‹ Un mois en Allemagne. NauheimChapitre 12 sur 54 · RENSEIGNEMENTS PRATIQUES · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

La santé, à Nauheim, coule des lèvres de trois médecins et de l’orifice de six sources principales :

Les médecins sont : MM. Benèque, Bodé, Everard.

Les sources sont : le Friedrich - Wilhelm , en français : Frédérick-Guillaume; — le Grosser-Sprudel , traduisez: Grand-Jet-d’Eau; — le Kleiner-Sprudel , ou Petit-Jetd’Eau, d’une part ;

Le Kurbrunnen , — le Salzbrunnen , — YAlkalischer - Sauerlincj , d’autre part.

Voilà bien nos six naïades.

Les trois premières servent pour le traitement extérieur.

Les trois autres serviraient pour la médication inté— rieure* si la dernière, l’Alkalischer-Sauerling servait à

quelque chose. Jusqu’à présent on en a négligé, à tort ou à raison, l’application.

Les buveurs puisent presque tous au Kurbrunnen ; plus rarement au Salzbrunnen.

Les trois médecins de Nauheim sont des hommes du plus grand mérite.

Tous trois savent le français. Le plus jeune des trois, M. Benèque, possède bien la plus aimable et la plus spirituellement douce physionomie qu’on puisse voir. L’air d'un gentleman, et avec cela un vrai savant. Professeur à l’université de Marbourg, il est envoyé par son gouvernement à Nauheim, pendant l’été. Il y représente donc, depuis deux ou trois années, la médecine officielle.

C’est entre ses mains que nous avons été remis, et nous n’avons cessé de nous en féliciter. Sa prudence est extrême. Il possède un mérite bien rare parmi les médecins spécialement attachés à des sources quelconques, il n’est pas fanatique de ses eaux, il ne se pique pas d’avoir à Nauheim la panacée.

Le docteur Bodé est à Nauheim depuis que Nauheim existe pour la médecine. C’est l’homme de Nauheim. C’est Nauheim fait homme. 11 a le titre d’inspecteur des sources.

Il est l’auteur d’un travail sur Nauheim, écrit en allemand, et publié à Cassel en 1853. J’y ai puissé abondamment et sans scrupules. Tous ce que vous trouverez ou avez trouvé dans le présent volume qui ne soit pas bavardage et impressions personnelles, tous les renseigne-

nements médicaux, — après les avoir contrôlés quant aux résultats par ma propre expérience, — je les emprunte à M. le docteur Bodé, ou à son confrère de Paris, M. le docteur A. Rotureau, membre de la Société d’hydrologie médicale parisienne, qui a publié en 1856

une Etude sur les Eaux minérales de Nauheim , avec considérations et analyses chimiques par M. Ad. Chatin, professeur à l'École supérieure de pharmacie de Paris, membre de l’Académie impériale de médecine, et cœlera.

La brochure de M. Rotureau a pour nous autres ignorants l’avantage inappréciable d’être écrite en français.

Toutes les fois que l’occasion s’en est présentée dans le cours de ce voyage à la plume à travers mes souvenirs de Nauheim , j’ai pillé tant chez M. Rotureau que chez M. Bodé. J’ai pris mon bien où je le trouvais.

— A-t-on assez abusé, depuis Molière, de ce mot-là ? — Quoi qu’il en soit, je prie ces messieurs de vouloir bien recevoir ici, une fois pour toutes, mes remercîmcnts et mes excuses pour m’être éclairé de leurs lumières avec un pareil sans façon.

Le troisième médecin de Nauheim est M. Everard,

— ultimus non minimus. — C’est le troisième dans l’ordre où se sont présentés mes souvenirs. Voilà tout. Je n’ai nullement prétendu établir de comparaison entre le mérite des fils d’Esculape attachés aux sources de Nauheim. Je les ai vus tous trois à l’œuvre, égaux en dévouement et en clientèle.

M. Everard cumule avec ses fonctions de médecin la ignité de propriétaire. Sa maison, au coin de Haup-

Strasse, est des mieux situées et des plus confortables. On y parle français : French spoken here, commodité trop rarement offerte à leurs locataires par les propriétaires d’immeubles aux eaux de Nauheim.

Il faudra pourtant qu’ils se décident à parler un peu notre langue, ou du moins celle du baron de Nucingen, dans Balzac. Celle-ci suffit à la rigueur. D’ailleurs, il est juste que chacun y mette du sien. Les locataires, de leur côté, s’exerceront à comprendre ce patois , bâtard du français : le Nucingen : les propriétaires à le parler.

Mais il restera toujours aux malades qui auront pu trouver place dans la maison de M. le docteur Everard l’avantage, inappréciable dans certains cas, de demeurer sous le même toit que leur médecin.

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