SCÈNE II
Le prétoire ou le palais du gouverneur donnant sur la cour de la forteresse Antonia. La forteresse ou la tour, à droite, à l'angle nord-ouest du temple. En face de la grande porte de la cour, au rez-de-chaussée, une salle ouverte. De cette salle, on monte par plusieurs marches sur une irihnue pavée en. mosaïque qui s'élève au milieu de la cour et d'où les gouverneurs rendent leurs sentences. La cour est séparée de la rue par une grille en fer.
Dans la roe, gaïphe, anne, les membres du Sanhédrin, jësus lié; une foule de Juifs, eldad, jahir, jesçer, jogksan devantle prétoire. HERMANN et les autres ceoteniers avec leurs compagnies dans la cour.
CAÏPHE à Hermann.
Prenez ce condamné, conduisez-le dans le prétoire , et dites au gouverneur Pilate que, en ce jour de fête solennelle, notre loi nous interdisant d'entrer dans les demeures des étrangers, nous le prions de. sortir de son palais et de descendre vers nous.
lermann emmène Jésus.
NicoDÈME à Joseph.
Ils font mourir l'innocent et observent scrupuleusement les rites de notre loi.
JOSEPH
Jésus le leur disait : vous couleie le moucheron et engloutissez le chameau.*
Matth XXIII, 24.
^38 QUATRIÈlfE JOURNÉE.
Piiate, avec Sévère, vient du prétoire vers la porte de la cour.
piLATB à Sévère.
Voyons donc comment ces gens-là s'y prendront pour donner à leur jalousie et à leur haine le masque de la justice. — A Gaîphe, d'nn ton sévère. Quelle accusation portezvous contre cet homme?
CAÏPHE
Nous venons tous en corps vous demander la confirmation de la sentence de mort qu'a prononcée le Sanhédrin.
PILATE
De quel crime le condamné s'est-il rendu coupable?
CAÏPHE
Vous connaissez, Pilate, les concessions que Rome a faites à la Judée en la réduisant en province. Elle nous a laissé le droit de juger d'après nos lois ceux des nôtres qui les violent, et nous a simplement imposé l'obligation d'informer le gouverneur des cas de peine capitale.
PILATB.
Un gouverneur romain n'autorisera pas l'exécution d'une sentence de mort, sans avoir la conviction que le condamné n'est pas la victime de l'envie ou du fanatisme.
CAÏPHE
Vous pouvez être bien assuré que nous ne vous eussions pas livré cet homme, s'il n'était pas un criminel.
PILATE
Pendant les quatre jours [qui se sont écoulés depuis son imprudente entrée dans cette cité, je l'ai fait surveiller de près. S'il eût en manière quelconque troublé la paix pu-