Ughelli, /6«i., p
5. • Ibique multa in ecclesiasticis causis quae corrigenda erant correxit. » — Berthold, ad ann- 1090. M. G. SS., t. V. — De Toulouse, Raynier passa en Espagne où Raymond, comte de Barcelono, en présence des seigneurs de la province, donna solennellement la ville de Tarragone au Siège apostolique. (DansLabbe et Aguirre, Conc)
En route vers Bénévent, le Pape alla jusqu'à Salerne. Salerne devait l'attirer, puisque ce nom était attaché désormais au nom de Grégoire VII. Depuis cinq ans, son immortel maître s'y reposait de ses bons combats soutenus pour la défense des libertés ecclésiastiques ^ Salerne possédait déjà le corps de l'évangéliste saint Matthieu : « Mais voilà que, de nos jours, disait le Pape à l'archevêque, le Seigneur lui vient d'ajouter une gloire nouvelle, par l'exil et la sépulture de ce Grégoire d'apostolique mémoire, dont la force et la loyauté, vantées par l'Église et l'Occident tout entier, sont proclamées par l'humiliation des tyrans 2. »
Urbain passa le temps de l' Avcnt et les fêtes de Noël à Capoue où nous le trouvons dès le 27 novembre ^. Le prince Jordan de Capoue mourut alors. Le zèle d'Urbain, pour réprimer la violation du droit, s'était manifesté en faveur de ce prince normand dans une circonstance récente.
On avait accusé un certain Renauld Rivelli d'avoir enlevé violemment la fille du prince de Capoue contre la volonté de ses parents. Le Pape fulmina contre le délinquant, lequel, d'autre part, avait, par ruse, odieusement pris possession d'un domaine appartenant à l'abbaye du Mont-Cassin*.
1. La inai%>Tologe romain dit au 25 mai : « Salerni dcpositio bcati Grogorii Papa? septimi eccle$iastica3 iibertatis propugnatoris ac defensoris acerrimi. • — Grégoire était mort le 25 mai, le jour m^me de la fôte de saint Urbain, le premier pape de ce nom.
2. CoLiTTi, Conc.j XII, 735. C'est de Salerne quelo Pape, à la demande de V6vèque Urson, confirma, le 7 octobre, les libertés et possessions de Téglise de Ravello, au royaume de Naples. Ughelli, Ital. sac, I, 1183. Cette lettre a été mutilée.
3. Un peu avant ce temps, le 6;octobre, mourait à Wurtzbourg le saint évéque Adalbéron qui, plusieurs fois chassé de son siège, n'avait cessé de souffrir pora'^cution pour l'Église. Mais, à la même époque, Urbain créait plusieurs évoques, Benoit pour File do Sardaigne, et Renauld pour la ville de Gaëte {Chron. Ca$»,y\, IV, c. vn); puis, sans doute la môme année, Bérenger, évéque de Venouse. Quant à Guitmond, moine de Saiut-Leufroid, en Normandie, on peut croire qu'il fut nommé évoque d'A versa par Grégoire VU, et métropolitain de la même ville par Urbain II. C'est à ce Guitmond qu'Urbain adressa un rescrit relatif aux aumônes qu'on peut recevoir des excommuniés sMls sont revenus à résipiscence. Yves et Gratien le citent. V. Gratian. Dec, Caxtsa XXIV, q. 2, c. 3. Ivon. Dec, p. XIV, c. Lxvni.
•1. C'est en réparation de cette injustice que le même Rivelli, on janvier 1091, ira à Capoue même se présenter nu-pieds devant le souverain Pontife et un grand nombre de clercs et de nobles de la ville, pour demander pardon à Tabbé Odéri-
C'est ainsi que la même année, Urbain porta la sentence d'excommunication contre Hugues, comte du Mans, qui avait répudié son épouse légitime, la fille de Robert Guiscard. Hugues était aussi mauvais chevalier que méchant époux : il vendit son comté à Élie de Beaugency, son cousin, pour n'avoir pas à se plier aux habitudes guerrières et vaillantes des preux français K
Le Pape fut reçu avec de grands honneurs, à son entrée dans la ville de Bénévent^, par Tévêque Roffrid^. La première chose qu'il fît, dès son arrivée, fut d'envoyer à Metz, une lettre qui est un cri de guerre contre la simonie *. Il félicitait cette ville d'avoir choisi un bon évêque pour succéder à Hermann de sainte mémoire (( maintenant le concitoyen des Anges, » et il autorisait à prendre les évcques que l'on voudrait pour sa consécration. Mais auparavant il fallait s'enquérir sérieusement s'il n'avait pas reçu le diaconat de l'évêque simoniaque de Trêves, parce que si un ordre quelconque lui avait été conféré par de telles mains indignes, il devrait, de toute nécessité, le recevoir à nouveau d'un pontife catholique : « Et vous, mes très chers fils dans le Christ, ajoute le Pape, faites ce que vous faites, écrasez la tête du simoniaque serpent et vous aurez la couronne éternelle du Maître : que sa grâce vous assure la persévérance dans le combat, et, au bout, vous octroyé le prix des vainqueurs ^. »
Le concile de Bénévent s'ouvrit le 28 mars 1091 et dura quatre jours ^. On y vit rassemblés des évoques et des abbés en si grand nombre qu'il fut difficile de les compter. Évidemment le remède fut dirigé droit vers les trois grands maux dont souffrait l'Église : le schisme, l'incontinence des clercs et la simonie. A
sius. — Le jugement du Pape est dans Yves, p. VIII, c. 23, et dans Gratien, c, 31, ♦1. 2. C. Si verum esse,..