LA. PERSONNE DU SAUVSUR
rompue, nul d'entre eux ne peut sauver ses frères. Le Sauveur doit donc être plus qu'un homme, et nous devons l'aller chercher dans les cieux. '
Mais le saint qui se dévoue pour les pécheurs, doit être leur frère (§65). Le Sauveur surhumain et o^este des hommes prendra donc la nature humaine.
Serait-il un ange, un archange, la première des Intelligences, le plus grand des Fils de Dieu ? Mais les anges peuvent-ils se faire homme? Impossible. Dieu est un Dieu d'ordre, et ses créatures ont chacune leur type propre et leurs infranchissables limites. Le végétal ne peut prendre à soi la nature du cristal, ni l'animal celle de la plante, ni rhommecelledu mammifère, ni l'ange cellede l'homme. D'ailleurs un archange même serait- il assez fort pour porter le fardeau de toutes nos iniquités. S'il Tétait, la créature qui se dévouerait pour nous, nous témoignerait un tel amour qu'elle jious semblerait surpasser en grâce et en compassion son Créateur. Dieu ne serait plus à nos yeux qu'un juge dont la stricte justice a été satisfaite par le supplice qu'un étranger d'une ineffable miséricorde a bien voulu endurer pour nous.
Le Sauveur, ne pouvant être ni ange ni homme, doit être Dieu.
Or, ce Sauveur étant le médiateur entre le Dieu saint et notre race pécheresse, et le Verbe étant l'universel médiateur (I 24), le Verbe qui sous sa forme éternelle aurait
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pu des cieux opérer l'œuvre positive de notre délivrance, est celui qui opère Fœuvre négative de notre expiation.
Il Fopère en se faisant homme, afin d'être uni par les liens de la plus intime solidarité avec ceux pour le salut (lesquels il doit souffrir et mourir.
Mais comment Tinfîni peut-il s'unir au fini ?
Question qui n'eu est pas une pour nos panthéistes. Ils répètent tous après Hegel que chaque homme est, comme Jésus-Christ, Dieu fait homme.
Question oiseuse pour nous qui croyons à la personnalité de Dieu et à sa transcendance. Le fait est là.
« Le Verbe s'est fait chair, » nous dit St Jean qui l'avait appris de Jésus-Christ.
Quoique en disent les Strauss et les Hardtmann, les Renan et les Burnouf, le Dieu incarné qui a sauvé l'hu» manité dans le passé, la sauvera dans l'avenir.
Us imaginent que le soleil s'étein| quand il s'éclipse, et que l'incrédulité est un dragon qui peut engloutir l'astre du jour I
Parce que, souriant à leurs puérils efforts, nous ne faisons point, comme les sauvages, un effroyable vacarme durant l'éclipsé, ils nous croient réduits au désespoir et prennent le silence de la foi victorieuse pour l'aveu d'une radicale défaite.
Sans doute l'union de la nature divine et de la nature humaine en un même moi est pour nous une énigme insoluble. Mais la nature elle-même nous en offre de tout aussi obscures, et dans le livre des Révélations comme dans celui de la Création, ce que nous comprenons n'est nullement la mesure de ce qui est.