MANSi,Conc., XX
2. «... intérim Narboncnsi tanquam proprio metropoUtano obcdiant... Toletano autom sicut primali... »Mansi, Conc, t. XIX, 698, etFiTA {Estud. Hisi.y t. II, p. 19; Madrid, 1884) qui date cetto lettre du 8 janvier 1090.
3. " tu causam diligenter inquire... • Fita, op. cil., p. 20.
Il convient de reconnaître que, dans cette question fort épineuse, Urbain ne se départit pas un instant, dans ses recommandations au légat Raynier ^ du parfait langage de la sagesse : Souvenez-vous, lui dit-il, des conseils que je vous ai donnés quand vous partiez. Il lui parle de l'équité romaine qu'il ne faut pas laisser atteindre par les mauvaises langues, de la discrétion apostolique dans la voie de laquelle il faut constamment marcher ; il veut que les jugements du légat soient, en toutes choses, l'exécution de la vérité 2.
L'année suivante, le Pape envoya le palliumàl'évèque de Vich, Bérenger, après l'avoir nommé à Tarragone, et élevé ce siège à la dignité d'archevêché. Décidément l'archevêque de Narbonne, n'avait pas eu de succès avec ses prétentions sur la métropole de Tarragone. Désormais, lui et ses successeurs perdaient tousleurs droits de métropolitain si longtemps exercés sur cette province.
Gomment se fait-il que Tancienne discipline de l'Église variait sur ce point et que l'organisation des nouvelles métropoles, au lieu d'être, comme autrefois, le fait des conciles particuliers, tombait entre les mains du Pape ? Il faut dire que les anciennes métropoles d'Espagne, après plusieurs siècles démine, n'étaient presque plus reconnaissables ; leurs limites étaient indécises, les souverains changés, les intérêts d'État différents. Il n'était pas possible d'en sortir sans l'autorité du premier Pontife, qui devait, en Père commun, ménager les intérêts justes et raisonnables des princes temporels et des églises particulières, et faire régner partout la justice et la charité. « On ne pouvait pour cela, dit Thomassin, prendre des mesures plus justes que celles que prirent les deux papes Urbain II et Pascal II 'K »
1. A quel propos Raynier ful-il le successeur du h''gat destitué Richard? L'histoire ne le dit pas. Mais on peut croire que ses avis impartiaux et justifiés le désignèrent naturellement pour cette haute fonction, comme l'indique le document pontiHcal (« ...âge ergo pro spe quam de tua prudentia gerimus... » Jaffé, Regesl., 5417, et FiTA, op. cit., p. 19.) Raynier, onze ans plus tard, devait monter sur le Siège apostolique, après Urbain II, V. Fita, ibid., p. 20.
2. • disponc ut romana aequitas nulli sit oblocutioni obnoxia, sed in omnibus judiciura tuum veritatem exsequens discretionis apostolica? semitam non relinquat ». Mansi, Conc, XX, 679.