MÉTHODES UTILISANT DES NÉMATHELMINTHES
L'emploi des Nématodes comme matériel d’étude des anthelminthiques a été préconisé par de nombreux auteurs et depuis fort longtemps, puisque dès 1852, KUCHENMEISTER s’adresse à l’Ascaris du Porc pour étudier l’activité de certains anthelminthiques. En 1885, VON SCHROEDER [60] rapporte les résultats d'expériences qu’il pratique sur des
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Ascaris du Porc entiers, exposés à l’action des drogues à essayer.
Depuis longtemps, les Nématodes utilisés dans ce but sont les Ascaris. Leur emploi se généralise à mesure que l’on démontre les différences profondes qui existent entre les Annélides et les Némathelminthes.
Puis les expérimentateurs s'adressent à d’autres Nématodes, et actuellement les essais in vitro sont aussi nombreux que variés.
Ascaris lumbricoides LiINNÉ, 1758
Les méthodes qui utilisent ce ver sont encore couramment employées de nos jours et il nous semble intéressant de les décrire rapidement.
En 1926, REBELLO et Toscano-Rico [47] enregistrent les contractions d’un segment d’Ascaris du Porc pour estimer l'activité des anthelminthiques. Ils n’emploient pas indifféremment n'importe quelle partie du corps de l’Ascaris et distinguent : un segment antérieur portant la tête, un segment intermédiaire et un segment postérieur. En effet, chez l’Ascaris, les ganglions nerveux ne sont pas disséminés dans tout le corps, comme chez le ver de terre, mais localisés au niveau de l’anneau péri-æœsophagien et de la région anale, On peut donc, par le choix judicieux d’un des trois segments, opérer soit sur une préparation comportant des éléments nerveux, soit sur une préparation qui en est totalement dépourvue.
Ces deux modalités présentent un réel intérêt dans l’étude du mode d'action d’une substance, pour savoir si elle agit uniquement sur le système musculaire ou à la fois sur le système musculaire et le système nerveux.
GoMES DA CosrA [32] utilise cette méthode en substituant au liquide de RINGER du liquide de RHODE-SAïro ajusté à pH 6,4. Cette modification a pour but de se rapprocher des conditions existant dans le milieu intestinal.
La méthode d’enregistrement graphique a été reprise et perfectionnée en 1943 par BazpwiN [3], puis par BALDwIN et MoyLE [4, 5].
BALDWIN utilise, pour conserver les Ascaris vivants, un milieu à base de NaCI, KCI, SO,Mg, CaCL, et tamponné à pH 6,4. L’auteur enregistre les contractions de segments antérieurs et intermédiaires d’Ascaris du Porc, maintenus dans la solution à éprouvér à 37° jusqu’à la paralysie.
En 1947, BazpwiIN et Move notent l’absence d’action, sur les segments d’Ascaris, de substances qui provoquent par contre une excitation des segments de vers de terre. Ils rapportent ce defaut d’activité à la présence de la cuticule et éliminent la possibilité de son intervention en prélevant des morceaux de muscles dorsaux d’Ascaris. Leur face externe seule étant protégée par un revêtement chitineux, cette technique met directement la musculature au contact de la drogue.
Dans les méthodes précédentes, l'emploi de l’Ascaris du Porc était basé sur l'enregistrement graphique des contractions de segments musculaires. LAMSON et BRowN [40], en 1936, préconisent l’utilisation des Ascaris entiers qu’ils maintiennent en survie dans de l’eau salée à 9 p. 1.000 à 3795. '
Le critère de l’activité anthelminthique repose sur le pourcentage de vers tués en différents temps dans des solutions de titre connu de la substance à essayer. Pour affirmer la mort des Ascaris, les auteurs se basent sur la disparition totale de leur motilité qu’ils apprécient de la façon suivante : les vers sont retirés de la solution, lavés à l’eau chaude courante pendant trente minutes, puis placés dans de l’eau physiologique à 37°5 pendant vingt heures. Chaque ver est ensuite plongé. dans de l’eau à 60°. Les vers immobiles sont considérés comme morts,
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Parascaris equorum (GŒ&zE, 1782)
A côté de l’Ascaris du Porc, d’autres espèces d’Ascaris parasites des animaux sont employées. C’est ainsi qu’en 1928 CROUY [17] utilise l’Ascaris du Cheval pour apprécier l’activité de l’extrait de tanaisie. La méthode consiste à observer le temps de survie des Ascaris plongés dans une solution de l'extrait à 38°.
Ascaridia galli
Dernièrement, en 1952, KERR et CAvETT [39] ont repris les procédés d’enregistrement graphique, mais en utilisant des organismes vivants entiers. Ils s'adressent pour cela à l’Ascaridia galli dont la petite taille permet une telle expérimentation.
Les vers sont prélevés sur des Poulets parasités, et placés dans une solution de CINa à 1 p. 100 à 37°, jusqu’à leur utilisation. Un enregistrement de leur activité normale est d’abord pris, puis on observe les mouvements et les contractions du ver sous l’influence de la drogue. Pour les auteurs, ce test a l’avantage, sur celui de Lamson et BROWN, de permettre un enregistrement permanent de l'effet du composé sur le ver, tout en éfant plus simple à mettre en œuvre que celui de BALDWIN.
Strongyloides ratti
ARREAZA-GUZMAN [1], dans une étude sur les traitements de la strongyloïdose, emploie pour ses essais in vitro le strongle du Rat : Strongyloides ratti. Les vers sont prélevés dans l’intestin de Rats parasités, lavés, répartis dans du liquide de RINGER stérile à l’étuve à 37°. On ajoute les médicaments, et on observe le temps de survie à la loupe.
Rhabditis macrocerca (Kreiïs et Fausr, 1933) et Hæmonchus contortus (Ruporpxtr, 1803)
Dans ses nombreux travaux sur les anthelminthiques, DESCHIENS [19, 20] met au point, pour ses essais in vitro,
deux tests s’adressant à des Nématodes. Ils sont d’une réalisation pratique et rapide et consistent à apprécier l’action d’une solution aqueuse à pH 7 du produit en expérience
1° Sur une coproculture de Rhabditis macrocerca, Rhabditidé saprophyte isolé des selles du Lapin de garenne;
2° Sur les larves d’un Strongle commun de l'intestin du Mouton : Hæmonchus contortus.
Dans les deux tests, on note le temps de survie des vers en expérience.
Nippostrongylus muris (YoKkoGaAwa, 1920)
Cette méthode, préconisée par RoGErs [50], peut, par sa réalisation pratique, servir de transition entre les essais ën vitro et les essais in vivo. L'auteur pense, en effet, que les réactions des parasites, sous l’influence des drogues, doivent être étudiées dans un milieu semblable. par ses caractéristiques physico-chimiques, au milieu naturel d'habitat des vers. Dans ce but, RoGErs perfuse la solution à essayer à travers une anse intestinale de Rat parasité par Nippostrongylus muris. |
Les Rats sont parasités expérimentalement, puis tués à l’éther. Une portion de l'intestin grêle, particulièrement riche en parasites, est prélevée et maintenue en survie dans une solution de Tyrode glucosée à 38°. On y perfuse la solution anthelminthique pendant un temps donné. Après quoi, on recueille les parasites par râclage de la muqueuse, et on détermine le pourcentage des vers tués.
Discussion
Ce bref aperçu des principales méthodes d’essais biologiques in vitro des anthelminthiques montre que si le matériel vivant utilisé est varié, le principe même des essais se ramène à deux types :
— Observation des contractions de vers entiers ou
segmentés ;