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II. Sa fidélité inviolable à en remplir tous les devoirs

Autre plan,

I. Pureté de cœur de saint Stanislas. -— Fuite des occasions dangereuses.

IL Confiance sans bornes à la Sainte Vierge Marie.

SAINT VÉRAN, Évêque de Cavaillon

14 novembre.

Saint Véran naquit à Yaucluse, dans les premières années du sixième siècle. Ses parents, aussi distingués par la noblesse du sang que par la ferveur de leur piété, relevèrent dans la ,crainte de Dieu. Ils ne négligèrent rien pour lui procurer les connaissances divines et humaines. Ce pieux enfant répondit admirablement à leur soins dévoués et fit des progrès extraordinaires. L'esprit de Dieu qui le ^dirigeait lui inspira de bonne heure le mépris du monde et l'attacha inviolablement à Jésus-Christ. Dans les premières années de son enfance, il laissait à ses compagnons d'âge les divertissements bruyants et les

joies puériles ; il n'avait d'attraits que pour la prière, l'étude et la société des personnes sages et vertueuses.

Etant allé un jour, avec la permission de ses parents, à Javoux, prier sur le tombeau de saint Privât, il passa la nuiten prières dans l'église du bienheureuxpour demander, par son intercession, de l'éclairer sur la carrière qu'il devait embrasser. La grâce lui inspira de se vouer au service des autels. Aussi, le matin, le saint jeune homme, voyant l'évêque de Javoux entrer dans réglise, il alla se jeter à ses pieds pour le prier de le recevoir au nombre de ses élè\^s. Le prélat, frappé de ces heureuses dispositions, l'accueille avec bonté, se rend à ses désirs et lui confère la tonsure cléricale. Dès cette heure le jeune lévite s'élance avec ardeur dans sa nouvelle carrière ; il devient le modèle de ses condisciples et la joie de ses maîtres. Teilles, prières, pénitences, Véran employa tout pour se préparer aux ordres sacrés ; et lorsque le temps arriva oh. il dut recevoir l'onction sainte qui transforme l'âme du chrétien en âme sacerdotale, il était prêt.

Admis à la prêtrise, il fut attaché au service de l'église cathédrale de Javoux, dont le siège épiscopal fut plus tard transféré à Mende, et son ministère fut, dès le début, favorisé des grâces les plus abondantes.

Quoique tout occupé du salut des autres, Véran vécut lui-même en une si grande sainteté que, dans sa mission laborieuse. Dieu daigna lui accorder le don des miracles. Les regards dès lors se tournèrent vers lui ; mais l'humilité profonde qui lui attirait l'admiration publique s'alarma de ces hommages ; il réso-

lut de s'y soustraire en s*enfonçant dans quelque désert. Cédant alors à cet attrait irrésistible, il s'arracha aux glorieuses fonctions de son apostolat et prit le chemin de la solitude.

Sur ces entrefaites, ses parents étant morts, le jeune Véran se rend à Vaucluse, donne aux pauvres et consacre en d'autres bonnes œuvres l'héritage avantageux qui lui est échu, afin de pouvoir suivre pauvre la vie pauvre de Jésus-Christ, unique objet de ses désirs et de sa gloire. Ainsi dépouillé de tout bien terrestre, notre Saint se retira dans une grotte peu éloignée de la célèbre fontaine de Vaucluse.

La vie du pieux anachorète dans cette solitude fut une vie de jeûnes, de veilles et de prières. Le bruit de la sainteté du nouvel ermite se répandit bientôt au loin. De toutes parts on accourait pour le voir, pour admirer les merveilles qu'on racontait de lui et pour réclamer son intervention puissante. — Après quelques années passées dans l'exercice de la vie intérieure, l'Esprit-Saint montra à notre solitaire les ravages affreux que le démon de l'erreur et du mensonge exerçait dans un grand nombre de contrées et lui fit comprendre qu'il n'avait été élevé au sacerdoce de Jésus-Christ que pour travailler à faire connaître son saint nom et à étendre son règne sur la terre. Notre Saint qui ne connut jamais d'autre mobile de ses actions que la volonté de Dieu, n'hésita plus et se rendit à la voix qui l'appelait. Il s'arrache aux douceurs de la solitude pour se dévouer aux fatigues de la vie apostolique. Il parcourt et arrose de ses sueurs plusieurs contrées des Gaules où régnait encore la superstition et l'idolâtrie. Sa parole forti-

fiée par son éminente sainteté touche les cœurs et opère des fruits merveilleux de salut.

La célébrité que lui attirent ses conquêtes spirituelles est si grande que son humilité en est de nouveau alarmée. Il veut une seconde fois se dérober aux regards du monde et s'ensevelir dans l'obscurité et il reprend le chemin de sa soHtude. Mais à mesure qu'il se cache, Dieu se plaît à faire briller ses vertus d'un éclat tout particulier. Yoici un fait extraordinaire qui en est une preuve.

Un affreux dragon infestait depuis quelque temps le pays : il attaquait indistinctement les hommes et les animaux : sa proie une fois saisie, il plongeait dans les eaux de la Sorgue pour la dévorer ; les armes avaient été contre lui jusque-là impuissantes ; elles se brisaient sur ses écailles plus dures que l'acier. La terreur était grande, l'effroi général ; personne n'osait plus se montrer dans les champs. Dans cette extrémité on eut recours à saint Yéran ; on vint donc avec larmes le supplier de débarrasser la contrée de cet horrible fléau. Edifié de leur foi, sensible à leurs misères, Ihomme de Dieu, s'étant muni du signe de la croix, s'avance sans hésitation aucune vers l'entrée de la caverne du monstre, l'appelle à haute voix, et lui ordonne, au nom de Jésus- Christ, de sortir. A l'instant, on voit le dragon, soumis, ramper aux pieds du Saint. Véran lui ordonne de prendre la fuite et de ;disparaître à jamais, et le monstre obéit. Pour conserver la mémoire d'un événement aussi prodigieux, Véran fît construire à Vaucluse, en l'honneur de la Sainte Vierge, une petite église qui existe encore aujourd'hui.

Vers l'an 550, Véran désirant aller à Rome vénérer le tombeau des saints Apôtres revêtit l'humble habit de pèlerin et se mit en route. Son passage et son séjour dans la ville d'Embrun furent marqués par des prodiges sans nombre. Les démons ayant publié euxmêmes par la bouche des possédés que le pauvre et obscur voyageur est un grand Saint qui vient les tourmenter, le peuple de la cité accourt de tous côtés pourvoir le pèlerin. On s'empresse de lui présenter des malades et des possédés , et, à sa parole de foi et de charité, tous obtiennent une prompte et entière guérison. Les évoques de la province réunis alors en concile à Embrun sont témoins de ces prodi ges. En mémoire de ces merveilles on bâtit plus tard une chapelle près de la ville en l'honneur de saint Véran et, depuis, on l'a toujours mis au nombre des Saints du diocèse.

Le serviteur de Dieu continua sa route par Briançon et leMont-Genèvre. En traversant cette montagne, une bande de voleurs se jetèrent sur lui pour lui ôter la vie ; mais au moment oii l'un des brigands levait le bras pour le frapper, le glaive s'échappa de sa main homicide, et son bras demeura tendu et desséché. Effrayés, stupéfaits à la vue d'un châtiment si subit, les voleurs tombèrent aux genoux de Véran qui leur pardonna et guérit le coupable.

A peine arrivé à Rome, le pieux pèlerin se rend au lieu célèbre, appelé la? Confession de Saint Pierre, Et comme il demande à pénétrer dans le tombeau , le gardien refuse à cet étranger pauvre et négligé cette faveur tant désirée.

Sur ce refus notre Saint se prosterne sur le seuil

qu'il baise respectueusement, quand tout à coup les portes s'ouvrent d'elles-mêmes. Cet événement fit grand bruit ; la ville en fut émue et le Pape voulut voir cet homme dont on racontait tant de merveilles. Boniface II après l'avoir béni, comblé des présents, lui accorda la permission de prêcher dans tous les lieux où il passerait.

Notre pieux pèlerin, ayant satisfait ses dévotions, reprit le chemin des Gaules. Tous les pays qu'il traversa furent témoins de nombreux et éclatants prodiges. — A Milan, le jour de saint Laurent, martyr, il rendit la vue au neveu d'un prince et la parole à un muet de naissance, puis il ressuscita le fils unique d'un gentilhomme appelé Constantin.

A l'approche d'un village des Alpes, il entendit des sanglots, il entra dans la maison d'où partaient ces cris; c'était un père qui se désolait de la mort de sa fille unique. Véran, attendri, prie en silence, appelle la fille par son nom et la rend à la vie.

Notre Saint étant à Cavaillon avec Sigebert, roi d'Austrasie, voulut visiter les prisonniers de la ville pour les consoler, mais inconnu dans la cité, on refusa de lui ouvrir les portes. Véran ayant fait le signe de la croix se fraya un libre passage et arriva jusqu'auprès des malheureux détenus. Ce prodige joint à la haute réputation de l'apôtre fit que le peuple et le clergé jetèrent sur lui les yeux pour le nommer au siège de l'évêché de Cavaillon devenu vacant par la mort de son prélat. — Saint Véran illustra pendant vingt ans son épiscopat en donnant l'exemple de toutes les vertus et en gagnant à Dieu des milliers d'âmes. Il mourut saintement, le 11 novembre ond. Sa mort fut un deuil

général. On n'entendait dans la ville métropolitaine que pleurs et gémissements, et ces douloureuses paroles : Le Saint est mort, le Saint est mort! Il

Réflexions pratiques.

Saint Yéran ne s'est pas seulement occupé de sa propre sanctification, mais il a travaillé sans relâche au salut des âmes. Ce n'est pas seulement aux ministres de Jésus-Christ qu'il est ordonné de défricher la vig ne du Seigneur, mais d'après la sainte Écriture tout chrétien est responsable du salut de son prochain. Chacun est obligé, selon ses moyens et les circonstances, de contribuer au bien spirituel de ses frères, tantôt par l'exemple de ses vertus, tantôt parla douceur de ses avis et la force de sa charité. Oh ! que d'âmes de moins pour l'enfer et de plus pour le Ciel, si le précepte de la charité fraternelle était mieux compris. L'ai-je moi-même toujours bien compris et bien pratiqué? Que répondent mes actes? Mon Dieu ! donnez-moi le courage d'observer le précepte qui doit marcher à la tête de tous les autres.

Plan de méditation.

I. Quel a été le zèle de saint Véran à travailler à sa sanctification et au salut des autres.

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