Bibliolh. Cluniac, p
C'est également à cette époque, d'après le Liber PontificaliSy qu^Urbain II choisit comme auxiliaire et comme conseiller Jean de Gaête qui devait être plus tard le Pape Gélase II et que nous rencontrerons plus d'une fois dans cette histoire.
Dans son zèle pour la réforme du clergé séculier, le Pape professait une affection singulière pour les chanoines réguliers de saint Augustin, institution nouvelle qui florissait alors dans rÉglise. Cette observation a son importance. Aussi dès le commencement de l'année 1089, le 11 janvier, il accordait aux chanoines réguliers de Saint-Jean-des- Vignes, de Soissons, un privilège qui les établissait directement sous la protection du Saint-Siège. En se réjouissant avec eux d'un dessein qui n'a pu venir que de l'inspiration divine, il les félicite d'avoir embrassé la règle de saint Augustin, les accueille sous sa garde comme des fils très chers et leur demande d'observer leurs constitutions inviolablement et à perpétuité dans leur église ^ II ajoute : « Nous vous protégeons avec tout notre cœur de père, comme des fils très aimés »2.
Peu après, le 20 février, il confirmait également les possessions et les privilèges de l'abbaye de Saint- Victor de Marseille^.
Le 19 mai, les chanoines réguliers recevaient encore un nouveau témoignage delà prédilection pontificale. Urbain II annonçait à Bérenger, évéque d'Ausonne*, qu'il prenait sous le gouvernement direct du Saint-Siège les chanoines réguliers établis à Saint-Jean-de-Rieux, grâce aux libéralités de Bernard, comte de Besalu. Il est intéressant de noter dans cette lettre la façon dont le Pape entend la juridiction épiscopale en face
1 perpotuisinEccIesiavcstra temporibusinviolabilitorobservontur. • — De
Ix)UEx, Hisi. de Vabb, roy. de Saint- Jean-des- Vignes, preuv., p. 28J . — Jaffk, liegest., 5391. — Labbe, Conc, t. X, p. 454, Iclos II de Juillet, a publié un autre privilège (le Saint-Jean-des-Vigues de Soissons. S'il ne portait une date différente et quelques variantes, on pourrait croire que c'est le même. Mais il est possible que les mêmes droits aient été accordés par un Pape, en deux diplômes, à deux époques différentes.
2. • ...paternavosaffectione, utfilioscarissimos...suscipimus. • Anal.jur. pont., SHT li\Tai8., p. 514.