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II. Les maux extrêmes dont il les préserve

SAINT NICOLAS, Confesseur et Pontife 6 décembre.

Saint Nicolas naquit àPatare, ville deLycie. Ses parents étaient riches, mais ils avaient encore plus de piété que de fortune. Après une longue attente, ils obtinrent cet enfant de bénédiction par leurs prières et leurs larmes. Mais à peine l'eurent-ils reçu de Dieu, qu'ils s'empressèrent de le lui rendre, en le lui consacrant, comme Anne avait fait pour son petit Samuel. Le Ciel prévint le jeune Nicolas, pour ainsi dire dès le berceau, par les faveurs les plus signalées. Encore à la mamelle, on le vit, les mercredi et vendredi, ne prendre le lait de sa nourrice qu'une seule fois, et sur le soir, bien qu'il le fît fréquemment les autres jours; il conserva toute sa vie cette pratique du jeûne. L'éducation soignée qu'il reçut en fit un savant et un Saint. Dans les écoles qu'il fréquenta il se défendit des mauvais exemples de ses camarades. 11 ne liait d'amitié qu'avec ceux qui étaient honnêtes et vertueux. Dieu l'en récompensa en lui accordant de grands talents et le don des miracles : Rencon-

trant un jour au sortir de l'école une pauvre femme estropiée qui lui demandait l'aumône, il lui donna l'argent qu'il portait sur lui et lui dit au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Levez-vous et marchez. » Aussitôt l'infortunée fut guérie.

Dans une peste qui ravagea la Lycie, il perdit ses vertueux parents. Il était alors jeune, riche et libre, trois choses qui fournissent le plus d'aliments aux mauvaises passions ; mais Nicolas les fit servir à son avancement spirituel et à ses progrès dans le bien. 11 devint plus pieux, plus retiré, plus charitable en distribuant tous ses biens aux pauvres. On cite entre autres ce bel exemple de générosité chrétienne : Un homme sans fortune ne trouvant point -à marier ses trois filles, qu'il ne pouvait plus nourrir, songeait à vendre leur innocence ; le Saint, l'ayant appris, pourvut à leurs besoins et les mit en état de s'établir honnêtement.

L'oncle maternel de Nicolas était évêque. C'était un homme vertueux. Il fut frappé de la sainteté de son neveu et voulut l'élever au sacerdoce. Nicolas y consentit avec joie, et, devenu prêtre, il vérifia cette prédiction de son oncle : « Cet adolescent sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui ramène les brebis égarées au bercail de Jésus-Christ. »

Poussé par sa piété, Nicolas entreprit, par mer, le voyage de la Terre-Sainte, pour méditer aux lieux consacrés par la présence du Sauveur. Un ouragan furieux s'éleva : tout le monde se crut perdu, tant la tempête était horrible I Lui, plein de foi, se mit en prières et la tempête cessa et la mer devint calme.

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Cependant un des matelots avait été précipité -du haut d'un mât par la violence de l'ouragan; il était tombé sur le pont et s'était tué. Nicolas se mit en prières, prit le cadavre par la main et le rendit plein de vie à ses compagnons. Ces miracles ont fait choisir aux matelots saint Nicolas pour patron..

Après avoir visité les Saints Lieux, le pieux pèlerin se retira quelque temps dans une caverne, puis revint en Lycie, où il résolut d'entrer dans un monastère et de s'y vouer entièrement à Dieu. Mais la Providence en disposa autrement. Un jour étant en oraison, il entendit une voix du Ciel lui disant : « Ce n'est pas ici que je veux que tu sois, sors et converse avec les hommes afm que je sois glorifié en toi. )) Nicolas obéit. Il alla à Myre qui était la capitale de la Lycie, estimant que là il échapperait aux honneurs qu'on lui aurait rendus dans son pays. Mais le vénérable évêque de Myre étant mort, il fut élevé sur son siège; voici comment : les évêques assemblés ne s'accordaient point sur le choix d'un successeur. Un d'entre eux, inspiré du Ciel, dit qu'il fallait choisir le prêtre qui, le lendemain, entrerait le premier dans l'église. Nicolas fut cet élu de Dieu. Étant venu à l'église au point du jour faire sa prière, on se saisit de lui, et, malgré ses refus et ses larmes, on le consacra évêque de Myre. A la fin de la cérémonie, une femme, fendant la foule, se précipita à ses genoux, lui tendant un enfant qui venait de périr dans les flammes ; le nouvel évêque touché des larmes de cette mère désolée fit le signe de croix sur l'enfant et le lui rendit plein de vie.

Pendant tout son épiscopat on vit briRer en lui

toutes les vertus à un degré éminent et surtout un zèle infatigable à procurer le salut des âmes. Il prodigua toujours ses conseils, ses aumônes et ses services à la veuve et à l'orphelin. Il prenait particulièrement un plaisir extrême à former les enfants à la piété et à guider leurs premiers pas dans les sentiers de la vertu. C'est sans doute à cause de cela, et parce qu'il avait été dès son bas âge un modèle d'innocence, qu'il fut regardé comme le patron des enfants.

Gomme il prêchait à Myre les vérités de la foi chrétienne, contrairement à l'édit de Dioclétien et de Maximien, il fut arrêté par les satellites des empereurs. Entraîné au loin et jeté en prison, il y resta jusqu'à Tavènement de Constantin à l'empire. Délivré de captivité par ses ordres, il revint h Myre, assista au concile de Nicée où fut condamné l'arianisme. — Dans une famine qui désola l'Orient, Nicolas pourvut à la subsistance de toute la Lycie. Cependant il n'avait pour toute richesse que l'oraison et la confiance en Dieu. Mais les pauvres volontaires ont à leur disposition les richesses de la Providence. Un marchand avait chargé un vaisseau de blé en Sicile pour aller le vendre en Espagne. Il était prêt à faire voile, quand Nicolas lui apparut en songe et lui dit d'amener ce blé à Myre, en Lycie, où il le vendrait bien. Et pour appuyer sa demande, il lui remit trois pièces d'or à titre d'acompte de Dieu. Le marchand en se réveillant vit cet or, et reconnut qu'il avait eu une vision véritable. Il leva l'ancre et prit la route que Dieu lui indiquait. Un bon vent le poussa rapidement, il arriva à Myre, y vendit bien

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son blé et le peuple rendit grâces à Jésus-Christ de l'avoir secouru par l'intermédiaire de son saint Prélat. — Une autre fois, on vint dire à Nicolas, que le. préfet Eustale, trompé par de faux témoins, venait de condamner au supplice trois officiers innocents. Au moment où ils devaient être exécutés, Nicolas accourut et convainquit les magistrats de l'innocence des accusés. On les renvoya chez eux. Mais la malveillance et l'intrigue les fit arrêter de nouveau et condamner à mort. La nuit qui devait précéder leur supplice, notre Saint, sous les dehors d'un vieillard vénérable, apparut en songe à l'empereur et lui dit : « Lève-toi et donne sur-le-champ l'ordre de délivrer les trois officiers qui vont être injustement exécutés. » Constantin, étonné, demanda au vieillard : « Qui es-tu pour me tenir un pareil langage ? » Le vieillard répondit : a Je suis Nicolas, évêque de Myre. » L'empereur se lève, et, après s'être concerté avec le préfet du prétoire qui avait eu la même vision, il fait grâce aux malheureuses victimes de la calomnie et leur recommande d'aller rendre grâces à Dieu par l'intermédiaire du saint évêque.

Saint Nicolas, étant tombé malade, comprit que sa dernière heure approchait ; il se prépara d'une manière très sérieuse à paraître devant Dieu, et le 6 décembre 326 il s'éteignit doucement dans le Seigneur. On l'enterra dans sa cathédrale où il s'opéra d'innombrables miracles.

Réflexions pratiques.

l. Un homme, pour mener une vie sainte, doit

imiter la conduite de saint Nicolas dans sa jeunesse. L'amour qu'il avait pour Dieu, l'attirait fréquemment au pied des autels, où il aimait à épancher son cœur dans celui de Notre-Seigneur, réellement présent dans l'Eucharistie. Le jeûne, les veilles, le cilice étaient les protecteurs et les gardiens continuels de sa chasteté, aussi bien que la modestie qui lui faisait éviter avec un soin scrupuleux les mauvaises compagnies. Vous qui êtes dans le môme âge, pratiquez-vous la même vertu? Quelles précautions apportez-vous pour conserver votre pureté et votre innocence? Comment vous comportez-vous envers Dieu et envers vous-mêmes? Quelque âge que vous ayez vous devez imiter ce Saint.

IL Ce pieux écolier avait un respect admirable pour ses parents et pour ses maîtres; il recevait leurs commandements, comme s'ils fussent sortis de la bouche de Jésus-Christ. Il fréquentait les plus vertueux de ses camarades et évitait avec soin les libertins. Vous comportez-vous de la sorte envers votre prochain? Quelles sont les compagnies que vous fréquentez? Quel respect portez-vous à vos supérieurs? Comment leur obéissez-vous?

IIL Saint Nicolas étudiait avec une application admirable, pour se rendre capable de servir Dieu et d'exciter les autres à son saint amour. Dieu vous le commande par la bouche de vos parents : étudiez, mais que ce soit ce que Dieu veut, et pour accomplir sa sainte volonté. Apprenez enfin de saint Bernard trois paroles qui renferment presque tout le devoir d'un jeune homme. « Il faut, dit-il, qu'un jeune homme craigne Dieu, qu'il respecte ses parents,

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qu'il conserve sa pureté. » Demandons cette grâce à Dieu par l'intermédiaire de saint Nicolas.

Plan de méditation.

Nous devons admirer dans saint Nicolas sa fidélité : 1° à correspondre aux premières grâces dont Dieu l'a prévenu dès son enfance ; 2" à faire un bon usage des biens de la fortune qu'il a hérités de ses parents; 3° à s'acquitter dignement des hautes fonctions où Dieu l'avait appelé, en l'élevant à l'épiscopat.

SAINT AMBHOISE, Évêque et Docteur de l'Eglise

7 décembre.

Saint Ambroise, l'un des plus saints prélats et des plus illustres docteurs de l'Église, naquit vers l'an 340, dans une ville des Gaules, où son père, du môme nom que lui, résidait en qualité de préfet du prétoire. Le Ciel qui avait souri à la naissance de cet heureux enfant, renouvela en sa faveur le prodige qui avait, dit-on, signalé l'enfance de Platon. Un jour qu'il dormait en plein air dans son berceau, un essaim d'abeilles vint voltiger et s'arrêta sur son visage; quelques-unes entrèrent dans sa bouche entr'ouverte. Sortant ensuite les unes après les autres sans le blesser, elles s'élevèrent si haut dans les airs qu'on les perdit de vue. Cet événement fut regardé comme un présage de la douceur et de l'élévation qui devaient signaler un jour son éloquence. Am-

broise était encore en très bas âge quand il perdit son père. Sa mère plus distinguée par sa piété que par le haut rang qu'elle tenait dans le monde, retourna à Rome, sa patrie, où elle lui fit faire de bonnes études, sous d'habiles maîtres. Ayant fait beaucoup de progrès dans Téloquence, il entra dans le barreau et plaida quelques causes avec tant de succès qu'il se fît une réputation brillante et mérita l'estime des premiers personnages de l'empire.

Probus, préfet du prétoire, charmé des belles qualités et de l'éloquence d'Ambroise, le fît son assesseur, et bientôt aprèS;, avec l'agrément de l'empereur Valentinien P^, il l'établit gouverneur de la Ligurie, et de l'Emilie, c'est-à-dire de tout le pays qui comprend aujourd'hui les archevêchés de Milan, de Turin, de Gênes, de Ravenne, et de Bologne, avec les diocèses qui dépendent de ces métropoles. Probus lui dit en l'envoyant à Milan : « Allez , et agissez plutôt en évêque qu'en juge. » Il y avait, depuis vingt ans, dans cette ville, un évêque arien nommé Auxence, qui mourut en 374. Lorsqu'il fut question d'élire un nouveau prélat, la ville se divisa en deux partis; les uns demandaient un arien, les autres un catholique. La fermentation des esprits faisait craindre une sédition, lorsque Ambroise parut dans l'église pour apaiser le désordre. Il parlait au peuple avec beaucoup d'éloquence lorsqu'un enfant s'écria : Ambroise évêque. La voix de l'innocence parut être l'oracle du Ciel : Tous, ariens et catholiques, répétèrent après lui : Oui, Ambroise évêque, Ambroise évêque.

Ambroise fut le seul à qui cette élection ne plut

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pas. Voyant que malgré ses résistances on persistait à vouloir qu'il fût évêque, il sortit de la ville pendant la nuit pour se retirer à la Chartreuse de Pavie ; mais Dieu permit qu'après avoir bien marché, il se trouvât le lendemain aux portes de Milan. Il alla chercher un asile dans la maison du sénateur Léonce, son ami, mais Léonce le découvrit lui-même. Ambroise, qui n'était encore que catéchumène, comprenant que c'était la volonté de Dieu qu'il fat évêque, demanda à être baptisé par un prélat catholique, et, huit jours après, il fut sacré le 7 décembre 374. Il était âgé d'environ trente-quatre ans.

Élevé sur la chaire épiscopale, Ambroise ne se regarda plus comme du monde, et pour rompre tous les liens qui pouvaient l'y attacher, il distribua à l'Église et aux pauvres tout ce qu'il avait d'or et d'argent. Il vécut dès ce jour dans une abstinence extraordinaire. Malgré ses grands travaux, il jeûnait tous les jours et employait une partie de ses nuits à la prière. Le vertueux prélat se montra toujours le courageux défenseur de la foi catholique et de la discipline de l'Église. Les païens de Rome, profitant de l'état de trouble dans lequel se trouvaient les affaires de l'empire, faisaient tous leurs efforts pour rétablir les superstitions de l'idolâtrie. Appuyés par Symmaque , célèbre préfet de Rome et le premier orateur de son temps, ils demandaient à Valentinien le rétablissement dans le sénat de l'autel de la Victoire. Ambroise instruit de ce qui se passait s'adressa à l'empereur et lui dit : « Tous vos sujets sont tenus de se soumettre à votre autorité, mais vous

3i2 UN MODÈLE

êtes obligé d'obéir au vrai Dieu et de défendre la religion de Jésus-Christ. Il ne vous est point permis de concourir à l'idolâtrie. Gomment l'Église recevraitelle les oblations d'un prince qui aurait donné des ornements pour les temples des idoles ? »

Après la mort de Valentinien, l'impératrice Justine, sa veuve, entachée d'arianisme, envoya demander, aux approches de Pâques, une basilique située hors des murs, afin que les hérétiques y fissent les offices divins. Ambroise répondit qu'il ne livrerait jamais le temple de Dieu à ses ennemis. D'autres envoyés revinrent pour demander la basilique neuve. « Les palais, leur dit l'énergique prélat, appartiennent à l'empereur, mais les églises appartiennent à l'évêque. »

Dans un des discours qu'Ambroise adressa à son peuple à cette occasion, il s'exprime ainsi : « Croyezvous, mes bien-aimés enfants, que je puisse vous abandonner pour sauver ma vie? Ma réponse a dû vous faire connaître que je n'abandonnerai pas l'Église, parce que je crains le Seigneur de l'univers plus que l'empereur. Si l'empereur agit contre moi en prince. Je saurai souffrir en évêque. »

On employa divers stratagèmes pour ôter au Saint la liberté et même la vie. Un assassin entra dans sa chambre pour le massacrer ; mais lorsqu'il allait donner le coup mortel, son bras étendu resta immobile, et il n'en recouvra l'usage qu'après avoir avoué qu'il était envoyé par Justine, et avoir témoigné un vrai repentir de sa faute.

Voici un autre trait mémorable de la vie du Saint évêque; il rend éclatante toute la fermeté d'Ambroise

lorsqu'il s'agissait de la discipline de l'Église. L'empereur Théodose, pour punir des offenses faites à sa personne dans la ville de Thessalonique, avait fait massacrer sept mille personnes de cette ville. Cette rigueur excessive pénétra de douleur Ambroise qui écrivit au prince pour l'inviter à faire pénitence et pour l'avertir qu'il ne pourrait laisser entrer dans le temple un meurtrier couvert de sang. Théodose rentrant à Milan vint cependant au temple. L'archevêque, l'apprenant, va au-devant de lui dans le vestibule, et lui défend d'avancer plus loin. Le prince cherche à s'excuser par l'exemple de David qui avait été homicide et adultère. « Vous l'avez imité dans sa conduite coupable, reprit le Saint, imitez-le dans son repentir. » Théodose s'humilia et se soumit à la défense d'Ambroise. Il se retira dans le fond de son palais, y passa huit mois dans les exercices de la pénitence, pleurant amèrement son péché, et déplorant son exclusion des saints mystères de TÉ^lise.

La fête de Noël arrivait, et l'auguste pénitent redoublait ses larmes en pensant qu'il ne ferait point partie de l'assemblée des tidèles. a L'église est ouverte aux mendiants et aux esclaves, disait-il, et elle est fermée pour moi. » Un de ses courtisans appelé Rufûn, touché de ses larmes, lui dit : « Si vous le jugez à propos, j'irai pour vous parler à l'évêque. — Vous ne réussirez pas, répliqua l'empereur ; je sais qu'Ambroise est inflexible quand il s'agit de son devoir... » Après une réparation publique et une pénitence solennelle le prince fut absous et rentra humblement dans le temple. Le peuple, le voyant ainsi humilié, ne pouvait retenir ses larmes, il pleu-

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