‹ Un mois en Allemagne. NauheimChapitre 23 sur 54 · ACTION THÉRAPEUTIQUE DES EAUX · texte numérisé non relu

ACTION THÉRAPEUTIQUE DES EAUX

L’on a donné, et l’on a bien fait certes, des noms disgracieux aux diverses maladies en service ordinaire près de notre pauvre humanité. Elles ne méritaient pas mieux : j’en tombe d’accord. Mais quand on n’est pas M. Purgon, et que l’on ne parle pas à M. Argan, dit le malade imaginaire, cela rend les matières médicales assez peu tentantes pour la plume et l’on n’ose même pas les aborder. Cependant, notre travail n’aurait absolument aucune utilité, si nous n’indiquions au moins d’une manière sommaire dans quels cas l’expérience a reconnu l’efficacité des eaux de Naubeim employées comme remède. J’irai vite ; c’est un sujet qui ne m’inspire pas.

La spécialité do Nauheim, c’est avant tout la guérison des scrofules. M. le docteur Rotureau s’exprime sur ce

point avec une précision telle, que nous croyons devoir reproduire les termes qu’il emploie avec une autorité qu’ils perdraient en passant par ma bouche :

a Mes observations personnelles , dit M. Rotureau, et les documents que j’ai recueillis me permettent d’affirmer ici que les eaux de Nauheim ont la vertu de guérir la scrofule. Je parle avec assurance mais sans exagération; car si des guérisons accidentelles, dues à la simple influence des chaleurs de l’été, ont pu suffire à faire la réputation de sources dans lesquelles l’analyse chimique n’a reconnu d’autres éléments que ceux de l’eau de roc, cette cause serait tout à fait impuissante à justifier les résultats obtenus à Nauheim. J’ai pu constater l’efficacité certaine des eaux sur des malades trop nombreux et trop gravement atteints pour qu’aucun doute soit resté possible pour moi ; et les milliers d’observations conservées par les médecins de l’établissement thermal viennent, au besoin, appuyer ma conviction. Chez tous les scrofuleux qui ont su persévérer et suivre un traitement régulier, la guérison a été invariablement obtenue, quelle que fût la période de la maladie, et alors même qu’arrivés au dernier degré du dépérissement et du marasme, on était obligé de se servir d’un lit pour les transporter aux sources. M. le docteur Baudé n’a pas vu mourir depuis quatorze ans un seul scrofuleux pendant la saison thermale, quelles que fussent, au moment de l’arrivée, la gravité de la maladie et ses inquiétudes. »

M. Rotureau, dans son manuel, fait suivre ces paroles si péremptoires d’une douzaine d’observations et de récits des çures obtenues dans certains cas compliqués.

1 hh

Les eaux et le gaz de Nauheim sont encore employés avec succès contre :

L’anémie chlorotique ;

Les rhumatismes chroniques ;

Les syphilides, les excès vénériens, l’impuissance;

Certaines affections du système nerveux : la phthisie dorsale, l’hystérie, certaines paralysies;

La dyspepsie, — une des maladies dont M. Purgon foudroie Àrgan , après que celui-ci a eu la légèreté de renvoyer un remède que ledit Purgon s’était plu à composer lui-même. Il menace son malade, insoumis pour la première fois, de tomber, pour sa peine, de la bradypepsie dans la dyspepsie; de la dyspepsie dans l’apepsie; de l’apepsie dans la lienterie; de la lienterie dans la dysscnterie; de la dyssenterie dans fhydropisie. Je crois que la plupart des maux mentionnés dans cette énumération comique figurent sur le catalogue des cures de Nauheim.

On y traite encore : les péritonites ;

Certaines douleurs articulaires;

Les maladies de la peau.

Sur ce dernier point, M.Rotureau rappelle combien un traitement d’un mois seulement a produit de remarquables résultats sur une jeune fille de quinze ans, Otille Herzog (de Casse!) , qui portait sur tout le corps, mais plus particulièrement sur les membres, des squammes noirâtres, imbriquées, très-rudes au toucher et entourées d’une coloration blanchâtre. La peau avait un aspect chagriné et laissait tomber par le frottement des écailles furfuracées faisant contraste avec les squammes noires dont j’ai déjà parlé.

« Sous mes yeux, pour ainsi dire, continuo le docteur, et jour par jour, la peau reprit sa souplesse et sa coloration normales. Cette jeune fille retourna chez elle complètement guérie. »

Pour plus amples renseignements, s’adresser chez le docteur Rotureau ci-dessus mentionné, et chez le docteur Baudé, si l’on sait l’allemand.

Page 1