‹ Un moine et un savant, Dom Jean Mabillon [microform]: religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-MaurChapitre 31 sur 43 · ÉDITION BÉNÉDICTINE DES ŒUVRES DE SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

ÉDITION BÉNÉDICTINE DES ŒUVRES DE SAINT AUGUSTIN

nous ceux qui auraient été trompés par la lecture des libelles dont il s'agit. Car que n'ont-ils pas essayé, les auteurs de ces libelles, pour rendre notre foi suspecte, pour nous décrier comme coupables de l'hérésie jansénienne malgré les défenses des papes, les déclarations du roi et les ordonnances de M. l'archevêque de Paris qui défendent d'appliquer à personne ces qualifications odieuses.

« Ces qualifications, nous les méritons d'autant moins que nous n'avons jamais soutenu aucune des propositions condamnées ; et qu'au contraire, nous les avons sincèrement condamnées et du fond du cœur, toutes et chacune en particulier.

« Gomment appeler cette conduite de nos adversaires? N'est-ce pas vouloir encore troubler la paix de l'Église qui a coûté tant de soins, tant de sollicitude aux papes et au roi? N'est-ce pas résister ouvertement aux constitutions des uns et aux déclarations de l'autre? N'est-ce pas introduire le schisme dans l'Église, sévir contre les membres de Jésus- Christ et les déchirer par les opprobres et par les outrages les plus injustes? »

Ce n'était pas encore cependant la fin de la lutte. Mais il faut qu'elle finisse. Le roi en a assez, il en a trop. Jésuites, Bénédictins et autres, tout le monde devra se taire et à tout le monde il le fait signifier en ces termes énergiques, d'une brutale énergie, par Tarchevêque de Paris :

« Très expressément il était ordonné de la part de Sa Majesté de ne plus parler et écrire sur leurs contestations et de supprimer de bonne foi tous les écrits qu'ils ont faits à cette occasion.

« Sa Majesté veut que vous leur fassiez bien entendre qu elle veut en cela être obéie très ponctuellement et qu'elle ne pourrait s'empêcher de donner des marques de son indignation à ceux qui contreviendraient à sa volonté; et elle entend qu'en donnant des ordres aux supérieurs, c'est

les donner aux particuliers qui composent ces deux communautés. Ainsi, supposé que quelques-uns des religieux tombassent en faute à cet égard, ce ne serait pas une excuse recevable pour ces supérieurs de dire qu'ils n'en avaient pas connaissance. »

Par ordre, Dom Mabillon dut substituer à la préface incriminée qui avait fait parler d'elle et de lui presque autant que naguère le Traité de la Jréquente communion d'Antoine Arnauld, une autre préface. Elle parut au seuil du onzième et dernier tome de l'édition des œuvres de saint Augustin. Elle ne satisfit sans doute pas plus tout le monde que son aînée, mais elle eut pour elle et M. de Meaux, et M. de Paris, et M. de Reims, et M. de Rennes. Le premier proclamait qu'il en était charmé, le second qu'il était impossible de mieux s'y prendre et qu'il fallait laisser gronder les mécontents, le troisième qu'il n'était rien parti de meilleur de la plume du bénédictin, le dernier qu'elle faisait infiniment d'honneur à son auteur. Le confesseur du roi, le Père de la Chaise, se montrant de son côté satisfait, c'était désormais la paix, la paix dans l'honneur.

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