ColL Brit., Urb. op. 16. Cf. Mione, CLI
importantes et même des provinces entières. Le jour où Grégoire VII rendait le dernier soupir en exil, le 25 mai 1085, Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, entrait en vainqueur à Tolède, Tantique métropole de TEspagne que la domination des Sarrasins asservissait depuis près de quatre siècles. C'était l'époque héroïque du Cid. Deux ans après, il avait suffi à l'épée de la France de briller sur les frontières pour refouler au loin les Maures épouvantés, et la chevalerie chrétienne, appelée par Alphonse, avait, sans coup férir, par le seul bruit de son approche, dispersé l'invasion barbare. C'était la troisième fois que la France venait au secours de la catholique Espagne. Cette fois, elle semblait appelée à contribuer largement à la restauration politique et religieuse de sa voisine : d'un côté son roi et ses principaux seigneurs accourus de toutes les provinces contre les ennemis du nom espagnol ; de l'autre, de saints personnages appelés de tous les coins de la France, pour la réforme religieuse, par le nouvel archevêque de Tolède, dom Bernard, qui leur confia les principaux évéchés ^
Bernard, ce moine français qu'Alphonse était allé chercher à Cluny, pour le mettre à la tète du célèbre monastère de Saînt- Just et Saint-Facond, fut choisi unanimement pour être l'archevê- (|uede l'illustre siège reconquis sur les Barbares. De son côté, Urbain II avait favorisé de tout son pouvoir l'expulsion des Arabes en accordant au roi d'Aragon et à ses successeurs le droit de percevoir les dîmes dans les terres recouvrées, les dignités prélatices et les sièges épiscopaux mis à part. Le même privilège fut sans doute accordé parle Pape au roi Alphonse. Et ce que la chevalerie chrétienne avait commencé pour la gloire de Tolède, le souverain Pontife l'acheva en rétablissant en faveur de ce siège métropolitain, son antique primatie sur toutes les autres églises d'Espagne, C'est d'Anagni ^ que le Pape écrivit à l'ar-