Hier., op., 1, ep
faveur des princes^ enireprenDent d'instruire les autres sur ce qu'ils n'ont jamais appris ».
Les dignités ecclésiastiques s'achetaient en effet autant par la flatterie et l'adulation que par l'argent, et c'est dans ce sens que saint Pierre Damien insinue que la flatterie, c'est de la simonie : « Ceux qui rendent autour des princes pour s'attirer les honneurs, dit-il, prodiguent nécessairement l'argent et ne man* quent pas de lécher ceux qui les patronnent par des flatteries doucereuses *. Faire des bassesses, ajoute-t-il, c'est se vendre 2. »
On comprend l'indignation qu'ils soulevaient autour d'eux, auprès des vrais évoques surtout. Yves de Chartres, écrivant au Pape, en le priant de s'en défler, parle quelque part de ces courtisans simoniaques, « contents d'eux-mêmes, petits esprits et beaux parleurs ^ r> . liildebert de Tours les compare aux vendeurs du temple chassés avec un fouet de cordes par le Sauveur, a Qui sont donc ces vendeurs ? Ceux qui font argent de l'imposition des mains et qui vendent les dons du Seigneur Jésus, représentés par les colombes^. Cette peste est née dans la primitive Église avec Simon le Magicien condamné et exécré par Simon Pierre. A l'époque des martyrs et des premiers Pères de l'Église, elle n'a guère pu s'étendre, mais, de nos jours, elle croit d'une manière effrayante. Quelques-uns se sentant indignes des saints ordres, dépourvus soit de la noblesse d'origine, soit du relief de l'honorabilité ou de la science, et même entachés d'infamie, ont cependant l'impudence de s'ingérer dans les fonctions ecclésiastiques. Avec l'argent, les protections, quelque service rendu ou un crédit frauduleusement acquis, ils montent les degrés de la cléricature, jusqu'à la promotion aux ordres sacrés. D'autres dédaignent d'être ordonnés et usurpent les bénéfices; ceux-ci vont des petites aux grandes églises par des voies détournées; ceux-là achètent des titres ou envahissent des sièges. » Et Hildebert continue en gémissant comme le prophète Osée : a Dieu