I SI
Au sens étymologique du mot, le sacrifice est l'acte par lequel l'homme pieux s'approche (oarab) de Dieu les mains pleines, et lui apporte une offrande (qorban), qui est un tribut de soumission et de reconnaissance. Il offre
> Nomb. XXXI, 19 sqq.
* Lévit. I-VII.
ISRABL. 41S
les prémices de ses champs, Télike de ses troupeaux, déclarant ainsi qu'il ne possède rien qu'il iie tienne de Dieu et qu'il ne veuille lui consacrer.
Mais le sai^rifice, qui est antélapsaire dans son essence, porte en Israël le sceau du péché aoijts toutes ses formes, même sous celle des offrandes non sanglantes. Elles devaient être en effet saupoudrées de sel, et le sel suppose la corruption, qu'il prévient.
Les sacrifices de prospérité (schelamim) commençaient par une confession des péchés, par l'imposition des mains sur la tète de la victime. Baehr prétend même que sghelam signifie restitutio in integrum et exprime les sentiments d'une harmonie troublée et restaurée.
Les sacrifices que nous nommerons propitiatoires, l'holocauste, les sacrifices pour le péché et le délit, ceux de la Pâque, ceux de l'Alliance, figurent, par des symboles et des types, Xexpiation et la jmrification de l'humanité par le Messie, la consécration de l'âme à Dieu, et la communion mystique de l'âme avec Dieu par le Sauveur.
Cette communion (| 30) s'opère dans l'Eglise chrétienne par la Cène, où le fidèle se nourrit spirituellement, mais substantiellement, du Verbe fait chair qui est mort pour lui, et elle préfigure les temps étçrnels où, par son Esprit, « Dieu sera tout en tous » .
La consécration sous sa forme parfaite est l'acte intéri^r par lequel St-Paul meurt au péché et à soi-même pour renaître transfiguré et \ivre tout entier à son Dieu et Sauveur.
V expiation et la purification lévi tiques ne s'offrent à nous parfaitement distinctes que dans la fête des propitiations, qui était la œuronne du culte hébreu et qui typiiîait par son double bouc Golgotha.
416 LA THÉORIB DK LA BADEMPTION.
L'expiation anéantit la coulpe de nos aeteê par la souffrance et la mort d'une victime qui, se substituant à nous, paie notre rançon à la juttiee divine,
La purification lave \9iS0uiHure de nos jysrsonnes j^t le sang infiniment pur d'une sainte victime qui nous réconcilie avec le Dieu trois fais saint (§§ 29 et 36).
L'holocauste est le tronc dont les autres sacrifices lévitiques sont les branches. Il est né à la sortie de Farche, au milieu des terreurs du déluge, dans le cœur du pieux et vénérable Noé.
C'est le sacrifice de la consécration. Le rite l'indique : la victime, qui symbolise l'adorant, est consumée tout entière sur l'autel, d'où elle monte vers le ciel en une fumée qui est un < parfum d'agréable odeur > à l'Etemel. Son nom hébreu ?olah< marque précisément T^^^va^on à Dieu, de l'âme qui se dévoue à lui sans réserve.
Mais l'homme qui se consacre à Dieu, est séparé de lui par ses péchés. Il doit donc auparavant les expier, et, comme la mort est la peine du péché, il doit mourir. Si les saints meurent spirituellement à eux-mêmes avant de se donner tout entiers à Dieu, les Israélites pieux, dans leur culte symbolique, immolaient de leur propre main la victime qu'allait consumer le feu du sacrifice, posaient leur main sur sa tète en la chargeant de toute leur coulpe, et en offraient le sang ou la vie au sacrificateur qui le recevait au jiom de Dieu et l'épanchait devant l'autel.
L'holocauste comprend donc deux rites : l'un négatif^
' Le mot grec holocauste est sémitique par sa première moitié.