‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 122 sur 158 · SCÈNE III. 28i · texte numérisé non relu

SCÈNE III. 28i

xÉNOPHANE, reYenant sur ses pas, avec irrilation. Il n*y a ici d'autre prodige que ta foi aux prodiges !

RACHEL à IMad.

Eldad, vois donc ! Les chevaux des officiers, immobiles, tremblent de tous leurs membres et se soutiennent à peine. Les oiseaux s'enfuient en poussant des cris de détresse. Les étoiles apparaissent toujours plus nombreuses partout où s'entr'ouvrent les nuages. De la ville monte à nous un bruit confus d* alarme et d'épouvante.

UN ANGE aoi autres anges.

Regardez ces légions d'astéroïdes que l'Eternel a préparés pour cette heure. Ils passent en rangs de plus en plus serrés au-devant du soleil. La terre est plongée dans

la nuit. ^

NiGODÈME à Caîphe.

Cette terre qui tremble, ces ténèbres en plein midi, estce là la onction que Jéhovah donne à votre sentence ?

GAÏPHE.

Cet imposteur use au dernier moment de ses intelligences avec Béelzébul pour nous épouvanter par de vains

prodiges.

EUADA à Cafphe.

Ou la nature s'émeut de la mort de son Seigneur.

CAÏPHB.

Qui étes-vous pour oser contredire en face le souverainsacrificateur ?

^ Après avoir écrit ces lignes, j'ai lu dans la Remte des sciences, de M. Tissandier, 1874, N» 73, p. 525 : « Le 28 février 1206, d'après la Chronique de Villalba, le soleil s'obscurcit complètement^ et comme ce phénomène persista pendant six heures, ne pouvant croire à une éclipse, il était plus naturel de l'attribuer à un essaim d'astéroïdes passant devant le soleil. Des faits analogues survenus en 1545 et en 1771 sont expliqués d'une manière semblable. »

BUADA.

Un enfant d*Âbraham.

Caïphe et les membres du Sanhédrin se retirent lentement, sauf Nicodème et Joseph. — La foule recule loin de la croix ou s'enfuit.

JOKSAN, 8>n allant, à Jahir.

Je suis saisi d'étonnement et me demande avec inquiétude si je ne me suis point trompé.

JAHIR.

Joksan, je t'en supplie, sois homme et ne faiblis pas. Je maintiendrai jusqu'à ma mort qu'il est un faux prophète.

PHiLoxÈNE à Inésithée.

Que signifient ces ténèbres ?

MNÉSITHÉB.

Je ne sais.

SÉRAPION

Silence ! Dieu est présent sur cette montagne.

MicAEL aax anges.

La purification des races déchues vient de s'accomplir : leur expiation commence. Dieu, comme il l'a ditenGethsémané, charge son Fils de leurs péchés et de la malédiction que fait peser sur elles la loi.

HANANÉËL à Tsédékiel.

Tsédékiel, jusqu'ici tu t'es constamment refusé à sanctionner un pardon qui supprimerait la peine. Ni le sang des victimes immolées par la repentance, ni les supplices que les pécheurs s'infligeaient à eux-mêmes, ni leurs efforts de tempérance, de justice et de piété ne trouvaient grâce à tes yeux...

SGÈNB m. 283

TsÉDÉKiEL rinterrompaat.

J'attendais avec confiance l'heure où le Fils de Dieu, s'étant fait leur égal, souffrirait et mourrait à leur place. Mais je frémis de mes propres rigueurs ; car si la seule perspective de la seconde mort a couvert d'une sueur de sang tout le corps du Seigneur, quels sont donc les tourments qui lui sont réservés sur cette croix, dans ces profondes ténèbres?

HANANËEL.

La loi dont tu es le gardien sera plus que satisfaite par l'expiation du Seigneur. La justice en sera glorifiée malgré la grâce accordée aux injustes, comme la miséricorde le sera malgré les souffrances infligées au seul Juste.

MicAEL aui princes.

Princes des cieux, allez jusqu'aux extrémités de l'univers annoncer à toutes les créatures que le Verbe souffre et meurt pour les races coupables, et qu'il n'en est plus aucune qui ne puisse par lui obtenir grâce au pied du trône de l'éternelle Majesté.

Les princes partent dans tontes les directions.

SAMMAEL à Satan.

Quelles sont ces ténèbres dont nous ne sommes point les auteurs?

SATAN

Je ne sais^ mais toute heure de ténèbres est mienne. J'entends dire que Dieu abandonne son Fils: celui que Dieu délaisse, devient ma proie. Je vole vers la croix du Galiléen et j'épierai ce qui se passe en son esprit.

MICAEL à Satan.

Tu l'avais au désert, après ta défaite, quitté pour un

284 QUATRIfiNE JOURNÉE.

temps.. Tu reviens tenter une seconde fois de le séduire. Mais tu n'as rien en lui. ^

SATAN

J'ai le pouvoir d'aggrarer ses tourments...

MICAEL.

Et ton supplice.

MOÏSE à Elle.

Les types anciens s'expliquent d'eux-mêmes à mes yeux. En ce grand jour de l'universelle expiation, la même et double Victime qui, par son sang, a purifié les mondes de leurs souillures, est chargée par Dieu même de toutes leurs fautes, conduite au désert dans les ténèbres de l'éternelle nuit et abandonnée à Azazel.

ELIB.

c II s*est chargé de nos langueurs et a porté nos douleurs. Ce peuple qui le crucifie, croit que c'est Dieu qui le frappe. Mais il est navré pour nos forfaits, frappé pour nos iniquités. Le châtiment qui nous apporte la paix est tombé sur lui, et nous avons la guérison par ses meurtrissures 2. »

SLDAD, qui avait rejoint Jean an pied de la croix.

Jean, dites-moi, dans ce silence de mort, qui donc me remet si vivement en mémoire la prophétie d'Esaïe?» Il est le méprisé et le dernier des hommes, un homme de douleur et qui sait ce que c'est que la langueur. Nous étions tous errants comme des brebis, et l'Eternel a fait venir sur lui l'iniquité de nous tous. »

^ Jean XIV, 30.

• Es. Lin.

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