II. Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de Lorette
III. ]\Jiracle de la translation de la sainte maison de Lorette.
SAINT DAMASE, Pape
Saint Damase, Espagnol de nation, naquit à Rome Tan 304. Son père étant venu s'établir en cette ville, entra dans le clergé après la mort de sa femme. Il fut ordonné lecteur, puis diacre, ensuite prêtre de l'église de Saint-Laurent, l'une des paroisses de la cité. Le jeune Damase fut élevé avec beaucoup de soin par son père, qui, trouvant en lui un esprit excellent et un cœur né pour la piété, n'oublia rien pour lui donner une bonne éducation. L'eniant, sous les auspices de cet habile maître, fît de grands progrès dans les sciences et dans la vertu La pureté de ses mœurs et son rare savoir le firent généralement estimer. Il fut admis dans le clergé, dont il devint bientôt l'ornement. Il servait dans la même église que son père, et toute sa conduite y fut d'une si grande édification qu'on le proposait aux autres pour modèle. Suivant saint Jérôme, il était archidiacre de l'Église romaine, lorsque Constance exila Libère à Bérée, en 335. Il suivit le Pape dans son exil, mais il revint à Rome peu de temps après.
Malgré les intrigues, les menaces des Ariens, il demeura toujours attaché à la communion de Libère, et ne cessa pas un instant de fortifier le peuple dans la religion catholique par ses exemples et ses discours. Le Pape, étant revenu du lieu de son bannissement, eut souvent recours aux conseils et à l'habileté de Damase dans les affaires épineuses de l'Église. Après la mort de Libère, en 366, tous les suffrages de la plus grande et de la plus saine partie du clergé et du peuple romain se réunirent en sa faveur, et malgré les résistances de son humilité, il fut solennellement ordonné, dans la basilique de Saint-Laurent, qui était son titre. Immédiatement après son élection, un homme ambitieux, nommé Ursin, furieux de ce que Damase lui avait été préféré, assembla une troupe de séditieux et de gens de la lie du peuple, leva l'étendard de la révolte, et chercha à se faire élire à sa place. Paul, évêque de Tivoli, prélat aussi faible qu'ignorant, le sacra évêque de Rome, contrairement aux anciens canons et à l'antique coutume de l'Église romaine. Une pareille révolte excita de grands troubles et le préfet de Rome, pour couper le mal dans sa racine, fut contraint de bannir l'antipape avec ses diacres. Au mois de septembre de l'année suivante, Ursin, banni, avait réussi, à force d'artifices, à se faire rappeler par l'empereur Valentinien. Il revint donc à Rome sous la promesse très expresse de demeurer en repos. Mais comme il continuait d'exciter des troubles, il fut banni de nouveau, deux mois après, avec sept de ses partisans. Pendant ce temps, le Pape, étranger à toutes les mesures de rigueur employées par l'autorité civile
POUR CHAQUE JOUR DE l'ANNÉE 333
contre les schismatiques, ne cessa de prier Dieu de ramener à la paix et à l'unité tous les rebelles, ce qu'il obtint de la part du Ciel.
Délivré de la crainte du schisme, Damase s'appliqua tout entier à éteindre en Occident les restes de l'arianisme, et à prévenir les progrès de l'apollinarisme en Orient. Il tint à ce sujet plusieurs conciles dans lesquels les hérétiques furent solennellement condamnés.
Ce Pape, plein d'humilité et très charitable, s'occupait sans relâche à maintenir la pureté de la foi : les Ariens ont aussi relevé l'innocence de ses mœurs et son savoir peu commun. C'était, selon saint Jérôme, un docteur vierge d'une Église vierge. Il mourut le 10 décembre 384, à l'âge de quatre-vingts ans, après avoir vaillamment combattu pour la foi et mené une vie pleine de bonnes œuvres.
Réflexions pratiques.
Les guerriers, dit saint Cyprien, courent avec ardeur au combat, parce qu'ils espèrent obtenir quelque glorieuse récompense, qui sera la marque de leur valeur et le trophée de leur victoire. C'est ce que n'a cessé de faire le vaillant Pontife saint Damase. Tonte sa vie il a lutté contre les ennemis de la foi, et constamment il a triomphé de leur fureur. Nous aussi, "comme chrétiens, nous avons un combat à soutenir. L'ennemi du salut nous fait la guerre par l'appât du plaisir, par les séductions du monde qui nous convie à ses fêtes, par les railleries et les sarcasmes des méchants qui veulent nous ravir la foi. Préparons-nous à la lutte parla prière, par une
vie innocente et pure. Quoi de plus glorieux que de combattre pour Dieu, sous ses étendards et en sa présence ! Quoi de plus sage que de sacrifier la terre pour le Ciel ; que de quitter les hommes pour entrer dans la société des Anges I que de participer aux souffrances de Jésus-Christ, pour devenir participant de sa gloire! Songeons que la couronne immortelle ne ceindra le front que de celui qui aura vaillamment combattu jusqu'à la fin. Seigneur I aidez-nous à vaincre le démon, le monde et nos passions et à vous être fidèles jusqu'à la mort.
Plan de méditation»