UNE LACUNE A COMBLER
On trouve à Nauheim, en fait do bains, ce que l’on chercherait vainement ailleurs. Ce qui se trouve partout n’y est pas, en revanche, et c’est mal.
Cela prouvo une fois de plus combien est menteur ce proverbe : « Qui peut le plus, peut le moins. »
Vous ne trouvez pas à prendre là-bas un simple bain de propreté à l’eau claire et au son, voire au savon.
Cependant, il ne vient pas que des malades, et l’on doit supposer qu’il no vient, malades ou bien portants, que des gens habitués à se baigner quand le cœur leur en dit.
L’eau salée no peut pas plus remplacer l’eau douce que le médecin ne tient lieu de blanchisseuse. Celle-ci doit laver, celui-là doit guérir.
Il n’y a pas, dans toute la ville de Nauheim, de ther-
mes ouverts aux gens bien portants qui désirent être propres, catégorie intéressante , et dont il ne faut pas sacrifier entièrement les habitudes aux besoins des malades.
Il n’y a guère moyen , même avec des protections, d’obtenir de l’eau tiède, banalement tiède et douce pour remplir les baignoires, habituées aux prouesses de l’eau minérale. Si vous risquez une pareille demande, le garçon attaché à votre personne vous regardera comme le Pauvre regarde don Juan, quand celui-ci lui propose de blasphémer pour un écu, dans la comédie de Molière, et comme lui vous refusera le sacrilège que vous voulez acheter.
Il faut combler cette lacune dans la constitution balnéarienne de Nauheim.Le plus beau privilège du citoyen, c’est le droit à la propreté.
N’en entravons pas l’exercice.