I.E JEU DE 1»j1]IIEjS arabe
Je passai près de la tente des spahis. Ils m'invitèrent avec instance à prendre une tasse de café. J'acceptai, pris place au milieu d*eux et offris des cigares. Depuis un certain temps, ils ne me traitaient plus en roumi (Français non sympathique). Ils reprirent le fil de la conversation, brisé par mon arrivée. Une partie de dames était engagée dans un coin. Voyant que je suivais ce jeu avec intérêt, un des partenaires me céda sa place.
Le jeu arabe est composé de pions ayant à peu près la forme pour l'un des partenaires, des pions du jeu d'échecs; pour l'autre, des tours. Les dames se font comme dans la partie française et possèdent les mêmes prérogatives. Ce qui distingue la manière arabe, c'est qu'on ne prend pas en rebroussant chemin. Cela donne à ce jeu un caractère tout à fait original. Les indigènes sont très forts. Nous avons rarement gagné, même en jouant contre de tout jeunes gens.
Cette fois, je fus battu plus facilement encore que d'habitude : j'étais distrait par la conversation qu'on tenait à mes côtés. Elle était dans le goût de celles des mille et une nuits, populaires en France. Je trouvai un de ces récits si curieux que j'en pris note.