‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 56 sur 158 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SÉVÈRB.

Il n*hésite au moins pas sur les devoirs.

PILATE

Mon cher Sévère, je dois t' avouer que je ne puis lui pardonner ses grossièretés à l'adresse de mon dieu, l'excellent Epicure. Quand les plus grands esprits ne peuvent m*affirmer que l'âme est immortelle, la sagesse ne consiste-telle pas à jouir de la vie et à restreindre à ce monde ici nos recherches comme nos désirs?

SÉVÈRE

Ne vous offensez pas, je vous prie, de ma franchise : la vertu des stoïquesme paraît plus noble et plus romaine que la volupté d'Epicure.

PILATE

Mais connaissez-vous mieux que nous les mystères du ciel et de l'avenir?

SÉVÈRE

Je suis forcé de convenir que non.

PILATE

Même vos maîtres inclinent à confondre Dieu avec le monde et à faire rentrer à la mort l'âme dans la vie universelle.

SÉVÈRE

Ce sont précisément nos incertitudes qui me font admirer l'autorité avec laquelle Jésus parle d'un Dieu vivant, du sort contraire des âmes après la mort, des anges, des démons. Je me suis enquis avec curiosité de sas ensdgaements. On dirait vraiement qu'il a vécu au ciel, comme il le prétend, et qu'il nous en parle en témoin oculaire.

PILATB.

C'est un fanatique.

SÉVÈRE

Sans doute; mais il n*en a pas les allures. 0 est dans son langage et dans toute sa conduite d'une excessive simplicité.

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