‹ Un musicien en vacances: études et souvenirsChapitre 6 sur 14 · UN ANCIEN BOULEVARD · texte numérisé non relu

UN ANCIEN BOULEVARD

^ N des effets les plus grands, suiArant nous, dont se soit servi Walter Scott dans ses admirables romans, est celui-ci : un homme, arrivé à la maturité de Tâge, après mille traverses, mille eflfbrts, après avoir savouré les jouissances de Tamour-propre satisfait, connu le désenchantement du rêve réalisé, avoir fait en un mot, suivant l'expression favorite de Tâuteur écossais, « son chemin dans le monde, » revient à l'endroit d'où il est parti, et se retrouve, mélancolique et grave, 'dans les mêmes lieux qu'il a visités jadis, jeune et souriant au soleil levant, alors que toute destinée, quelque brillante qu'elle fût, pouvait être la sienne, que toute jeune fille, si charmante que le ciel l'eût faite, et si haut que le sort l'eût placée, pouvait être sa future fiancée, que tout roman, quelque impossible et aventureux qu'il parût, pouvait contenir son histoire, avant, en un mot, qu'il n'eût tiré son lot à cette loterie de la vie qui contient tant de billets noirs !

Ce retour vers le passé, ce pèlerinage vers des lieux chers à la jeunesse envolée, qui ne l'a pas fait au moins une fois en

sa vie ? Et qui n'a pas senti ses yeux humides en relisant le passage où Mannering, après avoir servi vingt ans son pays dans les Indes, reparaît colonel et splendidement riche devant le château d'EUangowan ? Ou bien encore ces pages éloquentes des Puritains qui racontent le retour de Henry Morton, après son voyage de Hollande, lorsque, le cœur plein de douleurs et d'inquiétudes, il revient inconnu frapper à la porte de son château de Milnwod, et qu'ainsi que le héros d'Homère, il n'est reconnu que par son chien : A bas ! A bas ! Elphin ! Seigneur Dieu, dit la vieille Alison, vous connaissez le nom de notre chien !

Avant que les embellissements modernes ne l'aient faitpresque disparaître sous leurs splendeurs, il était un endroit dans Paris admirablem^ent fait pour servir de cadre à ces idées. Nous trouvions doux, pour notre part, d'y venir à la fin du jour, et là, seul, assis sur le revers d'un fossé, d'j ouvrir au soleil couchant, copime dit Jean-Paul Richter, cet herbier du souvenir, tout rempli de plantes desséchées et de fleurs fanées.

Les lignes que nous écrivons n'intéresseront pas les jeunes gens, mais les hommes de cinquante ans et plus, parcourront de nouveau, peut-être avec quelque plaisir, ces champs et ces boulevards aujourd'hui disparus ou si profondément modifiés.

En 1829, époque la plus lointaine où nous retrouvons nos impressions d'enfance, lorsque après avoir laissé à main droite les tréteaux de Bobino, on sortait du Luxembourg par la porte de l'allée des sycomores, on se trouvait en face d'une rue aux maisons rares, laquelle débouchait sur le boulevard Montparnasse, juste en face d'un monument singulier, planté en pleine campagne et posé triangulairement derrière les arbres du boulevard ; ce monument, dont nous n'avons jamais su l'histoire, formait un carré long d'une trentaine de pieds de hauteur sur dix environ de largeur. Il était terminé par un fronton triangulaire sur la corniche duquel le grand chic était, pour les enfants de notre âge, d'arriver à loger des pierres.

Le pauvre monument, abandonné et insulté, profitait philosophiquement de ces injures quotidiennes pour orner au printemps son fronton ride de bas-reliefis et d'inscriptions, au moyen des pâles coquelicots et des folles avoines, qui consentaient à pousser dans le peu de terre végétale envoyée avec les cailloux, et augmentée de celle que lui apportait le vent, avec cette générosité dont il gratifie volontiers les monuments abandonnés.

De chaque côté de ce monument, s'étendait une plaine vaste et unie comme le fond <f un tableau hollandais. Une chaussée large et bien eïitretenue la traversait.

C'est là que passaient tout le jour les modèles favoris de Géricault:^ charrettes aux ridelles branlantes, gros chevaux normands fouaillés à tour de bras par les rouliers robustes aux longs bonnets de coton rayés, aux blouses bleues brodées de rouge aU' collet. Au bout de cette chaussée se trouvait la barrière Montparnasse, encore fermée la nuit de larges portes en Vbliges terminées en pointe, fragile précaution prise lors du siège de Paris et dont un modèle se retrouve encore dans le tableau d'Horace Vernet : la Barrière de ClicAy.

Ces portes une fois franchies, la chaussée devenait rue, et se bordait de chaque côté de restaurateurs et de guinguettes dont les arbres verts dépassaient le haut de palissades discrètes, et s'étendaient au dehors sans nul souci de l'alignement.

C'est dans le jardin de ces guinguettes que vingt ans plus tôt, les vainqueurs d'Ulm et de Wagram était venus recueillir la plus précieuse récompense de la valeur, les sourires de la beauté ! C'est à cette époque où l'on avait vu apparaître dans sa nouveauté et sur de jeunes têtes, cet affreux bonnet de tulle ruche que tant d'ouvreuses de loges et de portières ont conservé jusqu'à la vieillesse la plus reculée, sans doute par un souvenir de reconnaissance pour les succès autrefois obtenus I

Mg-is lui ! qu'il était séduisant lorsque, après avoir suspendu aux palissades du cabinet de verdure, le sabre au baudrier

bien astiqué et le bonnet militaire à la torsade blanche ou au rouge pompon, il s'enlevait les deux bras arrondis, sur Tair d'une contredanse du nègre Julien. Comme il connaissait bien le pouvoir irrésistible d'une jambe serrée dans la guêtre de coutil ! Comme il se félicitait d'avoir employé les loisirs du camp à se faire instruire dans l'art de Terpsichore par le tambourmaître, au son du fifre joué par le jeune soldat en veste blanche, aux manches surchargées de galons où le rouge vif se mêlait au rose tendre I

Qu'ils 'étaient beaux ces quelques jours de paix entre deux victoires ! On avait la poche bien garnie, le cœilr satisfait ; on travaillait à une œuvre inconnue, mais que l'on sentait utile et grande, on voyait l'avenir sans limites. Tous les jours étaient dès dimanches, l'air était plein des cris des lapins massacrés, les violons avaient à peine le temps de cirer de colophane leur archet fatigué, et pendant que dans les cabinets discrets des restaurateurs aux maisons blanche s les officiers en bourgeois traitaient quelque contemporaine amoureuse de la gloire, sous • les arbres yerts, près des soldats en fête, les femmes de chambre et les bonnes d'enfants menaient une existence pleine d'enivrement.

En 1828, tout était bien changé : leâ guinguettes, devenues silencieuses, ne se réveillaient plus que le dimanche ; leurs jardins déserts, n'étaient plus fréquentées dans la semaine que par de rares joueurs de siam, utilisant au profit de leur partie le sol battu pour la danse, devant l'orchestre muet où dormait la contre-basse ; et dans les cabinets de verdure, les tables de bois sur lesquelles les jeunes soldats avaient payé aux anciens tant de tournées, n'étaient plus guère occupées que par de vieux employés en retraite, offrant à leur femme une partie fine en souvenir d'autrefois.

Du reste, les dernières années de la Restauration nous apparaissent dans nos souvenirs d'enfant comme revêtues d'une teinte de mélancolie.

Sous un gouvernement qui ne représentait plus que les idées

et les sentiments d'un^etit nombre, en sentant le présent incertain et l'avenir inconnu, tous les regards se tournaient vers le passé, car le ciel, rouge encore au couchant, ne s'éclairait à l'orient d'aucune lueur.

C'est alors que le boulevard des Invalides prit une physionomie toute particulière ; à la gaieté relative que lui donnait jadis le voisinage de cette barrière Montparnasse que nous avons essayé de décrire, avait succédé la plus sombre tristesse.

Beaucoup plus étroit qu'aujourd'hui, planté de vieux ormes séparés par des fossés tout remplis d'herbe verle, le boulevard des Invalides formait un angle adouci, à la hauteur de la rue Oudinot ; il était bordé de chaque côté par de longs murs ; généralement peu élevés, ces murs laissaient passer la tête des tilleuls ou des marronniers, dont les fruits couleurs d'acajou, et à moitié sortis de leurs coque épineuse, jonchaient parmi les feuilles mortes le fond des sauts-de-loup assez fréquents qui séparaient ces jardins mystérieux de la chaussée du boulevard.

De temps en temps, une grille interrompait le défilé des tristes murs et laissait apercevoir quelque petit hôtel construit en reculement , à la large façade , aux colonnes plates et engagées, aux longues portes-fenêtres. Ces portes s'ouvraient parfois devant un de ces hommes, jeunes encore, aux favoris épais, à la tournure militaire, type complet de ces immortels cavaliers qui avaient tant galopé à travers l'Europe, et sur lesquels pesaient alors les lourdes heures de la non-activité.

11 venait tristement s'asseoir derrière la grille, sur quelque vieux banc rongé de cette lèpre que la pluie donne à la pierre de taille, et répondait par un pâle sourire au salut que lui adressaient, en touchant le bord de leur casquette de cuir bouilli, cannelée, évasée et plate comme le haut de certains chapiteaux de colonne, les soldats mutilés des grandes armées détruites ou dispersées, en passant deux à deux sur la chaussée, la canne à pomme d'ébène suspendue au bouton d'étain

de la capote bleu sombre, la manche vide attachée sur la poi~ trine, et ramenant d'un mouvement fier et régulier la jambe de bois qui, traçant son pénible demr-cercle, essayait encore de marquer le pas.

C'est ainsi que chefs et soldats se trouvaient réunis, par les événements et le sort, presque au même lieu, où ils avaient, brillants capitaines ou séduisants vélites, convives des grandes * tables d'Austerlitz ou de Marengo, marché dans la lumière, le bruit et la gaieté, entourés de l'admiration et de la sympathie générale. Entre cette vive lumière et ce soleil couché, entre ce bruit et ce silence, entre cette gaieté et cette tristesse, il y avait bien des malheurs et bien des larmes ! Il y avait les plai^ nés glacées de la Russie, les plaines brûlées de TEspagne, les plaines sanglantes de la- Champagne, les défaites et les trahisons ! Ils avaient descendu tout entière la gamme des sensations militaires et patriotiques, de la Marseillaise à Ten souviens - tu , disait un capitaine^ deux chefs - d'œuvre que Géricault traduisit sur la toile par ce hussard chargeant qui s'élance avec tant d'ardeur dans le feu et dans la fumée, et ce cuirassier blessé qui revient dans la neige et soutient d'une main défaillante son cheval épuisé !

On avait tant -parlé, sur ce triste boulevard et dans ces tristes hôtels, de la défaite inexplicable de Waterloo, et du retard malheureux de Grouchy, que ces lieux solitaires en avaient conservé, même jusqu'à nos jours, comme une incurable tristesse.

Puis, un problème insoluble et désespérant ne se dressait-il pas, jgilôrs, nettement dans l'esprit des chefs, obscurément peut-être, mais plus terrible encore, dans l'esprit des soldats î

Le grand travail de la Révolution française, les grandes œuvres et toutes les grandes batailles de l'Empire étaient donc inutiles, puisqu'ils revoyaient les choses presque en l'état où ils les avaient trouvées l C'était donc vrai que les justes revendications avaient été des révoltes impies! ils avaient donc travaillé à une œuvre mauvaise ! Ces grandes aventures.

pendant lesquelles ils avaient jeté aux quatre vents du ciel cette graine si féconde de la liberté qu'ils avaient arrosée de leur sang, étaient donc des expéditions inutiles I C'était donc pour rien qu'ils avaient semé leurs membres et usé leur vie sur le chemin de toutes les capitales ! Dieu n'était donc pas avec eux, puisque une fois vaincus et sur la place où ils avaient cru fonder un nouvel empire, gardé par de plus justes lois, comme sur remplacement du camp d'une armée détruite, les anciens propriétaires revenaient chercher sous la cendre et la poussière, la place où avaient été jadis ces domaines défendus par le privilège et cultivés par le serf.

C'est à cela qu'ils songeaient pendant leur promenade quotidienne, en suivant ces longs boulevards, de l'hôtel où ils mangeaient un pain accordé à des services que la rapidité des événements avait singulièrement vieillis, jusqu'à cette place funeste où tomba un de leurs plus illustres chefs, dont, comme la patrie, ils ne comprirent jamais bien la faute, mais dont ils se rappelaient les exploits.

Et ceux qui moururent alors, de quelle lassitude et de quelle amertume leurs derniers moments ne durent-ils pas être 'entourés l

Non-seulement les hommes disparus, mais aussi leurs idées et leurs sensations laissent aux lieux qui leur ont été familiers une trace invisible et profonde.

Aussi, était-ce avec une impression presque douloureuse que, tout enfant, nous mettions le pied sur ce boulevard, pour nous plein de fantômes.

Le seul souvenir riant que nous ayons conservé de ces tristes lieux, c'est celui de la station inévitable que notre mère ne manquait pas de nous faire faire, à ma sœur et à moi, devant une vieille marchande de gâteaux, dont l'établissement s'appuyait contre un gros arbre le long d'un des fossés latéraux de l'hôtel, à la place où est aujourd'hui un square verdoyant. La mère Renard, — c'est ainsi qu'on l'appelait, — se tenait assise à côté de sa boutique, mal protégée contre les ardeurs du soleil par

un drap blanc soutenu de quatre manches à balai. Elle avait devant elle une aiguière égueulée de faïence de Rouen à fleurs, dans laquelle, sous prétexte de rafraîchissement, trempaient deux carafes d'une eau tiède et jaunâtre, au ton bistré de laquelle ses droits bruns n'étaient peut-être pas étrangers, et qu'elle débitait sous le nom de coco; le goulot d'une de. ces carafes, que quelque choc déjà ancien avait taillé en sifflet, était ramené à sa forme ovale par un linge qui entourait le cou <ie la carafe, et prenait, grâce au fil qui l'assujettissait et au liquide dont il était toujours imbibé, un faux air de pansement qui aurait inquiété des goûts plus délicats que les nôtres.

Le verre de coco, — les denrées étaient alors moins chères, — ne coûtait que deux liards, et comme on nous abandonnait généreusement la monnaie du sou consacré à ce modeste luiach^ nous avions pour les deux liards restants deux réductions de Bolivar en un pain d'épice, dans la confection duquel la poussière entrait certainement comme un condiment indispensable, car jamais, depuis, aucun pain d'épice authentique de Reims ne nous a paru aussi savoureux.

£a mère Renard à laquelle nous avons toujours soupçonné les accointances (légitimes, nous l'espérons) dans l'hôtel, était fréquemment entourée d'un cercle d'écloppés auxquels elle avait jadis versé la goutte sur plus d'un champ de bataille ; aussi entourée que la reine d'un bal, son grand chapeau de paille qu'avait, dit-on, brûlé le soleil de Saint- Jean-d' Acre, disparaissait dans le cercle formé par les capotes bleues.

Il est probable que dans ce groupe de vieux soldats on ne disait pas de bien du gouvernement d'alors, car sitôt que nous étions installés en qualité de clients devant la boutique de la mère Renard, la conversation très animée à notre arrivée » cessait brusquement et ne reprenait que lorsque, Iç dernier soulier de Bolivar disparu, nous nous remettions en route.

Il y a une quarantaine d'années de tout cela; la mère Renard et tout son groupe d'attentifs reposent maintenant à l'abri du soleil brûlant et des souvenirs amers !

Nous avons voulu, dans un jour de loisir, revenir, nous aussi, comme les héros de Scott et dans la maturité de la vie, rechercher ce que ces lieux avaient gardé de ce bon autrefois qui paraît toujours si cher et si doux.

Le voisinage de TExposition a forcé le sombre boulevard à faire aussi sa toilette : on Ta redressé, replanté, élargi, les sauts-de-loups ont disparu, d'élégantes constructions, de superbes églises ont remplacé les murs délabrés et les jardins abandonnés.

Personne ne songe à s'en plaindre, pas même nous.

A la places des ombres chassées et des souvenirs envolés, nous avons rencontré l'autre jour un dernier reste du passé, un type d'autrefois, bataillant encore contre la- destruction et l'oubli.

Semblable à ces figures à moitié évanouies que vit le poëte dans son voyage aux enfers, représentant attardé d'un Paris qui n'existe plus, exécutant sans conviction et sans espérance d'illusion ses tours éventés, un escamoteur avait dressé son établissement dans le lieu rajeuni, près de la rue Oudinot, mais, grand Dieu ! que cet homme était démodé et attristant I

Une table sans tapis, des gobelets d'étain noircis et bossues comme le chapeau d'un chef de claque un (soir de première orageuse^ un jeu de cartes dont la graisse avait confondu les personnages, tels étaient les accessoires déplorables de cet artiste méconnu ! entouré d'un cercle d'ouvriers qui lisent le Petit Journal et parient pour les courses, il était écouté poliment; mais pas un sourire n'accueillait ses mots les plus risqués ; la dame de trèfie sortait vainement de sa poche, le valet de carreau de sa cravate, personne ne s'étonnait, et les regards lui disaient: « Connu I » il travaillait seul, se faisant à lui-même son boniment ; on sentait qu'à la suite d'une fin de mois difficile, son pître l'avait abandonné.

Le temps n'était plus où, revêtu d'une redingote à la propriétaire, le chapeau incliné sur l'oreille, la cravate ornée d'un diamant invraisemblable, il faisait son entrée dans un cercle

nombreux et attentif en donnant un soufflet bienveillant à. Gringalet, et commençait son discours par le traditionnel : « Tu ennuies ici ces messieurs... »

'Peu soigneux de son costume comme les ambitieux irrévocablement déçus, il portait une casquette de drap râpé, une redingote amadou ; plus heureuses, hélas I que leur maître, qui n'avait peut-être rien pris, ses chaussures prenaient Peau !

Quand il proposa à une petite ouvrière placée en face de lui de choisir une carte pour arriver à connaître son avenir, elle leva sans-façon les épaules ! Alors forçant ses effets, et perdant la tête, comme le font quelquefois les acteurs devant la froideur du public, il essaya de coller la dame de trèfle sur le képi d'un soldat de la ligne, lequel se recula avec une réserve pleine de dignité, lui faisant'ainsi comprendre combien il était nécessaire de tenir compte de la distance qui séparait aujourd'hui l'élève de Chassepot, le soldat même nouvellement admis dans les armées françaises, de l'antique et crédule Jean- Jean, jadis illustré par Charlet.

Ce dernier coup l'acheva, et ramassant une pièce ronde que, respectueux pour les grandes infortunes, j'avais pieusement déposée sur son établissement sordide, il jeta ses piteux gobelets dans son sac à la malice déshonoré, enleva sa table, et passant son bras dans le tréteau rapidement replojé, il s'éloigna!...

Va, pauvre hère ! ce qui t'arrive aujourd'hui te rendra peutêtre service ; ce métier qui t'abandonne va te forcer d'en choisir un autre plus digne et plus fructueux. Chacun aigourd'hui doit suivre le grand mouvement ! Les êtres inutiles et les terrains abandonnés doivent être forcément remis en valeur par une société si active, qu'elle brise, dans son éternel mouvement, tous ceux qu'elle n'entraîne pas dans sa marche.

FRAGMENTS DU JOUMAL

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