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III. Saint Martin à l'heure de sa mort

SAINT MARTIN, Pape et Martyr 12 novembre.

Saint Martin naquit l'an 649 dans la ville de Todi en Toscane, d'une famille noble, Ses parents rélevèrent dans la vertu et dans l'étude des belles-lettres. Avantageusement doué des dons de la nature, la pureté de son âme se reflétait sur tout son extérieur. Savant sans être orgueilleux, il voulut sanctifier sa science en la consacrant au service des autels, et il fut élevé au diaconat. Le pape Théodore, qui avait été frappé de la haute capacité de son diacre, l'envoya en qualité de nonce à Gonstantinople, où il montra un zèle admirable contre le monothélisme. Cette hérésie enseignait qu'il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule volonté, la volonté divine. Elle niait la volonté propre à la nature humaine.

Théodore étant mort, Martin fut élu, au mois de juillet 649, pour lui succéder sur la chaire de saint Pierre. Les difficultés étaient grandes. Le monothélisme, enfanté par les patriarches de Constantinople et soutenu par les empereurs d'Orient, faisait des progrès très rapides et menaçait de tout pervertir, lorsque au mois d'octobre suivant le Souverain Pon-

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tife assembla dans l'église de Saint-Jean de Latran un concile de cent cinq évêques, où les principaux chefs des hérétiques furent condamnés.

A la nouvelle de cette condamnation, l'empereur Constant se mit en fureur et jura de perdre le Pape. Il envoya en Italie un officier avec ordre de faire périr Martin, ou de se saisir de sa personne et de l'amener à Constantinople. A son arrivée à Rome, il ne fut pas aisé à cet officier de réaliser ses desseins en face d'un peuple et d'un clergé inébranlables dans leur foi et sincèrement dévoués au saint pontife. Il commit un de ses écyyers pour assassiner le Pape au moment oîi celui-ci lui présenterait la communion dans l'église de Sainte-Marie-Majeure. Le soldat se tenait prêt, mais lorsqu'il leva la main pour le poignarder il fut frappé d'un aveuglement subit et ne vit plus sa victime. Le malheureux officier voyant la protection de Dieu sur le pontife rentra en lui-même et fit sa paix avec lui. L'empereur Constant, brûlant du désir de se venger, chargea un certain Calliope d'enlever le Pape. Saint Martin fut arrêté à la sortie de l'église de Saint-Jean de Latran et conduit captif dans son palais d'où on le tira pour le mener en Orient. Après trois mois d'une pénible navigation, il aborda à l'île de Naxos. Là, il eut horriblement à souffrir pendant une année tout entière. L'Empereur le fit venir à Constantinople et il y arriva le 17 septembre 654. Il fut jeté dans une étroite prison où il demeura trois mois, privé de tout, en proie à la maladie et à toutes sortes de souffrances. On ne l'en retira que pour lui faire son procès. Il fut traîné devant le sénat, accusé d'avoir sou-

levé tout l'Occident contre l'empereur, et d'avoir même conspiré contre la vie de ce prince. Pour pouvoir le condamner il fallut recourir à la calomnie et trouver de faux témoins. Il s'en présenta une vingtaine, et comme on voulait leur faire prêter serment le Saint dit aux magistrats : « Je vous supplie au nom de Dieu, ne les faites point jurer. » A toutes les injures, à toutes les accusations mensongères, le saint Pape ne répondit pas un seul mot. Alors on le porta sur une éminence, d'oii il pouvait être vu de l'empereur ; et là au milieu d'infâmes ignominies on le dépouilla des marques de sa dignité, ne lui laissant qu'une simple tunique sans ceinture, encore le déchirèrent-ils des deux côtés, depuis le haut jusqu'en bas pour rendre sa situation plus humiliante encore. En cet état on lui mit un carcan de fer au cou et on le promena dans les rues de la ville enchaîné au geôlier, et précédé du bourreau tenant un glaive. Le peuple frémissait d'horreur, d'épouvante et de pitié. On le jeta ensuite dans une prison, et on l'y abandonna en plein hiver, sous le poids de ses chaînes. Après trois mois d'une affreuse réclusion, on l'exila dans la Chersonèse où il eut à souffrir tous les tourments : la faim, la soif, le manque de tout. Il y mourut la même année, le 12 novembre, donnant jusqu'à la fin les preuves d'une âme grande et supérieure à tous les coups de l'adversité.

Dieu, l'éternelle vérité, hait les médisants et à plus forte raison les calomniateurs ; c'est pour cela

qu'il nous avertit de ne pas nous dénigrer les uns les autres, et qu'il nous déclare que les détracteurs sont odieux à ses regards : Detractores Deo odibiles ; et odieux aussi devant- les hommes, abominatio hominum detractor. Ceux qui se rendent coupables de ces péchés blessent la charité et la justice et réparent difficilement le mal qu'ils font. N'en sommesnous pas coupables? Ne Tavons-nous jamais été?... — Il faut supporter les médisants et les calomniateurs, l'exemple de Jésus-Christ nous le prêche éloquemment? Comment répond-il aux faux témoins qui cherchent à noircir sa réputation ? Par un doux et paisible silence. Sa doctrine est en parfaite harmonie avec sa conduite : « Vous êtes heureux, dit-il, lorsque les hommes vous chargeront de malédiction et qu'ils vous persécuteront et qu'ils diront faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi; réjouissez-vous et tressaillez de joie, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans les cieux. » Est-ce là ce que nous avons fait? Que de haines, que de désirs de vengeance contre nos détracteurs I

Plan de méditation,

T. Zèle de saint Martin, nonce à Constantinople, pour arrêter les progrès du monothélisme.

n. Actes de saint Martin dans le même but : convocation d'un concile ; condamnation des édits d'Héraclius et de Constant.

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