Pet. Dam., Opuscui, XXVII. Mir.xE, CXLV
mêmes, pour les chanoines réguliers qui commençaient à faire beaucoup d'honneur à l'Eglise. Il ne laissait passer aucune rencontre sans leur en donner des preuves effectives *.»
C'est dans la lettre que nous avons citée à Udalric et celle à peu près semblable qu'il écrira de Troïa, le 19 mars 1093, aux chanoines réguliers de Saint-Paul de Narbonne, que le Pape Urbain II fait de particulières recommandations pour assurer la stabilité de l'œuvre. D'une part, il supplie de n'admettre que des hommes résolus à persévérer dans ce genre de vie, de l'autre il met en garde les profès eux-mêmes contre le vent de la légèreté ou contre le spécieux désir d'un ordre plus austère, en exigeant pour leur sortie la permission du préposé de la Congrégation tout entière, et en défendant qu'aucun abbé ou évèque les reçoivent sans lettres testimoniales. Il le fallait pour tenir ensemble les éléments d'une œuvre où la perfection des membres était la seule force de cohésion. Enfin, toujours pour la stabilité de l'institut, le Pape recommande de ne choisir comme abbé, ou plutôt comme préposé, que des profes de la communauté, soit de la collégiale même, soit d'une autre maison, s'il est nécessaire 2. Telles étaient les préoccupations toujours grandissantes d'Urbain II pour les chanoines réguliers 3.
Ce fut de Lombardie que le souverain Pontife expédia un bref en faveur des chanoines réguliers du monastère de Toul, récemment fondé en l'honneur du B. Léon IX qui, avant d'être pape, avait occupé le siège épiscopal de cette ville. Les chanoines de cette maison vivaient, comme tous les autres, sous la conduite d'un prévôt. L'évêque de Toul changea le titre de prévôt en celui d'abbé et lui donna solennellement la bénédiction abbatiale. A partir de ce moment, fait remarquer Bernold, le titre d'abbé se généralisa dans les communautés de chanoines réguliers et, avec le titre, les abbés reçurent la consécration ; réserve ce-