‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 123 sur 356 · Mabillo.v, Op. posih.j III, p. 35<j · texte numérisé non relu

Mabillo.v, Op. posih.j III, p. 35<j

mergé^, Tabîme m'a englouti et les flots sont passés sur ma tête 2. Ici, point de feinte ni de fard, point de place pour l'ambition, mais le comble de la douleur et l'extrémité de la misère ! ^ »

Après quoi, autant du moins que le texte tronqué de la lettre permet d'en rétablir le sens, il dit qu'il a voulu et qu'il n'a pas voulu assumer la charge du suprême pontificat, qu'il acte pressé par les instances des évêques, d'un grand nombre de religieux et du monde catholique. Oh! s'il pouvait voir le visage de l'abbé! Si celui-ci voulait seulement venir !

Aussi, le Pape était-il le premier à être généreux envers ses frères. Pascal II n'a-t«il pas dit que ses prédécesseurs avaient soigné Cluny u comme la prunelle de leurs yeux^ >>. La singulière bienveillance d'Urbain II devait se traduire par un acte authentique en faveur des privilégiés de son cœur. Dès le !•' novembre 1088, une bulle pontificale apportait à Cluny des lettres d'anoblissement bien précieuses. Urbain II s'y déclare le débiteur du monastère et du saint abbé qui lui a enseigné les éléments de la vie claustrale. Et comme si la profession religieuse était un second baptême, il dit avoir été régénéré dans cette maison par la seconde grâce du Saint-Esprit. Alors, renouvelant et confirmant les privilèges anciens, le Pontife en ajoute plusieurs autres. « En outre, dit-il à l'abbé, à titre de spéciale amitié, nous vous accordons l'usage de la mitre épiscopale dans les processions et les messes solennelles, puis l'usage de la dalmatique, des gants et des sandales aux cinq fêtes qui ont chez vous une solennité particulière... Et cet honneur nous vous le rendons pour mettre en relief votre piété et la spéciale dilection que vous méritez de la part du Siège apostolique. D'autre part, en retour de ces faveurs de choix dont vous comble l'Eglise romaine, il convient que vous lui donniez vos soucis^... »

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