‹ Un modèle pour chaque jour de l'annéeChapitre 63 sur 68 · FÊTE DU SAINT ROSAIRE · texte numérisé non relu

FÊTE DU SAINT ROSAIRE

Premier dimanche d'octobre.

Le premier dimanche d'octobre est consacré à la célébration de la fête du Saint Rosaire. Cette solennité sainte fut établie par les souverains pontifes en mémoire de la victoire insigne de Lépante, remportée sur les infidèles par une protection visible de la très Sainte Vierge. En voici l'origine et l'objet :

1° Origine, Vers le milieu du treizième siècle, l'héï'ésie des Albigeois étendait ses ravages dans le midi de la France. Déjà, pour comprimer l'erreur et en arrêter les progrès, les souverains pontifes avaient tenté tous les moyens ; les rois eux-mêmes, menacés dans leur légitime autorité , avaient envoyé leurs plus vaillants capitaines, mais tous les efforts réunis étaient demeurés jusque-là sans succès. Saint Dominique, après avoir longtemps et inutilement prêché contre ces âmes endurcies dans le mal, se retira

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dans une chapelle de la très Sainte Vierge, près d'une forêt solitaire , oti il passa trois jours en prières, demandant avec larmes, à la Reine du Ciel, secours et assistance contre les ennemis de la religion et de la patrie. Ce fut là que la Mère de miséricorde lui apparut toute rayonnante de majesté et lui révéla, la dévotion du Saint Rosaire. « Sache, ô mon filsl dit-elle, que le moyen dont l'adorable Trinité s'est servie pour le salut du monde, a été la Salutation angélique. Si donc tu veux vaincre ces cœurs endurcis, prêche mon Rosaire, tu en obtiendras les plus heureux effets. » Saint Dominique devint aussitôt l'apôtre du Rosaire; il en enseigna au peuple la méthode et l'esprit, et Teffet de ses prédications fut vraiment prodigieux. En peu de temps, cent mille hérétiques sont ramenés au giron de l'Église, une multitude de pécheurs convertis, la face d'une partie de la France et de l'Espagne renouvelée. Dès ce moment, cette admirable dévotion se répandit avea rapidité, produisit partout les fruits les plus abondants, et elle est aujourd'hui la pratique favorite des vrais enfants de Marie.

On connaissait, avant saint Dominique, la pieuse pratique du Chapelet; mais ce fut lui qui ajouta, à la récitation de cette prière, la méditation des mystères de la vie de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge. Le Rosaire, en son entier, consiste dans la récitation de quinze dizaines de Ave Maria, accompagnée de la méditation de chacun des cinq mystères joyeux, douloureux et glorieux qui rappellent la naissances, les souffrances, la mort, la résurrection, l'ascension du Sauveur, la descente du Saint-

Esprit, rassomption et le couronnement de la très Sainte "Vierge dans le Ciel. Aucune pratique de piété n'est plus vénérable dans son origine : car elle a été inspirée de Dieu, et marquée par Marie ellemême, à l'un de ses plus illustres serviteurs, comme lui étant souverainement agréable et éminemment propre, plus que toute autre, à procurer l'édification et le salut des âmes. Quel respect et quelle estime ne doivent donc pas avoir les serviteurs de la Mère de Dieu pour la dévotion du Saint Rosaire !

Le mot rosaire veut dire couronne de roses. Les fleurs fraîches et odorantes qui la forment, sont les plus belles prières qui la composent : le Credo^ sublime profession de notre foi; VOraison dominicale, la prière la plus parfaite que le chrétien puisse adresser à Dieu; la Salutation angéUque^ le délicieux cantique du Ciel, la première annonce de la Bonne Nouvelle ; le Gloria Patri, le refrain éternel des chœurs des anges et des saints. Le Rosaire est la prière la plus agréable à la très Sainte Yierge et la plus facile pour tous. C'est la dévotion commune aux grands et aux petits, aux riches et aux pauvres, aux savants et aux ignorants.

2° But du Rosaire. Cette dévotion a pour but d'honorer les principaux mystères de la vie du Sauveur et de sa sainte Mère ; on en a choisi quinze principaux, un à méditer pendant chaque dizaine.

Ces mystères sont divisés en trois classes : les mystères joyeux, douloureux et glorieux. Cette division partage le Rosaire en trois parties, dont chacune forme ce qu'on appelle un chapelet. Les fruits de sainteté que cette admirable dévotion a produits

dans les âmes sont immenses. Il n'est personne qui, l'ayant pratiquée avec foi et amour, n'en ait ressenti les merveilleux effets. Aussi l'Église l'a-t-elle enrichie du trésor de ses grâces, et le Ciel l'a-t-elle autorisée par d'éclatants miracles. Oh I combien cette dévotion est sainte, respectable et précieuse ! Combien elle doit nous être chère I

Il est diverses manières de bien dire dire le chapelet : la première, c'est de nous attacher au sens des paroles, de les goûter, de nous en pénétrer. Elles sont si belles, si touchantes, ces paroles ! La seconde manière, c'est de nous occuper des mystères du Rosaire, qui ont été tour à tour, pour Jésus et Marie, un sujet de joie, de douleur et de gloire. N'y a-t-il pas matière abondante et variée à nos méditations dans tous les grands mystères qui résument toute la vie du Sauveur et de notre Mère ? La troisième manière, c'est de nous proposer, à chaque dizaine, une intention particulière qui, occupant l'esprit et le cœur, prévienne l'ennui et les distractions : par exemple, la conversion d'un pécheur, le soulagement d'un malade, la délivrance d'une âme du purgatoire. Avons-nous eu recours à ces divers moyens pour bien dire le chapelet (1) ?

Réflexions pratiques.

Le chapelet, c'est le livre de l'aveugle dont les yeux sont [à jamais fermés à la lumière du jour, mais dont les regards de l'âme sont ouverts aux mystères de la vie éternelle. Le chapelet, c'est le livre du pauvre, c'est le livre du laboureur auquel

(1) M. Berlioux.

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l'indigence ou le travail n'ont point permis d'apprendre les lettres qui sont les signes de la pensée humaine. C'est le livre de l'humble fille de la campagne qui s'en va garder son troupeau sur la lisière du bois. C'est le livre du malade qui se console en invoquant Marie sur son lit de souffrances. C'est le livre de la vieillesse dont les yeux se ferment chaque jour de plus en plus aux réalités de ce monde, pour s'ouvrir bientôt aux splendeurs de réternité. C'est le livre du soir, de la nuit, lorsque les yeux ne peuvent plus fixer l'attention de l'esprit sur aucune lecture. — Donc, efi'euillons souvent, effeuillons cette magnifique couronne de roses en l'honneur de Marie. Donc, qui que nous soyons, répétons-lui souvent cette prière qui la comble de joie : Je vous salue, Marie. Et le sourire de notre Mère répondra toujours à nos prières, ses vertus, comme un parfum, descendront dans notre cœur pour le fortifier et l'embaumer; et, comme on le disait naïvement au moyen âge, Marie cueillera sur nos lèvres une rose fraîche et pure , chaque fois qu'elles s'ouvriront pour dire VAve Maria. Ne craignons pas que la répétition de cette même prière devienne fastidieuse à son cœur : une reine ne s'ennuie jamais de ces mille et mille vivats qui saluent son passage ; une mère ne s^ennuie jamais d'entendre dire à ses enfants qu'elle est belle, qu'elle est bonne, qu'ils l'aimçnt et la vénèrent, car, comme on l'a si bien dit, l'amour n'a qu'une parole et, en la disant toujours, il ne se répète jamais (1).

(1) P. Souaillard.

Plan de méditation.

Excellence du chapelet. Cette excellence ressort : l*' des prières qui le composent ; 2° de l'autorité de l'Église qui a encouragé cette pratique par beaucoup d'indulgences ; et 3° de l'autorité de Dieu qui l'a confirmée par de nombreux miracles; 4" enfin, des rapports qui nous lient à la Sainte Vierge.

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