Manuel de diplomatique. (Giry, p. 450. Paris, IHÎM
jusqu'aux moindres membres de phrases se terminer toujours par l'un des cursus planus ou tardus ou velox.
On comprend quel précieux élément de critique on a dès lors entre les mains pour reconnaître l'authenticité ou la fausseté des bulles. On comprend aussi quel mérite littéraire s'attache, avec les autres, à la mémoire et au nom d'Urbain II, pour l'honneur de la cour romaine et de l'Eglise ^.
Il n'est pas inutile que nous ajoutions à ce que nous avons dit sur le cursus, un mot de la formule urbanienne. En étudiant les différentes bulles pontificales, Lettres et Privilèges, ont voit que les mêmes formules y reparaissent généralement partout, soit pour l'intitulé, soit pour le salut, soit pour le début, soit pour l'expression comminatoire, soit pour la conclusion, soit pour la date. C'était la majesté romaine qui se plaisait à paraître dans le texte même de la législation.
II faut en faire remonter l'origine à saint Grégoire. La grande formule comminatoire 2 est de source grégorienne. Après Grégoire Vil elle disparait peu à peu pour faire place à celle d'Urbain II. Celle-ci débute avec le concile de Clermont. L'ancienne n'a pas cessé pourtant de subsister, mais seulement, dit avec raison le cardinal Pitra, « comme pour attester le triomphe permanent de Grégoire YII dans l'affranchissement de l'Eglise-^ »• Dom Mabillon^ a donné l'analyse d'un traité qui, dit-il, remonterait à six cents ans d'existence, par suite au xi* siècle, et qui, d'après V Histoire littéraires^ aurait été écrit sous le pontificat d'Urbain II. Il est intitulé « Syntagmata dictandi ». Il renferme les règles à suivre, les formules à employer dans la rédaction des bulles de Papes, des diplômes de rois et autres souverains. Mabillon donne en même temps des modèles de rédaction. Et il note une conclusion devenue usitée dans les rescrits pontificaux
1. V. encore là-dessus un int<''ressanl article de L. Couture : Le cursus ou rythme prosaïque dans la liturgie et la littéi*ature de TÉglise latine du iii« siècle à la Renaissance. (Rev, des quest. hist.ft. LI, 181)2.)
2. - Si quis veit) regum, sacerdotum, etc.. Interdicimus ut nullus dux, niarchio. • etc...