FAUNE
L'orignal est abondant et malgré la chasse que lui font les indiens il ne paraît pas diminué. Il ne semble pas y avoir de caribou et de chevreuil dans la région traversée par le Transcontinental.
L'ours est assez rare, de même les animaux à fourrures tels que la marte, le vison, la loutre, Termine ; le lièvre et le rat musqué abondent. Le castor diminue, et avant longtemps il sera complètement disparu. Il existe parait-il quelques loups et quelques lynx. Les marmottes, lapins et écureuils sont très nombreux.
Parmi les oiseaux ce sont les goélands qui sont les plus nombreux ; il y a une grande quantité de canard noir. La perdrix n'abonde pas.
Il y a partout beaucoup de poisson ; poisson blanc, brochet, doré, esturgeon. Le brochet atteint souvent le poids de 6 à 12 livres. L'esturgeon est en grande quantité dans tous les lacs. A cause de l 'argile qui demeure en suspens dans les lacs et les grandes rivières, la truite n'y existe pas. Les indiens disent qu'il y en a dans les petits ruisseaux, et nous en avons péché nous-même d'assez bonne dimension dans un petit ruisseau le ' ' Clear Creek ' ' dans le canton Courville.
DEFRICHEMENT.
Voici ce que M. J. M. Leclair, agronome officiel, dit à propos du défrichement : ' ' Les arbres en général étant de petite taille, le défrichement est facile. Quand le feu a passé, les racines des arbres se trouvent presque toutes brûlées à la surface de la terre. Il ne reste plus qu'à enlever les souches à la main. Les plus grosses peuvent être enlevées avec une paire de chevaux, puis empilées et brûlées. La terre est de suite prête pour la charrue. A certains endroits deux hommes peuvent nettoyer près d'une acre par jour. A d'autres endroits le travail est plus long.
Un guérêt de profondeur normale peut être fait dès le premier labour avec une charrue ordinaire. En faisant la terre neuve, si le feu n'a pas détruit la couche d'humus qui recouvre la surface, la terre se trouve de ce fait bien engraissée. Après qu'un travail judi-
cieux de préparation du sol aura été fait pour l'ensemencement, on ne manquera pas d'en retirer de bonnes récoltes.
Jusqu'ici les résultats obtenus sur des terres bien préparées ont été satisfaisants ; j'ai vu des patates de plus d'une livre et de beaux navets, j'ai vu du blé, de l'orge et de l'avoine parfaitement mûris, les épis bien remplis et le grain de première classe."