‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 133 sur 356 · rbid., p · texte numérisé non relu

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*S, Analectanovissimay I, p. 15<).

mise à des administrateurs ^ C'était avantageux pour les éviV ques qui étaient ainsi moins exposés au danger de simonie ou de népotisme, sauvegarde, trois siècles à Tavance, du fléau des abbés commendataires. C'était avantageux pour la gestion des biens qui se trouvaient ainsi protégés par les vœux de religion et administrés non pas d'une façon variable avec les ordonnances variables des évoques, mais suivant une règle stable.

C'était juste enfin pour les moines eux-mômes qui ne se trouvaient pas ainsi dépossédés des églises et des terres, fruits de leurs longs travaux antérieurs.

On comprend dès lors l'importance d'une formule qui fit loi sur cette distinction souveraine -.

Mais revenons à l'histoire. La signature de Jean, chancelier, parait pour la première fois au bas d'une lettre datée du 8 juillet, et adressée aux fidèles et aux clercs de Velletri. Le grand * cœur du Pontife s'y abandonne aux effusions de la tendresse paternelle et prend consolation dans le spectacle de la fidélité de ses enfants. Les messagers qu'il leur envoie leur raconteront ce qu'il a enduré de l'Jiérésiarque Guibert et des agents de sa tyrannie. Ils leur diront comment il est accouru d'au delà des monts pour sauver Tépouse du Christ. Mais abandonné au Dieu qui ne rejette pas les siens, il a confiance dans le ferme appui de ses fidèles enfants de Velletri. Et comme ils ont eux-mùmes subi divers genres de mort j)our la justice, il est convenable que le Pontife Romain leur témoigne sa reconnaissance. Aussi leur accordera-t-il des faveurs de choix sur les dîmes et les oblations, et les confirmera dans la tranquille possession des terres, forçats, montagnes, marais, plaines qui ont été pour la ville l'objet d'anciens privilèges. « Demeurez en paix, leur ajoute-t-il, forts de vos droits; anathème à qui les violerait 'K »

1. Il faut noter que los abliés choisissaient le pn^tre séculier de leur église et le pri^sentaiont à l'év^gue |)Our l'approbation.

2. Cf. Gard. Pitra, Analecta, t. I, p. 149 sqq. V. Mas Latrie, Les élémenU de la diplomatique pontificale, liev. desquest, hist.j \^^ avril 1880, p. 429.

3. PpLUGK-H., Acta Pont. Rom., n. 178, prétend que ci'ttc bulle est fausse. Il en flxela composition entre 1100 et 1150. Il trouve la rédaction anormale et donne, comme but vis(* par le faussaire, une plus grande valeur donnée aux concessions

III. — Autres confirmations. *— Principe de la vie monastique. — L'exemption.

V Au concile de Melfi, Urbain II donna gain de cause aux reli-

V* gieux de la Gava contre les plaintes de plusieurs évèques qui

ÎL - accusaient Tabbé Pierre de s'être emparé de quelques monas-

p tères à leur préjudice.

; Aussi, après avoir écrit à Tévêque de Toul, Pibon, pour Tin-

r' • former des décrets du concile ^, Urbain, invité par Boëmoiid,

\ passa par Venouse, et, sur la demande de l'abbé Pierre, prit en

\' main la protection de la Gava dont il confirma les biens et les

!î privilèges 2. De plus, par une autre lettre, il annonça aux clercs

{[ et aux fidèles de Salerne qu'il affectait à l'abbaye de la Gava les

monastères situés sur le territoire de Gilento, après en avoir

, revendiqué la possession à l'évêque de Piestum^.

I A cette occasion, signalons l'attitude que le Pape conseillait

de prendre aux évèques vis-à-vis des moines. Il voulait que fut

assurée à ceux-ci de la part de ceux-là, non seulement la protec-

) tion de lei\rs justes droits, mais l'action de leur charité la plus

pontificales par la façon de parler du Pape et son exposé des souffrances des Vel- ^. létriens. Les preuves de falsification ne paraissent pas fondées et Jaffé y répond

', victorieusement et tout au long. Regest. Rom. Pont., n. 5403.

Grégoire IX (3 janvier 1235) écrit aux citoyens de Velletri pour leur confirmer les immuniU's à eux accordées par Grégoire VII, Urbain II et Pascal II : • Ut autem patrum vestrorum recensita constantia infiammaret ardentius ad matrisobsequia corda vestra, felicis memoriie Urbanus papa secundus in suc privilegio civitati vestrae concesso ad futurorum memoriam diligentiusexaravit, qualiter pro ecclesia itivicte fidelitatis vestrorum prosapia vetorum, ludibria experta et verbera, vincula et carceres, ac tandem morti cedere nescia, cunctis ecclesiae adver- ^ santibus forlior mente fuit. » Mon. Germ. hitt., epistol. sn»culi XIII sélect», 1. 1,

■' 507. Berolini, 1883.

1 . Maxsi, XX, 670. — D. Ruinart, Vita Urb. II. — Mioxe, CLI, 47, place cette lettre ' ^ au commencement de l'année 1089, et cependant il reconnaît qu'Urbain l'envoie

« avec le consentement d'une assemblée synodale ». Jakfé, Regesl., 5409, la met avec plus de raison, en septembre, aussitôt après le concile.

2. Paul Gun.LALUE, Uahbaye de la Cava, App., p. 31. L'incipit de cette letU'e est remarquable de délicatesse. Urbain écrit à son ancien maître : « Carissimo ac reverendhsiino fi-atri Petro cœnobiiCavensis abbati, etc. -.

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