‹ Un mois dans le SaharaChapitre 26 sur 30 · ESCORTE, POUR I.E FAIT D'ARMES 1»U · texte numérisé non relu

ESCORTE, POUR I.E FAIT D'ARMES 1»U

DJEBEI.-MADOR.

Le lendemain, tout en fesant route vers Tiaret, nous apprîmes que cette affaire, par suite des rapports arrivés de tous côtés de la province, avait des proportions plus grandes encore que celles que nous pensions. Nous sûmes qu'une colonne expéditionnaire était sortie de Mascara à la recherche du chérif et que les gounis se réunissaient à Tiaret.

Bientôt notre marche fut triomphale : le goum de l'agalik de Tiaret, conduit par l'agha, vint se joindre à notre suite, et, en sortant d'un pli de terrain, nous trouvâmes M. le commandant supérieur suivi d'un escadron de spahis auquel il avait fait prendre les armes pour venir à notre rencontre. Alors il y eut un moment d'effusion générale. On donna force compliments à M. G. .. pour son action glorieuse, mon frère m'embrassa bien tendrement, et la colonne se remit en marche.

Je n'avais jamais assisté à pareil spectacle. Moi qui n'avais été jusqu'alors qu'en serre-file d'un peloton de la garde nationale de Lille, je me trouvais fesant personnage, dans un bi'illant élatiiiajor, à la tête de plusieurs centaines de cavaliers : n'y avait- il pas là de quoi faire tournoi' la tête à un ancien caporal de la sixième du second ?

Les cavaliers arabes exécutèrent en notre honneur la fantasia

sur les flancs de la colonne, jusqu'à notre arrivée à Tiaret. Nou fîmes notre entrée dans la redoute en défilant devant la garniso; qui avait pris les armes pour la circonstance, aux acclamation des habitants montés sur les remparts.

Chacun autour de nous avait donc été heureux dans cette jour née. Sauf le pauvre vaincu, le marabout. Il avait été, suivant 1; coutume arabe, empaqueté dans des burnous et placé sur un mu let du convoi de bagages. M. G. . . avait veillé à ce qu'on pansa ses blessures et à ce qu'on eût de lui le plus de soins possible Mais le malheureux devait souffrir affreusement pendant 1 marche. Enfin, vers la hauteur du Djebel-Sidi-Habet, nous ap prîmes avec tristesse qu'il venait de mourir.

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