‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 153 sur 356 · MiONE, CLl · texte numérisé non relu

MiONE, CLl

'1. MiGNE, CLI, 500. (A Bornard do Bolojrno, 17 avril 1097.)

pénitenco, à cause de TÉglise qu'ils ont offensée et les reçoive chacun dans leur ordre par pitié ^.

Infatigable partisan de la miséricorde, Urbain II est tout entier dans cette parole qu'il adresse h Bernard, abbé de Marmoulier, dont l'ordination n'avait pas été complètement exempte de reproche : « Nous voulons être condescendant pour être juste '^. » Et il pardonne à l'abbé, en lui imposant comme pénitence de se vouer plus que jamais au salut de ses frères les moines ^.

Cette miséricorde était un besoin pour l'Eglise si profondément fatiguée par cette querelle du sacerdoce et de l'empire, comme le dit Urbain à l'évêque de Magdebourg ; « Cette vieille querelle, dit-il, qui, à cause de nos péchés, durant un très long temps et sous tous les climats du monde, a fatigué l'Église de Dieu jusqu'aux moelles ^. » Elle était un besoin pour l'Église, surtout si l'on considère que le crime du plus grand nombre était non pas l'hérésie proprement dite, mais la communication avec les hérétiques. L'hérésie, en effet, consiste à dire que l'investiture, que confère le souverain aux évêques, lui appartient de droit. Les Papes ont pu faire auy princes une concession d'un droite au moyen âge, comme aujourd'hui pour la nomination des évêques. Mais l'investiture par elle-même, faite par un prince, évidemment n'est pas une hérésie.

En même temps qu'il ouvre aux coupables les bras de sa miséricorde, Urbain II ne se lasse pas de les appeler à la pénitence : « Nous sommes désolés, écrit-il aux catlioliques de Liège, de voir votre église depuis si longtemps ensevelie dans les ténèbres et loin de la vérité du Saint-Siège. Nous vous reprenons avec toute notre aff(»ction de père, nous vous admonestons et supplions de lever les yeux de votre esprit vers la pure vérité. Enlevez le mal de chez vous, nous entendons ce loup ra-

I. -... Misei-ationis intuitii -. Migne, CLI, 521 (1088-1099).

•2. «... IIumilitat(»m tiiam suscipimus ut vcritatom ac justitiam t(»noamus -, MinxE, CLI, 518. (lOîW).

X Ibid.

4. - Ecclosiani Doi jmmk» por intorioros nioduUas fatigavit, • Migne, CLI.

visseur qui n'est pas entré par la porte pour vous sauver, mais qui est venu d'ailleurs pour égorger, manger et détruire, cet Obert, le complice de Guîbert et d'Henri. Ou chassez cet envahisseur de votre église, si c'est possible, ou retirez-lui votre obéissance; rompez tout commerce avec lui, comme avec l'ennemi et l'excommunié de la sainte Eglise romaine. Nous en disons autant du pseudo-abbé qui, aidé par la violence de ce soi-disant évêque, s'est emparé du monastère de Saint-Hubert. Communiquer avec eux, tant qu'ils n'auront pas mis fin à leur oppression sur les églises, c'est encourir l'anathème. Seulement que tout le monde sache que l'abbé Thierry a reçu de nous pleins pouvoirs pour délivrer de leurs censures les convertis *. »

' Le Pape se Crut également autorisé à modifier la tradition canonique à l'occasion d'un différend qui avait surgi entre les églises de Naples et de Capoue. Il craignit que le conflit ne tournât au détriment de l'église d' A versa à laquelle il réservait un homme de son choix; il donna lui-même, malgré les anciens usages -, la consécration épiscopale à Guitmond, réserve faite des droits de Napks et de Capoue. Il s'en expliqua à l'archevêque de Naples en lui déclarant que ce n'était point la passion, mais la justice et la nécessité qui l'avaient poussé à donner à l'église d'Aversa l'évêque de sa droite ^, Il en fit part aussi au prince Jordan de Capoue * et demanda au clergé d'Aversa de recevoir, avec les marques convenables d'honneur oi de respect, le vénérable élu ^. Aussitôt la consécration du nouvel évêque, Urbain II avait décidé que l'église d'Aversa serait soumise à Naples et à Capoue ^\ Mais peu de temps après, il la remit sous l'unique dépendance de Naples : « Dernièrement, écrivait-il à Guitmond, notre vénérable frère Jean, archevêque de Naples, nous a envoyé son archidiacre avec le légat de notre

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