‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 11 sur 356 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

Palestine, caressât avec émotion et poursuivît avec ténacité la pensée de faire rendre un hommage à ce lointain conducteur de peuples qui eut nom Urbain II, et dont le geste directeur avait indiqué et tracé Isf route de l'Orient* Le livre que le P. Paulot présente au public est lé résultat de cette pensée; et l'œuvre est digne de l'instigateur. Hello dit en un endroit que chaque fois que l'Occident et l'Orient prennent contact, quelque chose de grand s'inaugure : nous assistons, dans le livre du P. Paulot, à quelque chose de grand. Au début de l'ère chrétienne, on avait déjà vu l'idée religieuse élargir l'horizon des hommes; mais, à cette époque, les circonstances politiques elles-mêmes étaient complices ; car chaque fois que se reculaient les frontières de l'Empire, les perspectives humaines s'agrandissaient. Urbain II reprit cette œuvre d'élargissement; mais à la fin du xi® siècle les circonstances politiques étaient hostiles ; elles faisaient affront aux rêves du Pape. Mille ans auparavant, par une sorte de dessein providentiel dont saint Augustin transperce le mystère, l'unité romaine avait secondé l'idéal chrétien d'une fraternité universelle; en 1095, le morcellement féodal desservait et paralysait cet idéal. Mille ans auparavant, les faits avaient travaillé pour l'idée; en 1095, les faits travaillaient contre l'idée; et pourtant, grâce à l'énergie et au prestige d'Urbain, l'idée fut victorieuse; elle sut s'imposer aux faits, les maîtriser et les modeler. La « cité de Dieu » était comme reléguée dans le domaine des abstractions : Urbain l'en fit descendre; il la transplanta; et, la transplantant, il la réalisa; elle prit conscience, en s'armant, et de son existence et de ses droits; naguère divisée contre elle-même, d'abord par la lutte de l'Empe-

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