‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 95 sur 158 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

blique, je n'aurais pas attendu pour l'arrêter et le punir que vous me l'eussiez livré. J'ai des raisons de croire qua le Sanhédrin a prêté l'oreille à d'autres voix qu'à celle de la justice. Au moins s'esfril rendu coupable d'une certaine précipitation : il a prononcé sa sentence de nuit, et elle est ainsi nulle d'après votre loi comme d'après la nôtre.

CAÏPHE

Nous avons de nuit interrogé le prévenu, mais l'aurore se levait quand le Sanhédrin a ouvert sa séance solennelle.

PILATE

Quoi qu'il en soit de l'heure, d'après votre loi, une condamnation capitale n'est exécutoire que le lendemain.

CAÏPHE

Toute règle a ses exceptions ; le jour de demain est pour notre nation un sabbat solennel, et le cas présent ne supporte aucun délai.

PILATE

Mais enfin, dites-moi le crime de ce malheureux.

CAÏPHE

Nous le dirons sans doute si le gouverneur romain nous y contraint. Mais qu'il nous pardonne l'insistance que nous mettons à défendre notre droit. Toute sentence du Sanhédrin est sans appel.

PILATE

Comme ma conscience ne me permet pas de verser le sang d'un homme que je crois innocent, reprenez-le et condamnez-le selon votre loi à toute peine inférieure à celle de mort.

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