‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 30 sur 158 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Micaêl et les anges dans la hauteur, Satan et Sammaêl dans le» nuées. Sur la (erre, à Jérusalem, les parvis du temple.

Sur le sommet de la montagne est le temple en marbre blanc et doré au dehors comme au dedans.* Il domine les parvis des prêtres, des Israélites, des femmes et des Gentils, qui sont disposés en terrasses les uns au-dessous des autres, séparés par de hautes murailles ou de simples balustrades, unis par de larges portes et entourés à l'intérieur de vastes portiques. Quatorze marcnes conduisent de la cour des Gentils dans les enceintes sacrées; quinze de la cour des femmes dans celles des Israélites et des prêtres, et douze dans le temple. — Deuxième heure ou huit heures du matin.

BLiAB ET PHiLON Bootnt i% farvis des fennes dai» celui des b-

nélites.

é £UAB.

Le Prophète est à cette heure le mattare de Jérusalem et de la Judée. On prétend que le Gouverneur est fort inquiet. La cité ressemble à une mer où se déchaînent des vents contraireSi Les Galiléens sont prêts à proclamer roi leur jeune héros et à saisir les armes à son ordre contre les Romains. Les Pharisiens, les Sadduceéns, les Hérodiens, s'ils l'osaient, le feraient mourir à l'heure même. Les chefs de la nation délibèrent chez Caïphe depuis plusieurs heures sur les meilleurs moyens de le déconsidérer auprès du peuple et de le compromettre auprès de Pilate. Tous sans distinction sont ivres de peur ou d'espérance. C'est à peine si j'ai trouvé autour de moi deux ou trois personnes qui considèrent avec recueillement et dans un esprit de prière les événements qui depuis trois jours se déroulent sous nos yeux.

92 PBBMIÈRB JOURNÉE.

PHILON

Je ne vois pas ce que ces événements ont d'extraordinaire. Le jeune Docteur s'est promené sur un âne dans les rues de Jérusalem, a chassé les vendeurs du parvis des Gentils, a prêché aux foules une morale très pure, très relevée. Qu'y a-t41 là qui puisse troubler pareillement les esprits ?

ELIÂB.

Mais, Philon, ce jeune homme se déclare être le Messie que nous attendons depuis deux mille ans !

Ib se perdent dus It foule.

An iitat de Tesealier qui conduit dans les parvis des Israélites, à Biii janche, causent entre en, debout, joksan, juif de Jérusalea, et les trois 6a- Ûéens jahir, jbsçbr son fr^ et eldad.

JAHIR.

Depuis trois jours le doute n'est plus possible : Jésus est le Messie, le roi d'Israël et des gentils.

ELDAD.

Puisse ta foi, Jahir, résister aux assauts que je redoute pour elle t La mienne, vieille déjà de deux ans, ne repose point sur des espérances de gloire et de puissance.

JESQER.

J'envie ta conviction, moucher Eldad; mais, je te l'avoue, j'hésite encore.

JAHIR.

Quoi t Jesçer, tu hésites, et tu étais à mes côtés quand.

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