommes ; elle gagne à celui qui la pratique le cœur de tout le monde. La vie admirable de saint Florent confirme cette vérité. Sa patience à supporter les insultes des visiteurs qui lui dérobent sa tunique le fit admirer, puis estimer et ensuite vénérer.

Avons-nous en partage la patience? Ces plaintes, ces murmures, ces colères, ces paroles blessantes contre nos supérieurs, nos inférieurs et nos égaux sont une preuve que cette vertu n'est point la nôtre. Efforçons-nous de l'acquérir en supportant ceux qui nous font du mal et en comblant de bien ceux surtout qui mettent notre douceur à l'épreuve. C'est une œuvre vraiment divine. — Donnez-moi, ô mon Dieu! cette vertu qui, avec l'humilité, sa compagne, est le fondement de toutes les autres.

Plan de méditation,

La patience : 1° utile à la santé; 2^ nécessaire à la tranquillité de Tâme; S*' plus nécessaire encore pour vivre en société ; 4° indispensable pour vivre en chrétiens.

FETE DES SAINTES RELIQUES 8 novembre.

Le corps que l'âme du chrétien laisse sur la terre lorsqu'elle s'en sépare pour aller paraître devant Dieu, et qu'on appelle sa dépouille mortelle, prend

le nom de reliques, lorsque le défunt a été mis par l'Église au rang des Saints. Le titre de reliques ne convient pas seulement au corps entier d'un Saint, mais encore à toutes les parties de ce même corps, quelques petites qu'elles soient, pourvu qu'on puisse les voir. Ainsi, la tête, les bras, les jambes, les' pieds, les mains, les os, la chair, les dents, les cheveux, les cendres, la poussière même dans laquelle une partie du corps a été réduite, sont autant de reliques. Il faut dire la même chose des émanations miraculeuses racontées par des historiens dignes de foi, de certains corps saints ou de leurs ossements desséchés. (Monseigneur Bouvier.)

Dans un sens moins strict, on donne aussi le nom de reliques aux objets qui ont été à l'usage d'un Saint pendant qu'il était sur la terre, et qui, selon le sentiment commun des fidèles, ont contracté une sorte de communication à la sainteté de son corps. Tels sont les vêtements qu'il a portés, les linges et les meubles dont il a usé, la cellule qu'il a habitée, le siège sur lequel il s'est assis, sa discipline, son cilice, les instruments de son supplice.

Enfin, en un sens encore plus large, on appelle reliques les objets qui ont touché au corps d'un Saint, à ses reliques, ou qu'on a déposées sur son sépulcre, comme linge, mouchoirs, fleurs, etc. On rapporte à cette dernière espèce de reliques, le suaire qui a enveloppé le corps d'un Saint et le sépulcre oh. il a été déposé.

C'est à ces restes sacrés que l'Église rend un culte public de vénération et de respect, et sur ce point sa conduite est à l'abri de tout soupçon de superstition

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et d'idolâtrie. Pour le prouver il suffit de voir que ce culte est conforme aux sentiments de la nature comme aux principes de la foi. En effet, dans le culte rendu aux reliques, l'Église répond aux tendances naturelles du cœur humain, et après les avoir purifiées, elle les fait servir à sa destinée surnaturelle et toute divine.

N'est-ce pas un sentiment naturel au cœur de l'homme que ce respect qu'il manifeste en toute circonstance pour la dépouille mortelle de ceux qui lui furent chers, ou que leurs vertus ou leur célébrité recommandent à son souvenir? C'est de ce sentiment profond et universel que vient ce que nous appelons le culte domestique pour les tombeaux et les souvenirs de famille : le culte civil pour les restes inanimés des bons princes et des grands hommes bienfaiteurs de l'humanité. De là vient aussi le culte religieux pour la dépouille mortelle de nos martyrs, de nos Saints. Les Saints sont éminemment les bienfaiteurs des hommes, leurs amis, leurs pères, leurs modèles ; ils sont des héros dans toute l'acception du mot. Et si l'honneur rendu aux restes des hommes illustres parait une justice envers leur mémoire, comment pourrait-on incriminer le culte envers ces membres vénérés, instruments, durant une existence trop courte, des vertus les plus excellentes ; ces membres où habitait une âme qui règne aujourd'hui dans le ciel ; ces membres sacrés qui, lorsque Dieu, dans sa puissance, ouvrira les tombeaux, ressusciteront plein de gloire, et brilleront comme des étoiles pendant toute l'éternité.

C'est ce sentiment si naturel et si légitime qui

avait porté les premiers chrétiens à célébrer les saints mystères sur les tombeaux des martyrs. Et, à ce sujet, saint Jérôme disait : « Nous honorons les reliques des martyrs, afin d'adorer Celui pour lequel ils ont souffert et sont morts. » « Allons souvent visiter les saints martyrs, disait saint Jean Ghrysostôme aux fidèles, touchons leurs châsses, embrassons avec joie leurs saintes reliques, afin d'attirer quelques bénédictions sur nous... Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent du roi du Ciel. »

Il serait trop long de raconter tous les miracles opérés par les rehques des Saints. Qu'il nous suffise de dire que saint Pierre, ne pouvant toucher et guérir tous les malades, on les plaçait sur son passage , afin qu'ils pussent recevoir la santé par l'ombre de l'Apôtre. On en faisait de même pour saint Paul, et souvent les malades étaient guéris au contact d'objets seuls qu'il avait touchés. Les deux grands Apôtres permettaient ces choses et les approuvaient parce qu'ils voyaient que Dieu lui-même les autorisait par les nombreuses guérisons qui s'opéraient chaque jour. Saint Antoine portait avec respect, les jours de fêtes, le cilice de saint Paul ; saint Athanase se revêtait avec vénération du manteau de saint Antoine. Et les premiers chrétiens, avec quel zèle ne recueillaient-ils pas les corps des martyrs, leurs ossements et leurs habits ' Aussi l'Église, fidèle interprète des volontés de Dieu, a autorisé un office et institué une fête pour honorer les reliques des Saints, et cette fête se célèbre, dans un grand nombre de diocèses, le dimanche de l'octave de la Toussaint.

Réflexions p?'atiques.

Nous devons cooclure de cette lecture, quel profond respect nous devons avoir pour les reliques des Saints, puisque Dieu lui-même fait appel à sa toute-puissance pour les révéler à son Église. L'Église elle-même nous donne l'exemple de ce culte des reliques ; elle ne consacre aucun temple sans y mettre une portion de ces vénérables restes des corps sanctifiés par le Saint-Esprit. Elle ne consacre aucun autel sans y placer des reliques ; elle défend même de dire la sainte Mes«e sur la pierre d'autel si elle n'en renferme pas. Rien de plus fondé que le le culte des reliques. Ces corps ont été les temples vivants du Saint-Esprit ; ils ont été sanctifiés avec l'âme au baptême d'abord, à la confirmation ensuite, et enfin à chaque communion. Ce n'est pas tout encore ; après la résurrection des morts, ils seront reçus au Ciel, récompensés éternellement et glorifiés pour avoir eu leur part dans les souffrances et la privation de la vie d'ici-bas. Apprenons aussi, à respecter nos propres corps à qui est réservée la même gloire. Ne les profanons pas par l'impureté, par l'intempérance, par l'injustice, la médisance et la calomnie. Rappelons-nous souvent ces paroles de saint Paul : « Ne savez-vous pas que vos corps sont les temples du Saint-Esprit et que vos membres sont les membres de Jésus-Christ. Portez donc et honorez Dieu dans vos corps. » Respectez le corps comme l'âme de votre prochain : plus de scandale I Que votre langue, que vos yeux, que vos mains sanctifiés ne déshonorent plus le temple de Jésus-Christ.

Plan de méditation.

I. Antiquité du culte des saintes Reliques, IL Puissance des saintes Reliques.

lïl. Légitimité de ce culte.

DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU SAUVEUR 9 novembj'e.

Au temps des Apôtres et dans les siècles suivants, on bâtissait des temples, des basiliques, des églises et des oratoires où le peuple chrétien se réunissait pour prier, chanter les louanges de Dieu, pour s'instruire des mystères de la religion, recevoir les sacrements et surtout assister au sacrifice non sanglant du corps et du sang de Jésus-Christ. Mais comme ces lieux de réunion étaient exposés à être démolis et brûlés par les infidèles, les prélats ne les consacraient point encore par ce grand nombre de cérémonies qui, depuis, ont été instituées par les Souverains Pontifes.

Cette dédicace solennelle ne commença que sous l'empire de Constantin le Grand. Ce prince que le Ciel avait choisi pour faire régner le christianisme dans le monde, s'étant fait serviteur de Jésus-Christ, porta une loi par laquelle il était permis aux chrétiens de bâtir des églises dans tout son empire ; il leur en donna l'exemple en 334 ; ce pieux monarque fit construire un baptistère au lieu oti lui-même avait été baptisé par saint Sylvestre, et une basilique pour

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servir au pape d'église patriarcale et pontificale et pour être le chef et la mère de toutes les églises du monde. Voici comment en parle le cardinal Pierre Damien, en son épître aux cardinaux de la sainte Église romaine :

« Comme l'église de Latran porte le nom du Sauveur qui est le chef des élus, aussi est-elle la mère, et pour ainsi parler, le chef et le sommet de toutes les églises qui sont dans le monde. » Ailleurs il l'appelle l'église des églises et le Saint des Saints. Quand elle fut bâtie, l'empereur Constantin l'enrichit de beaucoup de vases et d'ornements précieux pour la célébration des saints mystères"» et le pape saint Sylvestre en fit la dédicace avec beaucoup de pompe et de majesté. Il ordonna en même temps qu'on n'offrirait plus le sacrifice auguste de la messe que sur des autels de pierre.

La commémoraison de la dédicace de la basilique du Sauveur qui est réglise des églises, l'église mère, l'église de tout le monde, la capitale de la chrétienté, se célèbre dant tout l'univers, le 9 novembre.

Réflexions pratiques.

L'église est la maison de Dieu, c'est le trône sur lequel Jésus-Christ repose corporellement ; c'est là où il attend nos hommages et nos adorations. Visitons souvent ces maisons de prière pour y adorer Dieu ; nous y recevrons des grâces qu'il ne nous accorderait pas ailleurs. Honorons-le dans ces asiles sacrés par un respect extérieur digne d'édifier le prochain et par une dévotion intérieure capable de plaire à Dieu. Adorons-y l'Éternel en esprit et en

Vérité. Pénétrés de la présence de sa redoutable majesté, ne perdons jamais le souvenir du grand Maître qui y réside. Mais, ô malheur déplorable, le le chrétien va souvent dans les endroits où l'on peut se divertir et rarement dans les églises ; et quand on s y rend, on pense à tout excepté à Celui dont la majesté devrait absorber tout notre esprit. Ne suis-je pas de ce nombre?... N'ai-je jamais bravé la présence de Dieu ?

Plan de méditation,

I. Sainteté qu'acquiert une église par sa consécration extérieure.

II. Sainteté que nous devons acquérir par notre consécration intérieure.

Autre plan,

I. Antiquité des cérémonies de la dédicace • 1° chez les Juifs ; 2o chez les chrétiens.

II. But et caractère de la cérémonie de la dédicace : 1° séparation ; 2" oblation.

III. Effets de la cérémonie de la dédicace : 1° pour Dieu ; 2° pour les fidèles.

SAINT ANDRÉ AVELLINO, Confesseur

10 novembre.

Saint André Avellin naquit, en 1521, à Castro-Novo, petite ville du royaume de Naples, et montra dès son enfance les plus heureuses dispositions à la

vertu. La crainte de Dieu pénétrait continuellement son âme et il redoutait jusqu'à l'ombre du péché le plus léger. Une physionomie heureuse exposa sa chasteté à de grands dangers. Plusieurs fois des personnes perdues de mœurs tendirent des pièges à son innocence, mais il repoussa leurs attaques violentes par la fuite, la vigilance et la prière.

Le désir qu'il avait de ne vivre que pour Dieu lui fit embrasser l'état ecclésiastique. Ses parents l'envoyèrent à Naples pour y étudier le droit civil et canonique. Son cours achevé, il prit le grade de docteur et fut élevé au sacerdoce. Il plaida plusieurs causes devant la cour ecclésiastique. Un léger mensonge qui lui échappa un jour dans sa plaidoirie le détermina à renoncer pour toujours à la profession d'avocat. Peu de temps après sa faute, il lui arriva de lire le verset de nos saints Livres : La bouche qui ment tue Vâme; à ces mots il fut saisi d'un repentir si vif qu'il abandonna toutes les occupations du baTreau pour se consacrer uniquement à la pénitence et à l'exercice des fonctions du saint ministère. La perfection avec laquelle il pratiqua les vertus sacerdotales le fit préposer, par l'archevêque de Naples, au gouvernement d'une communauté religieuse. Dans cette charge il eut beaucoup à souffrir de la part de quelques rebelles. Il échappa une fois à la mort, dont il avait été menacé ; dans une autre circonstance il reçut trois coups au visage. Il souffrit sans se plaindre. Animé alors du désir d'une vie plus parfaite, il demanda avec instance d'être reçu parmi les clercs réguliers appelés Théatins, Ses vœux furentréalisés, et, en 1oû6, ilseretiradans leurmaison

de Naples. Dès ce moment il s'élança avec allégresse dans la carrière de la pénitence. Pour se mettre dans la sainte nécessité de revenir parfait, il fit vœu de combattre sa propre volonté, et de tendre toujours, le plus qu'il serait en lui, à la perfection. Lorsqu'il fut supérieur, il donnait à la prière et à la contemplation tous les moments qu'il pouvait dérober à l'exercice de ses devoirs ordinaires. Ses fréquentes prédications aux habitants des villages et des bourgs voisins de Naples produisirent de merveilleux fruits de salut. Dieu se plut à glorifier, par des prodiges, l'ardente charité de son serviteur envers le prochain. C'est ainsi qu'une nuit oii le Saint revenait d'entendre la confession d'un malade, ni lui ni ses compagnons ne furent mouillés par la pluie qui tombait à torrents. L'eau et le vent ayant éteint les flambeaux qui éclairaient leur marche, une lumière extraordinaire, dont les rayons s'échappaient miraculeusement du corps du bienheureux, guida ceux qui marchaient avec lui et leur permit de distinguer leur chemin au milieu des plus épaisses ténèbres. Enfin, André Avellin, épuisé par l'âge et les fatigues, fut frappé d'apoplexie au pied de l'autel, lorsqu'il commençait la messe. Il répéta trois fois ces paroles : Introibo ad altare Dei^ et il ne put aller plus loin. On lui administra les sacrements de l'Eucharistie et de l'Extrême-Onction, et il expira tranquillement, le 10 novembre 1G08, dans sa quatre-vingthuitième année. On invoque saint André Avellino, comme un protecteur puissant, contre la mort subite et imprévue.

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Réflexions pratiques.

Si le mensonge est si commun et si fréquent dans la bouche des chrétiens c'est parce qu'ils ne le considèrent pas comme une honte et comme un péché, mais comme quelque chose de peu d'importance. Ce n'est pourtant point ainsi que le juge l'éternelle Vérité. Écoutons ce qu'elle nous enseigne: La bouche qui ment tue lame. . Les lèvres qui profèrent le mensonge sont en abomination devant Dieu, parce qu'il est le Dieu de vérité et la vérité même... Aussi repousse-t-il les menteurs avec mépris. Ils ne sont plus ses enfants, mais les fils du père du mensonge. C'est ce qui nous explique l'horreur qu'ont eu tous les Saints, et en particulier saint André pour ce vice si odieux. Ils auraient plutôt sacrifié leurs biens, leur vie que de s'en rendre coupables. La délicatesse de leur conscience n'est-elle pas un juste accusateur de l'indélicatesse de la mienne? Que de mensonges chaque jour dans la famille, en société, pour rendre service, pour s'excuser, pour éviter des reproches, pour obtenir quelques faveurs et même pour plaisanter !

Si vous avez contracté l'habitude de mentir, hâtezvous de la déraciner. Pour cela, ne vous permettez pas le moindre mensonge. C'est la résolution que je prends aujourd'hui, ô mon Dieu! Daignez la bénir.

Plan de méditation.

I. Faveur avec laquelle Avellin se dispose à ce qu'il médite de promettre.

II. Fidélité avec laquelle Avellin s'efforce d'exécuter ce qu'il a promis.

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