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II. Confiance qu'il doit nous inspirer

SAINT SABAS, Abbé

Saint Sabas, l'un des plus célèbres patriarches de l'ordre monastique en Palestine, naquit l'an 439, près de Césarée. Ses parents étaient considérés dans

(1) L'abbé Berlioux.

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le pays par leur noblesse et leur vertu. Son père, officier dans les armées de l'empereur, étant obligé de se rendre à Alexandrie, oti des troubles avaient éclaté, sa femme l'y suivit. Leur fils Sabas n'avait alors que cinq ans. Ils le confièrent à Hormias, son oncle maternel, pour en prendre soin pendant leur absence, et lui laissèrent en même temps l'administration de leurs biens. Le pauvre enfant fut si maltraité par sa tante, qu'après trois ans de souffrances il fut obligé de se retirer chez Grégoire, son oncle paternel, dans l'espérance d'y vivre plus heureux. Celui-ci l'accueillit avec joie et se chargea de son éducation. Il n'en fallut pas davantage pour allumer la jalousie entre les deux oncles, qui voulaient avoir l'un et l'autre, avec le neveu, la jouissance de ses biens. Ils se brouillèrent à cette occasion. Sabas, qui était d'un caractère pacifique, affligé de cette division, dont un vil intérêt était l'objet, prit le parti de renoncer à tout et se retira dans un monastère voisin de la ville. L'Abbé le reçut à bras ouverts, et l'instruisit dans la science des Saints et dans la pratique des observances monastiques. Le jeune Sabas, dès ce moment, ne pensa plus qu'aux biens éternels; sa ferveur était au-dessus de son âge; il joignait à l'exercice de la prière la pratique de l'humilité et de la mortification. Il n'avait que dix-huit ans et déjà il faisait l'admiration des plus parfaits religieux. Travaillant un jour dans le jardin du monastère, il vit un arbre chargé de belles pommes; il en cueillit une dans l'intention de la manger, quoique ce fût avant l'heure du repas. Mais, venant à réfléchir que c'était une tentation, il jeta cette pomme par

terre et l'écrasa sous ses pieds. Pour se punir et se vaincre plus parfaitement, il fit vœu de ne plus manger de pommes le reste de sa vie. Cette victoire lui fit faire de grands progrès dans toutes les autres vertus.

Sabas désirant aller visiter les Saints Lieux à Jérusalem, et les déserts de la Palestine, demanda et obtint cette permission. Il n'y eut point de monastère dans les environs qui ne témoignât le désir de le conserver. Mais l'amour qu'il avait pour le silence et la retraite lui fit préférer le genre de vie qu'on suivait sous saint Euthyme. Il alla se jeter aux pieds de ce saint Abbé et le conjura, avec beaucoup de larmes, de l'admettre au nombre de ses disciples. Euthyme jugea qu'il était trop jeune et trop délicat pour le recevoir dans son couvent. Il le fit recevoir dans un monastère situé au bas de la montagne et gouverné par Théoctiste. C'était comme le noviciat de ceux qui aspiraient à vivre dans le couvent de saint Euthyme. Le Saint redoubla de ferveur dans le monastère de Théoctiste et se fit admirer par sa ponctualité et sa ferveur dans les divers exercices de piété, par sa charité envers ses frères et surtout envers les malades.

L'estime générale qu'on faisait de sa vertu augmenta encore beaucoup par la victoire qu'il remporta dans une rude épreuve où fut mise sa vocation. Étant allé accompagner un religieux à Alexandrie, il y rencontra ses parents et en fut reconnu, malgré le changement qu'avait dû causer en lui une absence de vingt ans. L'amour paternel mit tout en œuvre, employa toutes les promesses, toutes les séductions

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pour le rengager dans le monde. Sabas eut besoin de se rappeler ces paroles du Sauveur : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, nest pas digne de moi. » Il resta inébranlable. Gomme ses parents redoublaient d'instances : « Voulez-vous donc, leur dit-il, que je sois déserteur? Si l'on punit sévèrement celui qui déserte la milice d'un roi de la terre, quel châtiment ne mériterais-je pas si j'abandonnais le service du Roi du Ciel? » Cette réponse désarma ses parents. Ils admirèrent la vertu de leur fils, et ils le laissèrent partir, en se recommandant à ses prières.

A l'âge de trente ans il s'attacha à saint Théotime qui le forma, selon son attrait, aux pratiques les plus parfaites de la solitude et de la mortification. Mais après la mort du saint Abbé, le relâchement se mit parmi ses moincF et Sabas les quitta pour s'enfoncer dans le désert du Jourdain, où il se construisit une grotte presque inabordable. On vint cenendant Ty trouver en foule, et il se vit obligé de fonder plusieurs monastères qui furent habités par soixante et dix solitaires, tous extrêmement zélés pour la perfection de leur état. Comme on manquait d'eau, il fit creuser au pied de la montagne, après avoir invoqué le Seigneur, et on y trouva une source. Il y fit bâtir aussi une chapelle et un autel. Comme son monastère n'avait point de prêtre, le patriarche de Jérusalem fit venir près de lui Sabas, et l'éleva au sacerdoce; le saint solitaire avait alors cinquantecinq ans. L'éclat de sa sainteté augmentait tous les jours, et il lui venait des disciples des contrées les plus éloignées.

Sabas faisait chaque année une retraite, après

l'octave de l'Epiphanie, et il ne prenait, pendant le carême, d'autre nourriture que la Sainte communion, qu'il recevait le samedi et le dimanche.

Après la mort du patriarche de Jérusalem, plusieurs religieux se révoltèrent contre Sabas qui laissa alors son monastère et se retira dans le désert. Le nouveau patriarche ordonna au Saint de retourner dans son couvent. Sabas finit par rétablir l'ordre et par soumettre les rebelles, qui depuis menèrent une vie édifiante. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, chargé de mérites. Dieu rendit son tombeau glorieux par un grand nombre de miracles.

Réflexions pratiques.

La Sainte Écriture nous dit : « Si vous entendez la voix de Dieu, n'endurcissez pas vos cœurs. » Fidèle à cet engagement divin, saint Sabas, appelé d'en Haut dans la retraite, se montre docile à suivre celui qui l'exhorte intérieurement à tout quitter pour aller à la recherche des vrais biens. En vain ses parents ont-ils recours à toutes les séductions possibles pour l'attirer près d'eux, le généreux jeune homme se montre inébranlable dans sa résolution.

Dieu nous appelle à son service comme saint Sabas. Il ne nous ordonne point, comme à lui, de quitter notre père, notre mère, nos amis, nos biens. 11 nous laisse au sein de nos familles, dans notre domaine, dans notre position. Il ne demande qu'une chose : Que nous le servions fidèlement, au lieu de servir le démon, le monde et nos passions. Et ce sacrifice qu'il réclame de nous, ce n'est point pour

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notre malheur, c'est, au contraire pour nous rendre éternellement heureux. Ah! que nous serions ingrats et ennemis de nous-mêmes si nous nous montrions sourds à cet appel ! — Seigneur, je veux dès aujourd'hui m'engager à votre service et vous être aussi fidèle que dévoué; donnez-m'en la force.

Plan de méditation.

Nous devons suivre Dieu : 1^ à titre de justice; 2" à litre d'achat; 3'^ à titre de donation.

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