‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 136 sur 356 · I.Jaffé, RegetLy · texte numérisé non relu

I.Jaffé, RegetLy

Toutefois il serait injuste de dire qu'il innova. N'avait-il pas besoin, pour réformer, de se dépêtrer des évêques excommuniés ou simoniaques! Aussi voyons-nous presque toujours dans cette période de la lutte du sacerdoce et de l'empire, la condition de la communion avec le Saint-Siège posée à l'obéissance des moines envers l'évêque diocésain. Toutefois les droits de l'évêque, à part cette condition, restent formellement affirmés. C'est ce que nous voyons plus d'une fois dans Urbain II.

Mais la condition elle-même va tendre à s'effacer. Ainsi, en 1095, Urbain II donne au monastère d'Aurillac, pour les ordinations et les consécrations, le droit de s'adresser à n'importe quel évêque *.

L'évolution n'est pas instantanée. Ainsi beaucoup de bulles d'Urbain II ne contiennent que des privilèges purement temporels. Mais la nouvelle formule de chancellerie d'Urbain II la précipitera.

Qu'était cette formule ? Ce n'était apparemment qu'un moule nouveau, mais on y mit plusieurs choses nouvelles.

Elle commence à se dessiner le 14 décembre 1088, dans la reconnaissance des privilèges de l'église de Maguelonne 2. Elle est plus nette dans la biille du 19 mai 1089 en faveur des chanoines réguliers de Saint-Jean-de-Rieux en Catalogne ^. II y a une corrélation étroite établie entre le cens et la liberté. Seulement il se trouve que ce cens et cette liberté qui figurent ici dans des privilèges exclusivement temporels, figureront ailleurs dans les mêmes termes pour confirmer des éléments spirituels* Ainsi Urbain II emploie la même formule, d'une part pour les privilèges de Saint-Pierre de Blesle et de Notre-Dame de Saintes* et, d'autre part, pour ceux d'Aurillac et de Vendôme ^. Or les premiers sont purement temporels, et les autres, tem-

Page 1