‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 129 sur 356 · AnaL jur. pont., 88« livrais., p · texte numérisé non relu

AnaL jur. pont., 88« livrais., p

3. 14 mai 1009, à Tévêque de Rodez. Migxe, CLI, 546. — Rien de plus touchant que cette législation qui confère à ceux qui ont vécu de la vie d'une église, le droit de dormir leur dernier sommeil à Toiubre de ses murailles.

ministère auprès des fidèles. C'est ainsi que tout ce qui est dans la maison de Dieu sera sagement administré par des sages ^ »

Nous touchons ici à une question qui est toujours d'actualité, et que nous trouvons résolue par Urbain II. Non seulement, comme son prédécesseur Alexandre II 2, il voudrait voir la vie commune établie pour les clercs séculiers, mais il désirerait voir les paroisses desservies par des moines; le concile de NimeSf tenu par Urbain II en 1096, est formel sur ce point.

« Il y en a, dit-il, qui professent une doctrine insensée, et qui, emportés par un zèle qui vient plus de la jalousie que de la charité, soutiennent que les moines, parce qu'ils sont morts au monde et ne vivent que pour. Dieu, sont incapables du ministère sacerdotal et ne peuvent administrer les sacrements. Ils se trompent complètement. Car, s'ils avaient raison, le B. Grégoire, si illustre sous l'habit monastique, n'aurait jamais dû monter sur le Siège apostolique , ni son disciple Augustin*, évangéliser l'Angleterre.

« Nous croyons donc que ce pouvoir de lier et de délier est, à bon droit, exercé par les prêtres moines, si, d'ailleurs, ils sont dignes d'être élevés à ce ministère, ce qui ne doit faire de doute pour personne, quand on considère l'état et l'habit des moines.

<( Nous ordonnons donc que ceux qui combattent les moines sur ce point soient éloignés de l'exercice de la puissance sacerdotale, afin de réprimer, pour l'avenir, leurs entreprises impies : car plus quelqu'un est élevé, plus il doit avoir de puissance -K M II est du devoir de ceux qui ont quitté le siècle de prier avec

L Mu;ne, CLI, 524, 1088-1099.

2. • Pnecipientes statuimus (ut clerici continentes) jiixta ccclosias qiiibus or- (linati sunt, sicut oportot religiosos clericos, siiiiul manducent et dormiant/et qiiidquid eis ab ecclesia competit coinniiiniter habeant. Et rogantes nionemus ut ad apostolicam comniunem vitam summopere pervenire studeant. » Conc. Rom. an. 1063, c. 4, ap. Labbe, t. IX, col. 117G.

X ■ Docertantes orgo contra Monachos in hac ro Sacerdotalis potontiae officio pra?cipimus arceri, ut ab hujuscemodi nefandis ausibus in posterum repriinantur;quia quanto quisque excelsior, tanto et illiserit potentior. »

* -s. \TEIR DE GREGOIRE VIL

:.iv!o pour les péchés des hommes; ils

vur les délivrer de leurs péchés, plus de

^-s séculiers. Ils vivent en effet selon la

- suivent leurs traces en menant la vie

■ est écrit dans les Actes : ils avaient un

-. kiît? âme, et tout était commun entre eux.

■< paraît que ceux qui ont laissé leurs biens

I plus dignement baptiser, donner la com-

\ jténitence et remettre les péchés. Quelle

|j puissance auprès de Dieu, de ceux qui,

^.i-rfis obéissent au précepte du Seigneur :

,u, ^^ms avez, venez et suivez-moi. C'est pour-

^,u^ i[in3 ceux qui représentent les Apôtres, doi-

»i(i|i|î^rr, donner la communion, recevoir les

iMii^Ihj^ ies péchés^. »

^ ^tsHMS» V ' luSS DE PRIVILÈGES. JeAN DE GaETE.

\.\. a CURSUS LEONINUS ».

^ 1(S rliîihoiîn^- réguliers, Urbain II prit également sous , .l^. [M'ntirliiTïi 1«"4 religieux de Jésus de Nazareth, sur la ,.|,lr tl' ^:iiit Ifr, roi d'Aragon, qui avait bâti leur église. ^.,i<*i!> !> I ^ >-«iJiN et apostolique Église romaine, ils sériai itt 1'' "^'^uni'iii" tout-puissant dans la tranquillité et la

^.ari'il' "^l'iiiru. ifi, Ai;hery, Spicil.y ly 628, ci Ladbe, t. VI, p. 1747. —

,^fHi,HMri* iiiv.uf jM. !■ jirofiîssion reiif^ioiise compatible avoc le minist»V<'

^Mii^?fl ili J'^/m'., ■ hitiiiOfi;^^ MiGNE, t. CXXV, p. 7r)5.) Mais au temps d'Ur-

^^^ I). itù fii'iiïi Mi(|i ,| A» nm-^s sortaient du cloître, les idées du Pape trouvaient

l,,iiliMit- Il !■ 1 m , ^ ^1 • ^le Chartres écrit: « ... l'évéque de Limoges a inter-

,^n il Ti>ii' I' - ^l'k M m 1 l'K l'administration des paroisses et la confession ; il

ij((iiiil Im'ii iim-K^ iiii li diviter tous les prêtres -a «embrasser la vie régulière

^i\i\ià\ i|ni Jl I Mifi .lnihiinent tous les réguliers de la garde des brebis du

^^k^n'i^tr ' n » H'. J «<i)i d otant plus en horreur la pervemté des autres qu'ils

MJiit fki'^ 'Ht f, I' , H» ,1 ♦tiif méchanceté propre... -. (Cf. Ivon, ep. 93.) *

;'. I ■' ^^'11 ' I -t ,1 . , ,i , f- juillet \mi — Jaffé, licgest., 5:398. Aynsa, Funda-

C'est le même Sanche que le Pape, nous ne savons au juste à quelle époque, félicitait de s'être fait le tributaire de l'Église romaine avec tout son peuple : « Nous sommes grandement heureux, lui disait-il, de vous voir si dévoué à TÉglise romaine, et de penser que vous vous êtes faits les tributaires de cette même Eglise, vous-même et tous ceux qui dépendent de vous. Ne doutez pas que ce ne soit pour votre plus grand bonheur et le bien de votre règne*. » Il l'exhortait en même temps à ne donner en mariage sa nièce à personne malgré elle 2. Voici de quelle manière Sanche, roi de Navarre et d'Aragon, s'était voué au service du saint Siège apostolique : « Je n'avais que vingtcinq ans, écrit-il, lorsque, par la grâce de Dieu, je 'fis mon pèlerinage au tombeau du bienheureux Pierre pour vouer à son autorité comme à celle de Dieu, ma personne et mon royaume. Je promis alors à l'Eglise de la servir toujours. Hélas! je n'ai pas rempli ce devoir comme je l'aurais dû. L'an passé, comme j'étais en expédition, désireux d'être agréable à Dieu, j'ai résolu en moi-même de payer un tribut au Seigneur et au bienheureux Pierre, prince des Apôtres, pour moi et mes enfants, 500 mancuses en monnaie de Jaca'^. J'ai promis et promets de payer ce cens, chaque année, tout le reste de ma vie. Je statue et confirme que la chose sera faite par moi et mon successeur à perpétuité. Presque tous les soldats qui m'accompagnaient promirent dans les mômes conditions qu'ils donneraient euxmêmes chacun, tous les ans, leur modeste offrande au Saint- Siège*. »

A la même époque probablement, Urbain II défendit les religieux du Bec, établis dans l'église de Saint-Pierre à Pontoise, contre les habitants de la ville qui, d'accord avec les chanoines de Saint-Mellon 5, voulaient empêcher les moines de sonner les

1. ColL Hrit.j Urb. op. 4L — Epist. P. R. Lœwonfold, p. G3. Le it'sto est dans /Jralipn, Decr, C. XXXl, q. 2, c. 3.

2. O point de discipline a passé dans le Décret de (îratien. Le chVret d'Urbain II contre les mariagt»s forcés est rapporté, mais comme un document sus- I>ect, dansPKLUGK-H.,i4c^a Poni. /?o»i., II, n. 2^)1.

3. - quingentos mancusos Jaccentis monite ». (Jaca en Aragon.)

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