‹ Un modèle pour chaque jour de l'annéeChapitre 46 sur 68 · I. Dévouement constant de Damase au pape Libère, exilé · texte numérisé non relu

I. Dévouement constant de Damase au pape Libère, exilé

II. Conduite pleine de douceur de Damase, devenu Pape, à l'égard : 1° des schismatiques, ses ennemis personnels; 2*^ des hérétiques ; 3" du maintien de la discipline ecclésiastique.

m. Grand service rendu à l'Église par le pape Damase en encourageant les travaux de saint Jérôme.

SAINT SPIRÏDION, Berger, puis Evêque

12 décembre.

Saint Spiridion, originaire de Tîle de Chypre, vint au monde vers le miheu du troisième siècle, de parents pauvres, mais bons chrétiens. Il passa son enfance et sa jeunesse à garder les moutons au milieu des bois. La solitude était pleine de charmes pour

lui. Il y goûtait Dieu, et, sans autre maître que l'Esprit-Saint, il apprit, non pas les lettres humaines, mais la science des saints, et il devint profond dans les Écritures. Quand il fut en âge, ses parents le poussèrent au mariage ; mais il mena dans cet état, où tant d'autres se perdent, une yie parfaitement chrétienne, et il continua de se livrer à la garde des troupeaux. Il aimait cette condition, parce qu'elle lui fournissait Toccasion de converser avec Dieu et de ne le perdre jamais de vue.

Sous les persécutions de Maximien, Spiridion fut arrêté. Ce vertueux berger faisait ombrage aux dieux de l'empire, et comme il refusa de leur offrir son encens, il fut condamné aux mines, après avoir eu l'œil droit arraché et le jarret gauche coupé. Il y demeura jusqu'à la mort du tyran et revint alors en Chypre, où il reprit alors la garde de ses brebis. Dieu donna à notre Saint une fille appelée Irène, qui resta vierge toute sa vie et vécut toujours auprès de lui. Doué d'une excessive piété, Spiridion ne savait que pardonner les offenses qui lui étaient faites. Le trait suiyant en est la preuve.

Des voleurs, étant venus pour enlever une partie de son troupeau, furent arrêtés par une main invisible, en sorte qu'ils ne purent exécuter leur dessein, ni même s'échapper. Spiridion, qui les trouva le matin en cet état, pria pour eux et leur rendit la liberté. Après les avoir exhortés àchanger de conduite, il donna à chacun d'eux un mouton, en leur disant qu'il leur aurait donné ce qu'ils voulaient prendre s'ils le lui eussent demandé.

La vertu de Spiridion jetait tant d'éclat qu'il acquit

une grande réputation de sainteté. Aussi à la mort de l'évoque de Trimythonte, le clergé et le peuple l'élurent comme pontife. Le modeste berger s'y opposa, représentant son ignorance et sa simplicité; mtiis on ne l'écouta point, et il fut ordonné diacre, prêtre, puis évêque. Sa conduite pleine de sagesse et de piété, justifia bientôt un tel choix. Il continua son même genre de vie, et sut allier les fonctions de l'épiscopat avec les travaux de la campagne. Son diocèse était fort petit et ceux qui l'habitaient étaient pauvres. Il y avait plusieurs idolâtres ; mais ceux qui professaient le christianisme menaient une conduite •fort régulière. Spiridion fit deux parts de son revenu ; il en donnait une aux pauvres, et il réservait l'autre pour l'entretien de son église et de sa maison. Il prenait encore sur cette seconde part de quoi prêter à ceux qui se trouvaient dans des besoins imprévus. Sa fille Irène mourut avant lui. Une personne avait confié à cette pieuse vierge un riche dépôt, à l'insu de son père; on le réclama. Spiridion ne le trouvant point, alla au tombeau de sa fille lui demander oi!i étaient les objets qui étaient déposés entre ses mains. Elle répondit du fond de son cercueil et indiqua le Heu précis où ils étaient cachés, a Ma fille, dit alors le saint évêque, reposez en paix. » Les miracles suivaient les pas du vertueux prélat. Sortant un jour de sa maison pour aller à l'église, une femme étrangère, étoufi'ée par la douleur, ne parlant que par ses gémissements, ses sanglots et ses larmes, se jette à ses pieds, lui présentant son enfant mort. Touché de compassion, il pria Dieu, et lui rendit son enfant plein de vie.

Bien que Spiridion eût peu étudié les lettres humaines, il avait néanmoins acquis une grande connaissance de l'Écriture, et était pénétré de respect pour la parole de Dieu. S'étant trouvé dans une assemblée des évêques de Chypre, on pria Triphile, évêque de Lèdres, défaire un discours : Ce prélat, ayant cité un passage de l'Écriture, changea un mot pour un autre qu'il croyait plus élégant. Spiridion se leva, l'en reprit avec humilité, disant qu'il ne convenait pas à un orateur, quel qu'il soit, de changer les termes employés par l'Esprit-Saint.

Ce digne vieillard faisait à pied toutes les visites de son diocèse, son livre de prières sous le ;bras et son bâton à la main ; sa pauvreté, sa simplicité, loin de nuire à sa considération, prosternaient tout le monde à ses genoux; il répandait sur eux les bénédictions et souvent les prodiges.

Spiridion assista au grand concile de Nicée, et y convertit, par la seule force de sa parole, un philosophe qui se flattait de confondre, par la subtilité de ses sophismes, la foi des chrétiens. 11 prit également part au concile de Sardique, où il soutint la cause du grand Athanase. Il mourut peu de^temps après, et son âme, chargée de mérites, s'envola au scindes récompenses éternelles, en 347, le 12 décembre.

Réflexions pratiques.

La vie extraordinaire de saint Spiridion nous prouve qu'on peut se sanctifier dans les plus humbles comme dans les plus sublimes [conditions. Simple berger, il s'élève à la pratique des plus sublimes vertus. II ouvre sa porte à tous les malheureux et

les accueille avec la plus cordiale charité; il est un ange de consolation pour tous les affligés et un ange d'édification pour tout le monde : aussi Dieu le favorise-t-il du don des miracles. A sa voix les malades sont guéris, les démons sortent du corps des possédés; par ses prières il fait tomber une pluie bienfaisante sur les champs, et met en fuite le fléau de la peste et de la famine. Oh ! qu'un simple berger est puissant quand il a la sainteté en partage ! Que de bien il peut faire autour de lui dans sa vie toute obscurci

Mais par une permission secrète de la Providence cet humble conducteur de brebis est-il élevé à la condition de pasteur des âmes, Dieu lui communique le secret de les conduire, dans les sentiers de la justice avec une douceur et une fermeté extraordinaires. Jamais évêquene fit tant de bien à son troupeau et ne mena au Ciel de plus nombreuses âmes. Oh! que d'ingénieuses et puissantes industries communique la sainteté à celui qui la possède! Soyons saints nous-mêmes et nous ferons autant de bien aux autres qu'il sera possible de nous en faire à nous.

Plan de méditation,

I. Par sa douceur la grâce a fait dans Spiridion, d'un pasteur de brebis un pasteur d'hommes.

II. Par sa force, elle l'a conduit à ses fins 1° aux épreuves du martyre; 2° aux vertus de l'épiscopat.

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