II. Quel est le sort du prêtre
SAINT SYLVESTRE, Pape
31 décembre.
Saint Sylvestre, destiné par la Providence à gouverner l'Église lorsqu'elle commençait à triompher de ses persécutions, et dans les premières années de sa prospérité temporelle, eut Rome pour patrie. Sa famille était opulente et considérée. Il perdit son père de bonne heure. Sa vertueuse mère prit un grand soin de son éducation. Elle le mit sous la conduite d'un prêtre aussi recommandable par sa sainteté que par ses talents, atin qu'il le formât égale-
lement aux sciences et à la piété. L'élève s'efforça de suivre et d'imiter les vertus de son précepteur. Quand il fut en âge de disposer de ses biens, il se dévoua aux bonnes œuvres ; son plaisir était de recevoir les fidèles étrangers qui venaient visiter les tombeaux des saints Apôtres. Il allait les chercher aux portes de Ha ville ; il les amenait dans sa demeure, il leur lavait les pieds et leur servait à manger; enfin, il leur donnait au nom de Jésus-Christ tous les soins de la plus sincère charité. Il eut l'honneur de recevoir ainsi Timothée d'Antioche, dont le zèle fit un martyr illustre. Pendant un an, ce remarquable confesseur de la foi parcourut librement Rome, arrachant les païens à l'erreur et confirmant les chrétiens dans la voie du salut. Mais un jour il fut pris et conduit aux bourreaux qui, ne pouvant le vaincre, le firent mourir au milieu des plus cruels tourments. Son corps fut secrètement recueilli par Sylvestre et déposé dans un riche monument que les aumônes d'une sainte femme lui avaient permis d'élever. Dès lors le préfet de Rome soupçonna Timothée d'avoir laissé d'immenses richesses ; il résolut de s'en emparer. Il fit comparaître Sylvestre à son tribunal et lui dit : « Adore à l'instant nos dieux et remets-nous ces trésors que t'a laissés Timothée si tu veux sauver ta vie. — Insensé ! tu n'exécuteras pas tes menaces, car cette nuit même on t'arrachera la vie, et tu reconnaîtras malgré toi que le seul vrai Dieu est celui que les chrétiens adorent. » Le courageux confesseur fut jeté en prison, et le Préfet, pour dissiper ses funestes appréhensions, alla se livrer aux folles joies d'un
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festin. C'est là que Dieu l'attendait. Au milieu de l'orgie une arête de poisson demeura dans sa gorge, et il expira malgré tous les soins qu'on lui prodigua. Les officiers qui avaient entendu la prédiction de Sylvestre, craignant un pareil châtiment, vinrent le délivrer de ses chaînes et le rendirent à l'Église.
La conduite édifiante de Sylvestre le fît admettre dans le clergé. Le pape saint Melchiade l'ordonna prêtre à l'âge de trente ans. Cette dignité donna un nouveau lustre à sa haute vertu : ses mœurs pures, sa piété fervente, sa conduite mortifiée, son zèle ardent, mais plein de prudence, le rendirent infiniment utile à l'Église. Il avait la modestie d'un ange, il parlait comme un sage, ses conseils étaient toujours sûrs ; sa foi était pure de toute erreur et sa charité allait jusqu'à l'excès. 11 lutta contre les Donatistes avec une habileté et une force admirables, déjouant leurs intrigues, démasquant leur hypocrisie, réfutant leurs sophismes, sans s'effraj-er de leurs calomnies et de leur persécution. Toute leur malice ne servit qu'à mieux faire connaître son mérite. On le connut si bien, que le pape saint Melchiade étant mort, l'an 314, il fut élevé d'une commune voix sur le siège de saint Pierre. — Ne pouvant plus, comme autrefois, aller au-devant des pèlerins pour leur offrir une charitable hospitalité, il n'oublia pas les malheureux. Il avait près de lui la liste de tous les orphelins, de toutes les veuves et de tous les indigents de Rome, et chaque jour il leur envoyait ce dont ils avaient besoin.
Sous le pontificat de saint Sylvestre eut lieu le baptême de l'empereur Constantin. Ce prince, vain-