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II. L'usage que nous devons en faire

SAINT THOMAS, Apôtre 21 décembre.

L'Apôtre saint Thomas , appelé aussi Didyme , c'est-à-dire en grec Jumeau, était Juif et Galiléen de naissance. Comblé des plus beaux dons de la nature, il le fut plus encore de ceux de la grâce. Dès son plus bas âge, il exerça l'humble profession de pêcheur. Après avoir vaqué à son métier, au lieu d'aller se divertir avec les enfants de sa condition et de son âge, il se retirait au temple ou dans quelque lieu écarté pour y puiser dans les livres cet esprit de piété et de religion qui devait le rendre digne d'être un jour un des plus généreux et des plus fervents disciples du Sauveur du monde. Telle fut l'enfance et la jeunesse de Thomas avant qu'il fût appelé à l'apostolat. Le Seigneur ne tarda pas de lui faire cette grâce.

Ayant entendu parler des merveilles qu'opérait le Sauveur, il le suivit dès la première année de sa pré-

dication, et la seconde année, le divin Maître le choisit pour être un des douze Apôtres. Il se montra digne de cette haute mission par la candeur et la simplicité de son âme et par l'ardeur de son amour pour le Sauveur. Il en donna une preuve bien frappante au moment où Jésus voulut aller à Béthanie pour ressusciter Lazare. Les autres disciples en détournent le divin Maître : « Les Juifs cherchent à vous lapider, lui disent-ils, et vous allez à eux? » Aussitôt Thomas s'écrie : « Allons aussi nous autres, afin de mourir avec lui. » — A la dernière Cène, quand Jésus dit à ses disciples : « Je m'en vais, vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. » Thomas, qui désirait ardemment de le suivre, lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où vous allez; comment en saurons-nous la voie ? » Le Sauveur lui répondit : « Je suis la voie, la vérité et la vie. » Notre -Seigneur, après sa résurrection, ayant apparu à ses disciples assemblés pour les convaincre qu'il était sorti vivant du tombeau, Thomas n'était point avec eux; et quand ils lui annoncèrent que le Sauveur était ressuscité, qu'ils l'avaient vu, il n'y voulut point croire. « Si je ne mets mon doigt dans ses mains percées de clous, et ma main dans son côté percé d'une lance, je ne le croirai pas ! » Jésus-Christ, par une condescendance admirable pour la faiblesse de cet Apôtre, apparut de nouveau à ses disciples, lorsqu'ils étaient tous réunis. Après leur avoir souhaité la paix, il s'adressa à Thomas et lui dit : « Mettez votre doigt ici et voyez mes mains. Apportez votre main, et mettez-la dans mon côté, ne soyez pas incrédule, mais fidèle. » Thomas, re-

mué jusque dans les profondeurs de son âme, reconnut sensiblement que celui qui lui parlait était son Sauveur ressuscité ; et fondant en larmes, l'Apôtre incrédule se jette à ses pieds en s'écriant : « Mon Seigneur et mon Dieu ! w

Après la dispersion des Apôtres, saint Thomas alla prêcher l'Évangile en Orient. Il eut, dit-on, le bonheur d'y rencontrer les Mages qui étaient venus au berceau de TEnfant-Dieu, de les baptiser et de les associer au mystère évangélique. Il parcourut ensuite le grand empire des Parthes et sema la foi dans ses immenses provinces. Puis il passa dans les Indes, où il forma une chrétienté florissante. Le saint Apôtre paraît avoir vécu jusqu'à un âge très avancé, et avoir évangélisé toutes les contrées de l'Orient. Il termina glorieusement sa vie par le martyre.

Réflexions pratiques,

Jésus permit que saint Thomas refusât d'ajouter foi au récit des Apôtres, pour nous laisser un témoignage encore plus certain de sa résurrection. Heureuse incrédulité propre à vaincre la nôtre, parce qu'elle nous garantit la sévérité ae l'examen des disciples, et qu'elle nous apprend qu'ils n'ont pas été le jouet d'une crédulité précipitée. — Mais dès que l'Apôtre eut touché les plaies sacrées de son divin Maître, sa foi se ranima et il la manifesta par ses bonnes œuvres en portant l'Évangile aux pays les plus reculés et en la scellant de son propre sang. Grois-je bien toutes les vérités de la religion? Et ma conduite est-elle en harmonie avec ma foi? La véri-

table foi combat les sens et leurs désirs coupables ; elle mortifie et détruit les passions criminelles ; elle condamne le monde et ses plaisirs dangereux; elle enseigne que le ^bonheur ne se trouve que dans le mépris de nous-mêmes, dans l'humilité, la patience, la douceur, la pauvreté et les souffrances. Ai-je cette foi? Si je la possède, je dois donc marcher dans la voie étroite qui conduit à la vie par les tribulations, les violences et les sacrifices. Est-ce bien là ce que je fais lorsque je me plains que la vertu est trop difficile à pratiquer, et que je perds le Ciel et la grâce de Dieu plutôt que de me priver d'une liaison dangereuse et d'un plaisir coupable? — Mon Dieu I donnez-moi, par l'intercession de saint Thomas, une foi vive et agissante, et faites que je sois toujours fidèle aux enseignements de l'Église.

Plan de méditation.

I. L'impression que firent sur saint Thomas les plaies de Jésus-Christ.

II. L'impression que ces mêmes plaies doivent faire sur nous. (M. Hamon.)

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