‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 102 sur 356 · IvoN, ep · texte numérisé non relu

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ses trésors. "Ainsi fut contractée cette alliance négociée par Mathilde et le souverain Pontife ^ .

Voici le portrait que nous a laissé de Conrad le chroniqueur Ekkehard : Conrad, fils d'Henri, était catholique dans rame. Fils très obéissant du Saint-Siège, il avait plus le souci de la religion que l'amour des armes ou des dignités. Pourtant il ne manquait ni de courage, ni d'audace. Il préférait se récréer à la lecture qu'aux jeux ; il était charitable pour toutes les misères, surtout plein de compassion et de miséricorde pour les pauvres, ne nuisant et ne faisant d'injustice à personne, affable aux gens de quelque condition qu'ils fussent. C'est justice si toujours il fut aimé de Dieu et des hommes. Il avait fait vœu de célibat perpétuel. Forcé par les siens d'épouser la fille du roi de Sicile, Roger, il vécut chaste jusque dans le mariage ^. Selon le double précepte : « Vous ne révélerez pas les hontes de votre père », et « honorez votre père », il ne pouvait supporter les méchancetés qui circulaient sur le compte de son père dans l'empire. Il appelait toujours Henri « Seigneur, empereur et César». Il traita avec une invariable bienveillance les serviteurs, même les moindres, qui venaient au palais de son père 3. Les qualités physiques le disputaient chez lui aux vertus morales : il était grand et beau *.

Pendant qu'en Italie le souverain Pontife accueillait Conrad comme le fils de l'Eglise romaine», en Espagne il prenait la tutelle du royaume de Pierre d'Aragon et du roi lui-même. Ses succc^s-' seurs recevraient leur investiture des Pontifes romains, ils aimeraient à se regarder comme l(»s ministres et les servants du bi(Miheureux Pierre. En même temps, Urbain mettait le roi et son épouse à l'abri de toute excommunication portée par un évéque, un archevêque ou un légat sans autorisation apostolique^. Lui

1. Geoffroy Malatcrra(/ri«^ «ic, 1. A) dit que le^Pape en avait écrit au comte Roger pour l'exhorter à donner son consentement dans l'inti'rêt du bien général.

2. 11 avait obtenu dispense pour son maria^'c : Auctcnlice dispensatus. G\uf. Ma-

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