Iv. Carn., ep
rachat des autels ^ Toutefois, dans la crainte de voir les évêques élever de trop vives réclamations ou enlever ces autels aux abbayes, le Pape décréta que les monastères, paisibles possesseurs de ces autels depuis trente ans, continueraient à en jouir sans être inquiétés. .
En sanctionnant ce décret, le Pape avait déclaré qu'il n^entendait nullement porter atteinte au cens annuel que percevaient les évêques, en vertu d'une ancienne coutume, sur les églises de leurs diocèses 2,
Mais il s'éleva une contestation sur la question de savoir si, à la place du revenu supprimé par le concile, on avait le droit d'introduire un nouveau cens ou d'augmenter celui que la coutume autorisait. Certains évêques l'affirmèrent contre les moines. Ainsi Geoffroy de Vendôme ^ soutint contre Ulger, évêque d'Angers, l'illégitimité d'une nouvelle introduction d'impôt, en place du rachat des autels que le concile avait flétri du nom de perversité hérétique*. Mais jamais Geoffroy ne blâma les évêques d'exiger la redevance annuelle ^. Dans cette affaire le Pape soutint les moines, ou plutôt il soutint la cause de la justice.
Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que sa sollicitude pastorale fut absorbée par ces religieux des rangs desquels il était sorti. Nous allons le voir à l'œuvre avec le- même zèle sur un autre terrain.
1. V. les canons XIV et XV, dans Pflugk-H., Aclay II, n» 194. Plusieurs papes renouvelèrent cette défense.
2. C'était une indemnité offerte aux évêques pour les visites pastorales, pour l'entretien de la cathédrale diocésaine et la tenue des synodes.