SAINT STANISLAS DE KOSTKA
Saint Stanislas, le jeune et aimable patron de la eunesse écolière, naquit au château de Roskou en Pologne, le 27 octobre 1550, de la famille sénatoriale de Kostka. Le nom de Jésus, qui se trouva miraculeusement inscrit d'une manière très lisible sur le sein de sa mère lorsqu'elle le portait, annonça d'avance dans quelle sainte milice il s'engagerait un jour. On lui inspira de bonne heure les plus tendres sentiments de piété. Le premier usage que cet angélique enfant fît de sa raison fut de se consacrer à Dieu avec une ferveur au-dessus de son âge. Une correspondance si fidèle et si précoce à la grâce attira sur lui les bénédictions du Ciel et l'éleva à un degré de perfection extraordinaire. Son père et sa mère lui donnaient le nom d'ange : et c'était là son vrai caractère. La beauté remarquable de son corps semblait refléter celle de son âme. Il était doux et affable; mais il avait un air sérieux qui lui conciliait le respect et qui le mettait à couvert de ces caresses dangereuses qui amolissent d'ordinaire le naturel des enfants. Dès son bas âge il avait une pudeur si délicate qu'il ne fallait qu'une parole trop libre pour le faire évanouir. Cet amour pour la pureté lui faisait éviter avec le plus grand soin les compagnies dangereuses. D'ailleurs, il n'aimait ni le jeu, ni les divertissements, il donnait tout son temps à la prière ou à l'étude, ce qui contribua plus que les instructions de ses parents et de ses maîtres à le conserver dans l'innocence.
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Stanislas étudia dans la maison de son père jusqu'à l'âge de quatorze ans. On songea, pour lors, à le mettre au collège. Il y avait à cette époque, à Vienne, en Autriche, un célèbre séminaire de Jésuites, que l'empereur Ferdinand avait fondé pour y faire élever la jeune noblesse d'Allemagne dans la crainte de Dieu et dans l'étude des belles-lettres. Ce fut là que le jeune Stanislas fut envoyé avec un de ses frères nommé Paul. Le saint enfant ne pouvait trouver une demeure plus conforme à ses inclinations; on y vivait très saintement, et tout s'y faisait avec beaucoup d'ordre. Sa vertu ne tarda point à y briller, elle lui valut l'admiration de ses condisciples qui s'efforcèrent de l'imiter.
Mais la sainteté, pour arriver à la perfection, a besoin d'épreuves. L'empereur Ferdinand étant mort, son fils Maximilien, moins religieux, enleva aux Jésuites la maison donnée par son père pour loger les pensionnaires. Paul Kostka, qui avait deux ans de plus que Stanislas, ne fut pas fâché de trouver cette occasion de jouir de sa liberté. Il engagea son gouverneur à prendre un logement dans la maison d'un luthérien. Là notre Saint eut beaucoup à souffrir, non seulement de la part de cet hérétique, mais encore de la part de son propre frère, qui se moquait de sa piété et chercha, pendant deux ans, à l'entraîner dans une vie mondaine. Stanislas était sur ses gardes, et il se contentait de répondre : « Je ne suis pas fait pour ce qui passe, je suis fait pour ce qui dure éternellement. » Il communiait tous les dimanches et toutes les fêtes solennelles, et se préparait à la communion en jeûnant la veille. Il n'allait
jamais en classe, le matin ou le soir, sans entrer dans l'église pour y adorer le Saint-Sacrement; chaque jour il entendait deux messes, et faisait la méditation. Il aimait tendrement la Sainte Yierge, qu'il appelait sa mère.
Les persécutions de son frère, si cruelles à son cœur aimant et sensible, jointes aux jeûnes fréquents et aux austérités qu'il pratiquait, avec une santé délicate, le firent tomber dans une grave maladie dont il faillit mourir. Il demanda plusieurs fois à recevoir le Saint Viatique; mais le luthérien chez lequel il logeait ne voulut pas le permettre. Stanislas pria le Seigneur de ne point le laisser mourir sans cette nourriture divine. Sa prière ne fut point vaine, puisqu'il reçut aussitôt la communion de la main d'un ange. Peu après la sainte Mère de Dieu lui apparut avec un visage plein de douceur et présentant à ses embrassements le divin Enfant, elle lui dit que l'heure de sa mort n'était pas encore venue et qu'il devait se consacrer à Dieu dans la Compagnie de Jésus.
Dès qu'il eut recouvré la santé, fidèle aux avis de la Sainte Yierge, Stanislas chercha le moyen d'accomplir son dessein, mais il rencontra de grands obstacles. Les Jésuites d'Allemagne n'osèrent le recevoir dans la crainte d'encourir l'indignation du père du Saint. Il prit alors une détermination héroïque, celle de quitter secrètement Tienne pour se rendre à Rome. En sortant de la ville, il rencontra un pauvre à qui il donna son habit. Quant à lui, il se revêtit d'une toile grossière préparée d'avance, il s'environna d'une corde, y suspendit son chapelet,
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et prenant le bâton de pèlerin il fit quatre cents lieues, visité souvent et fortifié par les saints Anges qui le nourrissaient de la Sainte Eucharistie. A son arrivée à Rome, il alla se jeter aux genoux de saint François de Borgia, alors général des Jésuites. Celui-ci en le voyant l'embrassa tendrement et lui dit : « Stanislas, je vous reçois avec joie! Dieu vous veut avec nous. » Ce fut en 1567, le jour de saint Simon et de saint Jude, qu'il entra au noviciat des Jésuites et revêtit l'habit. Quelques jours après il reçut une lettre de son père qui l'accablait des reproches les plus amers et les plus sanglant^ et lui faisait les menaces les plus terribles. Stanislas lui répondit en fils plein de respect et d'amour, mais sa vocation n'en fut nullement ébranlée. Sa profonde humilité, sa douceur angélique, son extrême fidélité à la règle, son union continuelle avec Dieu, sa tendre dévotion envers le Saint-Sacrement et la Sainte Vierge en firent un modèle achevé, non seulement des novices, mais de tous les religieux. Une fleur si pure et si brillante méritait d'être transplantée dans le jardin du Père céleste. C'est ce qui arriva le 15 août de l'an 1568. Stanislas n'avait pas encore achevé son noviciat et il était dans la dix-huitième année de son âge. "Voici quelques détails sur sa mort.
Après avoir entendu un sermon dans lequel le père Canisius engageait tous les novices à se conduire chaque jour comme s'il devait être le dernier de leur vie, Stanislas disait à ses compagnons que ce conseil était surtout pour lui, puisqu'il devait mourir dans le courant de ce mois. Quatre jours après il s'entretenait avec un Père sur la grande fête
esclave? — 0 mon Dieu! Emparez- vous de mon cœur et débarrassez-le de toutes les affections terrestres.
Plan de méditation.
I. Courage invincible avec lequel saint Stanislas embrassa l'état auquel Dieu l'appela.