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II. Persévérance dans ce renoncement

SAINTE CATHERINE, Vierge et Martyre 25 novembre.

Sainte Catherine naquit à Alexandrie, en Egypte, de sang royal. Célèbre par l'éclat de son origine, de sa fortune et de sa beauté, elle brillait encore davantage par sa grande modestie et son incomparable pureté. D'après la légende de la Sainte, lorsque Catherine était toute jeune, la Sainte Vierge lui apparut, tenant entre ses bras l'enfant Jésus, et le Sauveur, lui donnant mille témoignages d'amitié et de bienveillance, lui dit gracieusement : « Catherine, je vous choisis pour mon épouse. » A son réveil l'heureuse enfant se vit au doigt un anneau d'or, symbole de l'alliance mystique qu'elle venait de contracter. C'est en mémoire de ce prodige que les peintres représentent ordinairement sainte Catherine auprès de l'adorable Jésus, recevant un anneau de ses mains.

Catherine, douée d'un esprit vif et d'une intelligence rare, acquit à l'école d'Origène une science profonde de la philosophie chrétienne. A l'âge de dix-huit ans on la regardait comme un prodige de savoir et de sagesse. L'empereur Maximin, connu par sa haine implacable contre les chrétiens, se trouvant dans la ville d'Alexandrie, ordonna sous peine de mort de sacrifier aux dieux de l'État. Pour déterminer ses sujets à lui obéir, il fit offrir un sacrifice comme on n'en avait jamais vu, et il voulut remplir lui-même les fonctions de grand prêtre. Une foule immense, docile aux ordres de l'empereur, se près-

sait SOUS les portiques du temple de Sérapis. L'enceinte était trop étroite pour contenir la multitude . Au milieu de ce concours, une jeune fille, remarquable par sa jeunesse et sa beauté, se dirigea vers l'autel, et s'approchant de l'empereur, lui reprocha avec un noble courage les artifices dont il se servait pour séduire le peuple. Puis elle démontra qu'il fallait abandonner le culte abominable des faux dieux et croire en Jésus-Christ, si on aspirait au salut. C'était Catherine.

Maximin, étonné de tant de hardiesse, dissimula son émotion et dit à l'héroïque vierge que ses occupations présentes ne lui permettaient point de l'écouter, mais que, le sacrifice terminé, il l'entendrait tout à loisir. En effet, dès qu'il fut rentré dans son palais, il la fit venir en sa présence, et lui demanda qui elle était et d'où lui venait cette audace qu'elle avait fait paraître au milieu d*une assemblée si auguste et si vénérable. « Mon nom est Catherine, répondit la Sainte; j'appartiens à une des plus illustres familles du pays. Après avoir consacré tout mon temps à la connaissance de la vérité, j'ai reconnu la vanité des idoles que vous adorez. Depuis, je mets toute ma gloire et toute ma richesse à être chrétienne et épouse de Jésus-Christ; et mon unique souhait est que vous le connaissiez avec tout votre empire, n Puis elle lui révéla des choses sublimes sur l'essence de l'Être Unique qu'elle adorait.

L'empereur ne s'estimant pas assez savant pour lui répondre fit venir cinquante philosophes des plus renommés pour la réfuter, et leur promit une grande récompense s'ils parvenaient à la confondre

et à la ramener au culte des dieux du paganisme. Catherine, sans se laisser intimider, parla avec tant de force et employa en faveur de la religion chrétienne des arguments si solides, que les cinquante philosophes furent confondus, s'avouèrent vaincus, et confessèrent ouvertement la divinité de Jésus- Christ. L'empereur, irrité, les fit jeter sur un bûcher, où ils expirèrent en invoquant le saint nom de Jésus.

Cependant Maximin, touché des belles qualités de Catherine, lui fît, pour la gagner, toutes les propositions les plus flatteuses et les plus séduisantes. Il lui offrit un trône et sa main, quoiqu'il fût déjà marié. Notre Sainte eut horreur de ces propositions et répondit que nul autre que Jésus-Christ n'aurait son cœur. L'empereur furieux tourna toute sa rage contre elle et la condamna à être déchirée à coups de fouet. Après deux heures de tortures, l'admirable vierge fut jetée dans une prison où on la laissa onze jours sans nourriture et sans panser ses plaies.

Maximin étant allé faire un voyage, l'impératrice Faustine fut curieuse de voir Catherine, dont on disait tant de merveilles. Elle se fit accompagner à la prison par Porphyre, chef de l'armée. Les curieux visiteurs furent extrêmement surpris de trouver la jeune vierge guérie de toutes ses plaies, mais belle, aussi fraîche que si on l'eût nourrie des viandes les plus délicates. Cette merveille et les paroles de Catherine les convertirent à la religion de Jésus- Christ. L'empereur l'ayant appris, à son retour, manda Faustine et Porphyre, et, sur leur refus d'apostasier, les fit décapiter.

Maximin, prenant occasion de la mort de Faustine,

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fit de nouvelles instances pour engager Catherine à partager son trône et sa couronne; mais la Sainte lui répondit hardiment : « J'aime mieux vivre misé* rable avec les pauvres, que d'être élevée sur un trône au préjudice de mes glorieuses qualités de servante et d'épouse de mon Sauveur. » L'empereur irrité d'un tel langage la condamna à être broyée par une machine coniposée de plusieurs roues garnies de pointes très aiguës. L'intrépide vierge monta, sans pâlir, sur Taffreux instrument de mort et se mit à prier. A l'instant même les roues se brisent et volent en éclats avec un bruit si étrange qu'il répand au loin la terreur. Les assistants s'enfuient épouvantés, et publient tout haut la puissance du Dieu des chrétiens. Plusieurs se convertissent, mais le tyran, pour en finir, fait trancher la tête à l'héroïque sainte qu'il n'avait pu vaincre. Elle était dans la dix-neuvième année de son âge. Son corps fut miraculeusement transporté sur le mont Sinaï, dans un monastère qu'elle avait fait bâtir et où on lui rendit de grands honneurs. A cause de sa vaste science, sainte Catherine a été choisie pour être la patronne des philosophes et des étudiants.

Réflexions pratiques.

Sainte Catherine a été cette femme forte que le Sage souhaitait de trouver.

Elle eut : 1° la force d'esprit. Elle apprit les sciences divines et humaines. Elle découvrit les erreurs du paganisme, elle confondit les philosophes orgueilleux et en fit des chrétiens. Sanctifions notre science et servons-nous en pour faire connaître Dieu

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