‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 117 sur 356 · MiGNE, CLI · texte numérisé non relu

MiGNE, CLI

Rome devant les persécutions de l'antipape, entreprendre ses longues pérégrinations dans le midi de l'Italie . De Capoue il se rendit à Bénévent ^ et de là à Melfi, dans la Fouille où, le 10 septembre, il réunit un concile de soixante-dix évêques et de douze abbés ^. On y légiféra contre les abus qui étaient la calamité du temps, la simonie, le luxe et l'incontinence des clercs, l'investiture laïque ; on fixa l'âge auquel on pouvait être promu aux ordres sacrés et lès causes qui empêchaient de les recevoir. Les droits des évêques et des abbés, parfois en conflit, furent l'objet d'une réglementation, au sujet des donations en particulier.

Deux simples mots de la Collection Britannique des lettres d'Urbain II nous disent éloquemment les lourdes préoccupations qu'il porta au concile. « Il s'entretint longuement avec les évêques de la sainteté de TÉglise, parce qu'il voulait l'unique épouse de Notre-Seigneur sans tache ni ride ^. » "^

Ce concile devait avoir son digne couronnement politique : les Normands allaient devenir plus que jamais feudataires de l'Église. Roger, à genoux, comme le defensor Ecclesiœ, devant le Pape Urbain, se faisant son homme lige et promettant sous la foi jurée d'être fidèle à l'Église Romaine et à ses Pontifes, et le Pape conférant à Roger, avec l'étendard, l'investiture de ses terres et le titre ducal, c'était la chevalerie chrétienne drapée dans son vexillum par l'Église pour « combattre tout mal et défendre tout bien * ?>.

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