‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 59 sur 158 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Eljâda, Xénophane, Strabon, Péneste, Syrus descendent le mont des Oliviers, vers la 4« heure du jour ou 40 h. du matin.

STRABON

De nos entretiens il me paraît résulter que vous attendez du ciel un Messie qui ferait des miracles, et que nous, nous cherchons par nous-mêmes la sagesse et le souverain bien *.

EUÂDA.

Vous cherchez et ne trouvez pas. Mais faisons trêve à nos discussions et laissez-moi redevenir votre guide. Voyez-vous à notre droite ce jardin de Gethsémané ou du pressoir des olives ? Il appartient à un de mes amis,

^ 1 Cor. I, 22.

SGÈNB PREMIÈRE. 171

disciple déclaré du Prophète. C'est une des retraites favorites de Jésus. Dans ses courts et rares séjours à Jérusalem, il aime à s'y réfugier, loin des bruits du monde, et à passer des heures paisibles avec ses apôtres sous Tom* brë épaisse de ces beaux arbres. — Considérez ces immenses murailles qui soutiennent les terrasses du temple : elles datent de mille ans ; c'est notre roi Salomon qui les a construites; elles sont en blocs énormes. — La porte dont nous allons franchir le seuil, est celle des Brebis^.

PIERRE arec jeân, passe d'an pas rapide à côté d'EIjada et des étrangers, qu'ils devaocent.

Salut, Eljada I

EUADA.

Salut, Pierre I Salut, Jean! Vous allez à Jérusalem sans votre Maître?

PIERRE

Il nous envoie préparer, un jour avant la fête, le souper de l'agneau pascal.

EUADA.

Quel est celui de ses amis qu'il honore de sa présence ?

PIERRE

Nous ne le savons point encore. Il nous a simplement dit de suivre en silence un homme que nous rencontrerions portant une cruche d'eau et d'entrer après lui dans la maison dont il est le serviteur.

EUADA.

II est convenu de cette rencontre avec le propriétaire de la maison?

^ A Test de la ville étaient au moins cinq portes. On en sait les noms, mais la position en est très incertaine.

172 TROISIÈHE JOURNÉE.

PIERRE

impossible, car depuis notre arrivée dans cette ville, le Seigneur ne nous a pas quittés un seul instant. Tout me porte à croire qu'il se défie de Tun de nous, et qu'il craint d'être trahi au milieu du repas. Il nous témoigne un extrême désir de passer en paix ces heures-là avec nous. Hélas t il veut sans doute nous donner ses dernières instructions.

XÉNOPHANE

Mais s'il ne s'est pas entendu avec son hôte, comment peut-il savoir que l'esclave se trouvera sur votre chemin ?

PIERRE

Vous ne connaissez pas notre Seigneur ; il voit les choses futures et lointaines comme nous voyons les choses prochaines et présentes.

Tous ensemble franchisseiit la porte et s'ivaoceDt dans li ine.

STRABON

Quelle foule se presse dans ces rues I II n'est pas facile de se frayer un passage.

PIERRE

Voici un homme portant une cruche d'eau. Il marche devant nous. Suivons- le.

JEAN

Il prend une rue écartée et solitaire.

XÉNOPHANE à EIjada.

Où vont ces deux jeunes gens ?

EUADA.

Ne voyez-vous pas le serviteur qui les précède? Il ne se doute pas qu'il est leur guide.

STRABON

C'est étrange.

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