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entier et vivant. Il mesure le degré de contraction par le raccourcissement que subit le ver sous l'effet d’une solution de la drogue. Cette méthode, plus simple à mettre en œuvre que celle de TRENDELENBURG, serait aussi, d’après son auteur, plus précise.
SoLLMANN [53] emploie lui aussi des vers de terre intacts et vivants, qu’il plonge dans une solution de la substance à essayer. Puis il observe l’état des vers en expérience après une journée, et note s’ils sont tués, simplement déprimés ou normaux.
Plus récemment, en 1936, JENKINS et LAVAN-MANCHEY [38] ont voulu remettre en valeur l’expérimentation in vitro sur les vers de terre par une méthode faisant appel aux vers entiers. Ils déterminent le temps pour lequel un vermicide est mortel, à une concentration donnée, sur un nombre déterminé de vers. Cette méthode, plus précise que la précédente par de nombreux points de technique, amène les auteurs à considérer un temps de survie « apparent » dont ils déduisent, par des calculs complexes, une « activité vermicide moléculaire ».
Signalons enfin la technique mise à profit par STRAUB [55] et Yacr [64] : ces auteurs injectent une solution de la substance aux vers de terre et observent leur comportement.
Crouy [17] utilise cette méthode, et aussi celle qui consiste à plonger les vers dans une solution du produit à essayer et à noter le temps de survie.
Quelques auteurs ont voulu étendre l’expérimentation sur les Annélides à la Sangsue, Hirudo ofjicinalis.
HANZ et SILBERSTEIN [37], dans leurs travaux sur le thymol et la santonine, emploient un segment de muscle dorsal de sangsue, dépourvu de ganglions nerveux. Les contractions qu’il présente lorsqu'il est plongé dans une solution du produit actif sont traduites graphiquement sur un cylindre enregistreur.
BRüCKE et SARKANDER [10], en 1940, utilisent, avec des
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résultats satisfaisants, la Sangsue de deux façons différentes :
— Injection anale de 0,5 cm° de solution de la substance;
— Enregistrement graphique des contractions de préparations neuromusculaires où de préparations musculaires dont tout ganglion nerveux a été éliminé.
En 1941, OELKERS et RATHJE [45] emploient également la méthode d'enregistrement graphique appliquée à la Sangsue. Ils font ressortir les inconvénients déjà signalés par d’autres auteurs : une préparation musculaire de sangsue, dépourvue de ganglions nerveux, est plus lente à réagir à la plupart des anthelminthiques qu’une préparation de ver de terre. Mais si on utilise une préparation neuro-musculaire de sangsue, les résultats sont difficiles à lire du fait des contractions spontanées enregistrées dans le liquide de RINGER seul. Aussi, d’après ces auteurs, les préparations musculaires de ver de terre sont-elles d’interprétation plus facile.
L'emploi des Annélides présente certains avantages qui en ont fait pendant longtemps le matériel de choix pour les essais in vitro : en particulier, leur facilité d’approvisionnement, leur conservation au laboratoire pendant plusieurs mois et surtout leur grande sensibilité à de nombreuses substances. Cette sensibilité rendrait les méthodes utilisant les Annélides très précises, permettant d'employer de faibles concentrations du produit à essayer, en évitant ainsi l’émulsion de certaines substances peu solubles. Les vers de terre et les sangsues présentent enfin l'intérêt de n'être pratiquement pas sensibles aux variations physiques environnantes, telles que la température.
Mais ces quelques avantages ne doivent pas faire oublier la très grande différence de sensibilité qui existe entre les Annélides et les Nématodes vis-à-vis des substances toxiques.
REBELLO, GOMES DA CosraA et Rico [48] montrent, par la méthode d’enregistrement graphique, que des segments de
vers de terre et des segments céphaliques d’Ascaris répondent différemment aux anthelminthiques. GOMES DA COSTA [32], reprenant cette étude comparée du mode de réaction des vers de terre et des Helminthes aux anthelminthiques usuels, conclut que les parasites intestinaux se montrent toujours beaucoup plus sensibles que les Annélides.
LaAmMsoN et Warp [41], après avoir étudié l’activité de cent vingt et une substances sur l’Ascaris du Porc et le ver de terre, n’ont pu noter aucune corrélation dans les réponses de ces vers. |
Pour les uns, les Annélides sont donc plus sensibles à certaines substances; pour les autres, ce sont les helminthes qui réagissent le mieux.
De nombreuses raisons expliquent cette différence de sensibilité.
Les vers de terre et les Ascaris n’appartiennent pas au même embranchement zoologique. Leur morphologie et leur anatomie diffèrent essentiellement. C’est ainsi que les Nématodes sont recouverts d’une cuticule épaisse, résistante, chitinisée, alors que les Annélides en sont dépourvus. Le système neuromusculaire des deux groupes n’a pas la même organisation. Leur biologie est également différente. Alors que les Annélides ont une vie libre, à la température ordinaire, les Nématodes qui nous intéressent vivent en parasites à la température de 37°.
Il n’est donc pas étonnant que le parallélisme entre les réponses des deux groupes de vers n’existe en réalité que très rarement, et nous ne croyons pas qu’il soit possible de se baser sur la sensibilité des Annélides pour l’essai biologique d’un vermicide.
Crouy [17], qui à utilisé ces méthodes, conclut ainsi
« Les essais sur les vers de terre Lumbricus terrestris et Allolobophora terrestris ne sauraient donc renseigner sur la valeur anthelminthique d’une substance, tout au moins dans les conditions mentionnées, puisqu’un vermifuge réputé actif, la santonine, s’est montré sans action. »
MH.
Si les Annélides ont été souvent utlisés comme matériel d'essai biologique des anthelminthiques, certains auteurs se sont également adressés aux Plathelminthes, et en particulier aux Cestodes.
En 1852, KUGHENMEISTER emploie le Ténia du Chien, Tænia serrata GoEzE, 1782. Plus tard, GoMEs [31] étudie l’action de l'écorce de grenadier sur les Ténias. REBELLO, GOMES DA CosTA et Rico [48], en 1928, observent l’action de différents anthelminthiques comparativement sur les Cestodes, l’Ascaris et l’'Ankylostome, par la méthode d’enregistrement graphique. Les Cestodes utilisés sont des parasites du Chien : Dipylidium caninum LiNXé, 1758, et Tænia serrata. Ces auteurs notent une très grande sensibilité des Cestodes à presque tous les tænifuges traditionnels qui sont inactifs sur les Ascaris et les Ankylostomes. En 1931, GoMEs DA CosrTa [32] confirme ces résultats en utilisant des anneaux isolés de plusieurs Ténias du Chien (Dipylidium caninum, Tænia serrata, Tænia marginata).
La différence de sensibilité qui existe entre les Annélides et les Helminthes se retrouve donc à l’intérieur même de ce dernier groupe. C’est pourquoi BuTz et LALANDE [11] insistent sur la nécessité d’utiliser le parasite auquel l’anthelminthique est destiné, et pas un autre.
Ceci nous amène à considérer les méthodes d'essais employant les Némathelminthes. Ce sont, en effet, les seules qui méritent d'être retenues pour l'étude d’un produit destiné à lutter contre les Nématodes intestinaux. |